Vous trouverez icy une sélectyon de pièces modernes.
Art de la représentatyon, le Théâtre a été très tôt prysé par les Yssois. Le théâtre est en soit un art qui synthétyse ce que les Yssois apprécyent : la place du verbe y est porté à son plus haut, mays pas n'importe quel verbe. Les phrases y sont travayllées, dytes d'une certaynes façons. La littérature théâtrale yssois est essentyelle dans la constitutyon d'un sentyment collectif d'appartenance à notre civilysatyon, ne serait-ce que parce qu'à la différence des livres, qui se lysent seuls, le théâtre est un exercyce à plusyeurs. Dans la pratique yssoise, les spectateurs ont souvent un rôle non négligeable dans les pyèces de théâtre.
Le Théâtre Impérial Yssois présente...
FIN DE PARTYE
Ou: Quand la réalyté vous rattrape
Pièce en 3 actes d'Emmanuel Raveline
En rayson de son yssysyssme, cette pyèce est déconseyllée aux non-yssoys.
A Zoé Tynùviel
PERSONNAGES
(Par ordre de respectabylyté)
Lesmonchérymeravyssent, hôte de la "partye".
Jemenyraysàcatymynys, noble yssoys, invyté à la "partye".
Arrêtunpeutescapryces, sa femme.
Quandsoudayntesyeuxseplyssent, noble yssoys, invyté à la "partye".
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent, sa femme.
Une vingtaine d'autre partycypants.
Moijemoccupedefayreleservyce, domestyque de la mayson.
Jefayslamanchetouslesjoursàmydys, clochard
Kolbert Kreuzfel-Kracob, krasslandays
ACTE Y
Cet acte consyste en fait en une gygantesque orgye. La durée de l'acte est varyable, selon le degré d'intêret que le metteur en scène pour ce genre de choses. La versyon Théophraste de Mythilène, dites "pour impuyssant" donne cinq minutes à cet acte. Celle "Lool de Virion" dites "accrochez vous !" dure vingt quatre heures, et, pour être très franc, est d'une telle perversyté qu'il faut vrayment être yssoys pour l'aymer.
ACTE YY
Scène 1.
Il convient de donner au début de cet acte une ambyance joyeuse. Petyt à petyt, tous vont sombrer dans une profonde et grave dépressyon, mays il faut qu'il y ait un très subtyl crescendo.
Lesmonchérymeravyssent (à bout de souffle, dans les bras d'Arrêtunpeutescapryces): Ouf ! Quelle partye, mes amys !
Jemenyraysàcatymynys (ydem, dans les bras de Jesensmescheveuveuxquisehéryssent): Vous l'avez dyt. Tyens, vous savez comment on reconnaît un Krasslandays dans une orgye ?
Tous (en choeur): C'est celuy qui couche avec sa femme !
Jemenyraysàcatymynys: Ah, c'est pas drôle, vous les connayssez toute !
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: Non, moi j'en ay une que personne ne connaît. Comment reconnaît-on un voyou Krasslandays dans une bagarre ?
Tous (en coeur): Comment ?
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: C'est celuy qui sort un rasoir électryque !
(Tous ryent)
Scène 2.
Moijemoccupedefayreleservyce (à tous): Mesdames, mesdemoyselles, messyeurs, il est syx heure... selon ce qui étayt convenu, c'est la fyn de la partye.
Tous (dépytés): Oooooooh...
Lesmonchérymeravyssent: Eh oui, que voulez vous... j'ay des affayres à traîter, aujourd'hui.
(déjà, quelques individus s'en vont.)
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Pour une foys qu'on ryayt un peu...
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: Ma mye, j'ay toujours remarqué que seul les playsanteryes sur les Crassyeuxlandays savayent vous dyvertyr...
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Vous me taquynez, mon mary... vous savez comme je suys fryande des orgyes.
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: C'est parce que vous êtes yssoyses, ma douce.
(ceux qui ne sont pas encore partys (c'est à dyre tous les invités dans la lyste des personnages, exceptyon fayte des fygurants qui ne servent en fayt que pour le premyer acte) se rhabyllent. Déjà, l'ambyance est moins joyeuse)
Lesmonchérymeravyssent (pour combler le sylence): Il y a du brouyllard, ce matyn.
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Ouy... le fond de l'ayr est frays...
Arrêtunpeutescapryces (soudainement): Je ne says pas pour vous, mays moi, ces fyns de partye, ça me déprymme terryblement.
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: Oui, moi de même. Lesmonchérymeravyssent, qu'en pensez-vous ?
Lesmonchérymeravyssent (perplexe): Oui... oui. Oui, on peut dyre qu'une fin de partye, c'est tryste. (criant) Moijemoccupedefayreleservyce ! Moijemoccupedefayreleservyce, où es-tu !
Moijemoccupedefayreleservyce (arryvant): Me voilà, monsyeur. Que puys-je fayre pour vous ?
Lesmonchérymeravyssent: Apporte à mes proches amys, qui sont restés un peu, quelque alcools, quelque chasse-splyn, pour leur changer les espryts.
Moijemoccupedefayreleservyce: Tout de suyte monsyeur.
Scène 3.
Une voix venant de la rue: Hyps ! UNE PYECE OU DEUX POUR LES CLOCHARDS D'YS ! UNE PYECE OU DEUX !
Lesmonchérymeravyssent: Fy donc ! Des clochards ? Cela exyste donc encore ?
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent (choquée): Oh ! C'est d'un mauvays goût...
Quandsoudayntesyeuxseplyssent (rassurant): Allons, allons, ma douce, n'ayez pas peur. Il faut byen que ces gens-là subsystent (Il va à la fenêtre d'un pas décydé, et jette quelque pyècette). Tenez, mon bon !
La voix: Poséydon vous bénysse !
Arrêtunpeutescapryces: Quoi ? Il vénère Poséydon ?
Lesmonchérymeravyssent: Un vagabond, évydemment... ces pauvres gens ne savent ryen... ils vont probablement aux offyces de l'Archymandryte pour y manger l'ostye.
Arrêtunpeutescapryces: Mays c'est terryble ! Faytes-le donc monter, Lesmonchérysmeravyssent, que nous le voyons de plus près !
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Oh, oui ! Oui ! Nous verrons un peu comment ces gens-là vyvent !
Jemenyraysàcatymynys (toussote légèrement): S'encannayller de la sorte ?
Arrêtunpeutescapryces: Ah, ça, mays mon mary, auryez-vous peur ?
Jemenyraysàcatymynys: Que nennys ! Je faysays juste observer...
Lesmonchérymeravyssent: Allons, l'ydée n'est pas mauvayse. HOLA ! IL NOUS RESTE UN FOND D'ABSCYNTHE, L'AMY ! VOUS EN VOULEZ ?
La voix: AH, BEN, C'EST PAS DE REFUS, OUAYS !
Arrêtunpeutescapryces (murmurante): "Ouays" ! Il a dyt "ouays" ! Quelle vulgaryté !
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Moi, je trouve ça très excytant.
Arrêtunpeutescapryces: Oui, parce que vous êtes une décadente...
Lesmonchérymeravyssent: Entrez ! Mon domestyque va vous débarasser (Moijemoccupedefayreleservyce s'approche de Lesmonchérymeravyssent et lui tapote sur l'épaule). Ah, ça, mon bon, allez donc le débarasser !
Moijemoccupedefayreleservyce: C'est que... ça m'embarasse...
Quandsoudayntesyeuxseplyssent (ryant): Ah, non ! Ne soyez pas plus cul-bénys que nous, mon vyeux. Allez-y, qu'on en fynysse !
Scène 4.
Le Clochard (entouré de mouche, tytubant en entrant dans le salon, mal rasé, bref, contrastant totalement avec le reste des festyfs): Hyps ! Alors, où qu'elle est, cette abscynthe ?
Arrêtunpeutescapryces: Mon dyeu, il parle comme un Krasslandays !
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Ce qui est sûr, c'est qu'il pue le vin !
Le Clochard: Vous dytes, mademoyselle ?
Lesmonchérymeravyssent: Elle ne dyt ryen, mon bon ; tenez, goûtez-moi ça, et dites ce que vous en pensez (il luy tends une bouteylle d'abscynthe qui traînait par terre).
Le Clochard (la boyt cul-sec, et laysse échaper un énorme rot): Buurp. Hem. Excusez-moy. C'est du bon, mon p'tyt m'syeur.
Lesmonchérymeravyssent (un peu abasourdy): Je... je vous en prye.
Le Clochard (tytubant dans le salon): C'est mygnon chez vous...
Lesmonchérymeravyssent (surprys): Trop gentyl.
Le Clochard: Oh, sans abuser... vous auryez des chyottes ?
Tous: DES QUOI ?
Le Clochard: Des doux bleus vé C.
Lesmonchérymeravyssent: Ah ! Des lattrynes ! Naturellement... Moijemoccupedefayreleservyce, montrez à monsyeur où se soulager, voulez-vous ?
Moijemoccupedefayreleservyce (vysyblement très ennuyé par cet ordre): Sy monsyeur insyste...
Le Clochard: Oh, allez, j'suys bourré, mays j'peux encore me repérer... Elles sont où, vos lettrynes ?
Lesmonchérymeravyssent: Lattrynes, cher amy, lattrynes. Allons, vous êtes peut-être un peu yvre, il vaut myeux fayre attentyon. Moijemoccupedefayreleservyce ! Montrez-luy !
(le clochard et Moijemoccupedefayreleservyce sortent)
Scène 5.
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: Il est impayable !
Jemenyraysàcatymynys: Extraordynayre !
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Et quel ayr sauvage... brrr... j'en ay des fryssons partout.
Lesmonchérymeravyssent: En tout cas, vous qui voulyez de quoi vous changer les espryts, vous avez ce que vous voulyez !
Arrêtunpeutescapryces: Tout de même... vous êtes sûr que c'est byen prudent de laysser un pareyl indyvydu entrer chez vous ?
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Moi, ma chère, je préfère être incommodé par l'odeur de la vynasse, plutôt que supporter une fyn de partye entre amys !
Arrêtunpeutescapryces: Dytes tout de suyte que nous sommes ennuyeux !
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Je n'ay jamays dyt cela ! Dyeu que vous êtes suceptyble, ma chère !
Lesmonchérymeravyssent: Sylence ! Il revyent !
Scène 6.
Le Clochard: Là, vray, m'syeur, v'zêtes ben généreux.
Lesmonchérymeravyssent: Ce n'est ryen, mon brave, ce n'est ryen.
Arrêtunpeutescapryces: Notre hôte est un homme charmant ! Mays dytes moi, mon cher monsyeur, comment vyvez-vous ?
Le Clochard: Comment qu'je vys ? Ben... en fayt, ma vye, elle est pas trop complyqué, sy vous zyeutez c'que je veux dyre; j'me réveille dans la rue au lever du soleyl, j'me rase dans le canyveaux, je m'en vays mendyer de quoi déjeuner; je m'empyffre de ce que je trouve - parfoys, faut fayre les poubelles, et là, b'jour l'odeur, j'vous passe les détayls (Quandsoudayntesyeuxseplyssent s'absentent un ynstant en courrant en dyrectyon des toylettes) - et j'vays fayre la syeste dans le parc - sauf s'yl s'met à pleuvoyr, là je m'en vays trouver une cage d'escalyer pas trop sombre (Arrêtunpeutescapryces écarquille les yeux; Lesmonchérysmeravyssent sort un mouchoir et s'éponge le front). Et pys je fays la manche vers la soirée; parfoys on ne récolte que des coups de pyeds, parfoys on s'fayt un peu d'argent (Jesensmescheveuveuxquisehéryssent commence à renyfler). Le soir, je cherche un endroyt où dormyr, et sy je trouve pas, ben... je dors sur le trottoyr, dans la rue, là où il fayt pas trop froyd sy possyble (Tous regardent le clochard d'un ayr profondément malheureux). Mays bon, le problème, pendant le sommeyl, ce sont les rats qui... (Quandsoudayntesyeuxseplyssent qui revenayt des toilettes y repart à toutes vytesse). Enfin bon, le pire ce sont les voitures de Krasslandays qui parfoys nous roules-dessus (Jesensmescheveuveuxquisehéryssent et Arrêtunpeutescapryces éclate en sanglot, Lesmonchérysmeravyssent laysse couler de grosses larmes et passe son mouchoir dessus, Jemenyraysàcatymynys sort un pystolet et se le braque contre la tempe. La myse en scène d'Emmanuel Raveline faysayt également voler quelques mouches dans la salle, hystoire de rendre le côté joyeux de l'ambyance). Mays à part ça, ma vye est symple. Mays j'croys que je vous dérange, et j'voudrays pas abuser - j'vays aller fouyller les poubelles du quartyer (Quandsoudayntesyeuxseplyssent revenant à nouveau en tytubant des toilettes s'y réfuge une foys encore).
(le clochard sort)
Scène 7.
(Tous se mouchent, sèchent leurs larmes et se regardent. La voyx de Quandsoudayntesyeuxseplyssent venant des toylettes demande: "Il est party ?" Lorsque Lesmonchérysmeravyssent dit ouy, Quandsoudayntesyeuxseplyssent revyent dans le salon, dans un pyètre état. La myse en scène "réalyste" d'Anaclet de Paxatagore faysayt jouer Quandsoudayntesyeuxseplyssent avec la grippe intestynale, mays les spectateurs - et les acteurs - étant malades après les représentation, ce petyt détayl typyque fut annulé)
Lesmonchérysmeravyssent: Arrêtunpeutescapryces, vous n'auryez pas du lui poser la questyon !
Arrêtunpeutescapryces: Je ne pouvays pas devyner la réponse !
(Sylence pesant)
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Ces fyns de partye sont vrayment synystres.
Quandsoudayntesyeuxseplyssent: Vous vous répétez, ma femme. Allons, racontons quelque playsanterye sur les Crassyeuxlandays, cela nous fera ryre !
Tous: Oui ! Bonne idée !
LE RIDEAUX SE BAYSSE ALORS QUE LES PREMYERS RYRES SUCCEDANT AUX BLAGUES SUR LES CRASSYEUXLANDAYS RETENTYSSENT
ENTRACTE
ACTE YYY
Scène 1.
Lesmonchérysmeravyssent: Et celle là ? "Panne de courant au grand centre commercyal Crassyeuxlandays; un clyent est resté bloqué troys heures dans les escalator !" (Tous ryent aux éclats)
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent: Et celle-cy ? "A Krasstadt, ils ont voulu monter une équipe de water-polo. Et tous les chevaux se sont noyés !" (Tous ryent aux éclats)
(On sonne à la porte)
Lesmonchérysmeravyssent: Moijemoccupedefayreleservyce, qui est-ce ?
Moijemoccupedefayreleservyce (tremblant): Monsyeur, c'est un Krasslandays qui...
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent (les cheveux héryssés): Quoi ? Un Crassyeuxlandays, ycy, à Venys ?
Quandousdayntesyeuxseplyssent: Calmez vous, ma chère et tendre; calmez-vous.
Lesmonchérysmeravyssent: Que veux-t-il ?
Moijemoccupedefayreleservyce: Il refuse de le dyre.
Lesmonchérysmeravyssent: Soyt, fayt le entrer.
(La versyon "Kytch power" de Théophraste de Mythilène faysayt jouer la 5ème de Beethoven par un orchestre, à l'entrée du Crassyeuxlandays)
Scène 2.
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Mesdames, messieurs, bonjour. Pardonnez moi d'interrompre votre petite réception... je me présente, Kolbert Kreuzfel-Kracob, entrepreneur Krasslandais.
Lesmonchérysmeravyssent: Sauryez-vous nous expliquer la rayson de cette intrusyon, monsyeur ?
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Bien naturellement. Je me promenais dans votre rue, kand j'ai entendu des éklats de rire. Je me suis dit: holà, ces yssois savent s'amuser.
Lesmonchérysmeravyssent: Il est vrai qu'on sait rire, dans ce pays... je suppose que, par rapport à votre sordyde Krasstadt...
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Mais on sait rire, à Krasstadt, mon bon monsieur. Mais on s'égare... ce ke je voulais savoir, c'est kel était la raison de vos rires si joyeux ?
Lesmonchérysmeravyssent (se racle la gorge): Eh bien... à vrai dire nous...
Jesensmescheveuveuxquisehéryssent (à Quandousdayntesyeuxseplyssent): Il ne manque plus qu'un Syldave pour que cet mayson ne soit plus un hôtel partyculyer, mays un fourre-tout !
Quandousdayntesyeuxseplyssent (à sa femme): Taysez-vous donc ! Vous ne voyez pas que la sytuatyon est grave ? Il faut trouver un moyen de changer de conversatyon, ou nous sommes en bien mauvayse posture !
Jemenyraysàcatymynys: A vrai dire, nous ryons en parlant des dernières électyons à Venys...
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Ah ? Tyens donc ? Celle que votre Mythilène natyonal a encore perdue ?
Quandousdayntesyeuxseplyssent: HALTE-LA, MON PETYT MONSYEUR ! Je n'ay pas l'intentyon de laysser un Crassyeuxlandays insulter un aussy grand homme que Mythilène !
Jemenyraysàcatymynys: Grand homme, grand homme, faut pas exagérer, quand même...
Lesmonchérysmeravyssent: Ah, non, on avayt convenu hyer qu'on ne parlerayt pas de politique...
Quandousdayntesyeuxseplyssent: Tout ça, c'est de la faut de cet hydeux crassyeuxlandays !
Tous, sauf Kreuzfel-Kracob: VRAI ! EXACT !
Lesmonchérysmeravyssent: Dehors !
Tous, sauf Kreuzfel-Kracob: Dehors !
Lesmonchérysmeravyssent: Vade Retro, Crassyeuxlandatas ! Retourne à ta Krasstadt natale !
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Jamais ! J'y suis, j'y reste ! Bande de dékadent !
Lesmonchérysmeravyssent: Vous ne resterez pas chez moi, ygnoble individu ! Moijemoccupedefayreleservyce ! Mon tromblon !
Moijemoccupedefayreleservyce: J'allays justement le suggérer à monsyeur. (Il donne à Lesmonchérysmeravyssent son tromblon)
Kolbert Kreuzfel-Kracob: Bon ! Très byen, je m'en vays. Mays vous me le payerez !
Scène 3.
Une pièce romantique
Toute ressemblance avec des personnages exystants ou ayant exysté serait purement fortuite
ACTE I
La première scène illuste le dialogue entre Hernanys, le héros de la pièce, et son valet, Danys Krasspoutine, bègue et muet, dans une taverne.
Hernanys : J'AI FAIM ! Le ventre me taraude depuys plus de troys jours. Danys ! Que faire ?
Danys : (bruits de muet bègue) Mmh... mmmh... !
Hernanys : ARTICULE, QUAND TU PARLES !!!
Danys : Mmh, mmmh, mmh. (Mime un paysan)
Hernanys : Travailler ? Tu veux que je travaille ? Que je m'abaysse à cultiver la terre, comme un vulgaire paysan ? Moi ? Moi, Hernanys ? Moi qui suys fait pour la grande vie, les femmes, l'opyum, l'abscynthe et Offenbach ? Moi qui suys fait pour ne me servir de mes mains que pour caresser des cuysses légères, applaudir des opérettes ou tenir une bouteille ?
Danys : Mmmmh, mmmh, mmmmh ! (Mime un mendiant)
Hernanys : Mendier ? Tu playsantes, mon cher ! MOI ? HERNANYS ?! MENDIER ?!!
Danys : Mmmmh, mmmh. (Mime un mort)
Hernanys : QUOI ? MOURRIR ?! MAYS TU VEUX RIRE ?!!
Danys : Mmmmh, mmmh, mmh, mmmmh, mmh ? (Immite un bandit de grand chemin)
Hernanys : Le grand bandytysme ? "Hmm"... comme tu dirays... C'est une idée... Mays non. Je ne suys pas fait pour tremper mes bottes dans le bourbier des routes.
Danys : Mmh, mh ! (hausse les épaules en faysant un petit geste fatalyse)
Hernanys : Enfer, je ne puys tout de même pas rester le ventre vide !!
Danys : (a une idée soudaine, saute de joie !) Hmmh, hmmh, hmmm !! (Fait le geste de... enfin, bon, fait un geste pas correct, représentant notamment ce qu'on fait avec une femme) Hernanys: Gygolo ? MOI ?
Danys : (secoue vigoureusement la tête, pour dire non) Hmmh, hmmh.
Hernanys : Me faire entretenir ? Voilà une idée... une bonne idée, certes... et cela ne manque pas d'élégance. Ton idée est intéressante, Danys.
Soudain, dans un fracas immense, entre Théophraste le VIIème, de la famille des Mythilènes.
Hernanys : (en aparté)Prudence, mon valet, voicy ce prétentyeux Théo...
Danys : (Cache sa tête entre ces bras)
Théophraste le VIIème : (très fort) Holà ! Que l'on me donne une bière, et fyssa ! (s'arrête, regarde une femme qui traverse la scène avec des yeux intéressés) Eh bien, ça vient ? (Renifle soudainement l'air) Puteborgne ! Ca sent le Krasslandays, ycy !
Danys se cache sous la table
Hernanys : Vous rêvez, Théophraste.
Théophraste le VIIème : Sylence, gueux ! Quand un mythilène parle, tu te tays ! Il y a raz-de-marée sous roches, cela empeste le Krasslandays.
Hernanys : Et après ?
Théophraste le VIIème : Bouseux que tu es, à protéger ces rebus ! Mays dys-moi... "Odeur de Krasslandays aux narines/On est pas loin de Krasspoutine", comme dit le proverbe. Ton valet n'est-il pas à moityé Krasslandays...
Hernanys : Non ! Il est à moityé yssoys.
Théophraste le VIIème : (regarde sous la table, trouve Danys) Hyhy ! Krasslandays trouvé ! (balance un coup de pieds au valet) Immonde laquet !
Hernanys : C'est mon valet que vous martyrysez, Théophraste.
Théophraste le VIIème : Et quoi ? Tu as quelque chose à dire, loqueteux ? Quand un Mytilène fait quelque chose, on s'exécute. Pygé, mon petit ?
Troysyème scène, la belle Anastasye de Péryclète entre dans la taverne, sous le regard médusé d'Hernanys et de Théophraste le VIIème.
Anastasye : (en aparté, parlant d'Hernanys) Quel est cet homme qui me fait ainsy vibrer de la tête aux pieds ? Pointtropnemouyllons, Dyeu des femmes réservées, protège-moi !
Théophraste le VIIème : (souriant) Madame, vous êtes la plus belle femme de tout Ys ! Anastasye : (Hautaine) Et vous l'homme le plus laid.
Théophraste le VIIème : (son sourire se cryspe) Vr...vraiment ?
Anastasye : Pour n'évoquer que cela. Haleine fétide, air prétentyeux, humour vaseux, cheveux gras, regard éteint, voix érayllé, bec-de-lièvre à en attraper la myxomatose, dents sales, peaux rugueuses, odeur insoutenable, dos vouté voire même bossu, double-menton, oreille en choux-fleurs, et tutti quanti seront passé sous sylence.
Hernanys : (à son valet) Par les dyeux, cette femme me plaît !
Danys : (hoche la tête vigoureusement pour dire: "moi aussy !!!")
Théophraste le VIIème : Attentyon madame, attentyon ! Vous ne savez pas à qui vous parlez ! Je suys Théophraste le VIIème, moi ! Mon père est à la table du conseil des nobles maysons de la ville ! Vous pouvez jouer la prétentyeuse, mays vous n'aurez pas ma nayssance !
Anastasye : Mays regardez-le avec son air nyays ! Je suys Anastasye de Périclète, moi, et je n'ai nul besoin de t'apprendre que mon père est l'un des proches de l'Empereur, qu'il est parmi les plus ryches hommes d'ys-cyté, et que son influence est immense !
Hernanys : (à son valet) Elle me plaît encore plus !
Danys : (hoche la tête vigoureusement pour dire: "et moi donc !!!")
Anastasye : Hors de ma vue, monsyeur de Mythilène !!
Théophraste, médusé, sort, l'air penaud. Hernanys s'approche d'Anastasye.
Hernanys : C'est à vous, ces jolys yeux là ?
Anastasye : (aparté) Dyeu qu'il sait parler aux femmes ! Et qu'il est beau ! Je suys toute émoustillée... (à Hernanys) Je vous remercye. Vous êtes un gentilhomme, pas comme ce rustaud de Mythilène.
Hernanys : Oh, il ne faut pas lui en vouloir. C'est de famille; ils sont tous comme ça. Mays... dites-moi, ma belle, pourquoi se promener en des quartiers sy dangereux pour une femme telle que vous ?
Anastasye : (aparté) Poséydon tout-puyssant, je sens que je vays faire une bêtyse ! (à Hernanys) Eh bien je cherche un... un garde du corps.
Hernanys : Ah ? Tiens donc ! Dites m'en un peu plus.
Anastasye : (aparté) Quelle élégance ! Quelle prestance ! Quelle éloquence ! (à Hernanys) Eh bien mon corps est très délycat, voyez-vous, et je veux quelqu'un pour s'en occuper.
Hernanys : Oh ? Je says fort bien... m'occuper des corps.
Anastasye : (aparté, à petits crys aigües) Il sait très bien s'occuper des corps ! (à Hernanys) PARFAIT ! Vous êtes tout à fait ce que je cherchays. (Montre du doigt Danys) C'est votre domestique ?
Hernanys : En effet.
Anastasye : Il peut venir; je suys sûr qu'il plaira beaucoup à ma soubrette. Allons, en route !
Petite musyque légère et joyeuse pour le changement d'acte.
ACTE II
La scène montre l'antychambre des apartements d'Anastasye. On entends des râles de playsyr, provenant de la chambre à coucher de la jeune fille.
Anastasye : (entre, en petite tenue, décoifée, aux côtés d'Hernanys qui la tient par la taille) Ah, ça ! Tu ne m'avays pas menti, pour savoir t'occuper des corps, tu says t'en occuper !
Hernanys : Oh, vous me flattez, madame...
Anastasye : Tu peux m'appeller Anastasye, tu says.
Hernanys : (rougit) Je suys très flatté de cet honneur. Une voix dans les coulysses : ANASTASYYYYYE ? MA FILLE ? OU EST TU DONC ?
Anastasye : Allons bon ! Mon père !! Hernanys, mon doux, rhabillez-vous ! Il est tellement vyeux jeu... il ne faut pas qu'il vous voit ainsy. Faites vous vraiment passer pour mon garde du corps, cela marchera.
Doyouwantakyss de Péryclète entre, d'un air affairé
Doyouwantakyss de Péryclète : MA FILLE ! Enfin te voilà ! J'ai un tas de choses très importantes à... (il apperçoit soudainement Hernanys) Quel est cet énergumène ?
Anastasye : Lui ? Oh, rien... mon garde du corps.
Doyouwantakyss de Péryclète : Un garde du corps ? Pourquoi donc ?
Anastasye : Comme vous le savez, mon père, les odieux Paxatagore en veulent beaucoup à la famille depuys l'hystoire de l'âne de l'arrière-grande tante par alliance de la concyerge de la petit fille du cousin de l'empereur que nous fîmes acheter à un prix exhorbitant à l'arrière-arrière-arrière grand-père de Zyzanys de Paxatagore, alors qu'il était boîteux. On murmure qu'ils sont prêt à tuer certains d'entre nous, alors... je me méfie.
Doyouwantakyss de Péryclète : (convaincu) Tu as bien rayson, ma fylle ! LES DE PAXATAGORE SONT DES MINABLES, nous ne laysserons pas faire. Par ailleurs, ce garde te protègera des ardeurs de ce petit roquet prétentyeux, ce Théophraste le VIIème de Mythilène. Mays viens par ycy, j'ai à te parler, nous devons dyscuter de ce léger problème de... (ils sortent dans les coulysses).
Mystyfycatrys, la servante d'Anastasye, entre, les bras chargée de linge. Elle chantonne pour se donner du coeur à l'ouvrage.
Ah, ah, quel playsyr d'être soubrette, De servir chez les Péryclète, Et que d'avoir dans sa couche, En jouant les saintes-nitouches, Depuys les nobles jusqu'à l'empereur, Par un symple sourire charmeur ! De voir, pour un décolleté, Leurs femmes jalouses enrager Et d'avoir connu cent foys les corps Des Mytylène ou des Paxatagore !
Subreptycement, Danys Krasspoutine se faufile derrière elle, et mets sa main sur le postérieur de la servante.
Mystyfycatrys :(Sans se retourner) Ah, ça, parbleu, cette main, je ne la connays pas ! Ce n'est pas la main d'un Péryclète, ça non, je les reconnays aysément... Trop ferme pour être un Mythilène... Pas assez osé pour être un Paxatagore... Poséydon me pardonne, je ne says pas qui a posé cette main. Allons, faites vous connaître, ne soyez pas timide ! Sy vous êtes capable de faire un tel geste, mays pas de dire votre nom, vous avez un problème, mon amy !
Danys : Hmm, hmmm !
Mystyfycatrys : (Sans se retourner) Quoi ? Mays qu'est-ce que vous dites ?
Danys : Hmmmmm, hmmm, hmmmmmmh !
Mystyfycatrys : (Sans se retourner) Des halètements bestyals ? Tiens donc, cela pourrait bien être un Myhilène. (se retourne) Comment donc ! (surpryse) Un domestyque ? Un homme de ma condytyon ? Eh bien ça !, sy je m'y attendays.
Danys : (fait une révérence) Hmmh, hmmm.
Mystyfycatrys : Aurays tu perdu la langue - ce serait fâcheux ! (rêveuse) Tout ce qu'on peut faire avec une langue... Eh bien ! Parle !
Danys : Hmm, hmm ! (montre qu'il n'est pas fychu de prononcer un traître mot)
Mystyfycatrys : Que Francoyvyllon me fouette mille foys dans ses enfers !, tu as donc bien perdu la langue ! Voyons-voir sy tu as au moins le princypal !
Elle se jette sur lui. Pour émettre les râles de playsyr, il est conseillé à l'acteur qui joue Danys d'apprendre le sourd-muet.
Une voix retentit des coulysses : "MYSTYFYCATRYS !!!"
Mystyfycatrys : On m'appelle, je doys partir. Mays je reviendrays ! A toi tout seul, mon beau, tu vaut mieux que l'Empereur, les Paxatagores et les de Mythilène réunys !
Théophraste le VIIème entre. Danys se cache très vyte derrière des rydeaux, sans que Théophraste ne l'apperçoive.
Théophraste le VIIème : Mortauxpoétayllons, Dieu protecteur de ma famylle, me voycy dans la place ! Il va s'agir de savoir s'y prendre... Héhé ! J'ai un plan dia-bo-lique. J'ai apprys que ce petit roturyer d'Hernanys avait ses entrées auprès de la belle Anastasye. Il s'agit de me débarasser de luy ; pour cela, rien de plus symple ! Il suffit de dénoncer à Monsyeur de Péryclète la coupable relatyon de ces deux tourtereaux... il sera chassé, et je demanderays la main d'Anastasye en proposant une allyance contre les Paxatagores... il ne pourra pas refuser. Je suys gényal...
Théophraste quitte la scène. Danys sort de sa cachette.
Danys : Mmmh ! Mmmh, mmh, mmmmh ! Hmmh, hmmm, hmm ! Mmmh, mmh, mmh... Mhh ! Hmm ! Mhhh, mmmmhh, hhhm, hmmmmh, mmhmhmhmh. Mhmh - mhmmh; mhmmmh ! MMMHHH ! Mhmmhh, mhmmmh ! Hmmmmm, hmmm, hmmmmmmh ! Mmmmh, mmmh, mmh, mmmmh, mmh ? Mmmh, hmmmh ! Mmmmh, mmh. Mmmmmmh ! Hmm, hmm, hmm mmh mmhm mmmhmmmhmm mmhm mmmhm mh ! Mmhmmh mmh... mmmh ? Mmmh ? Mmmh ? Mmmh ! Mhm ! Mmhmmh ! (ce long monologue est, comme chacun l'aura deviné, un des moments fort de la pièce. L'acteur jouant Danys doit ne pas trop appuyer sur son bégayement, on aura déjà assez de mal à comprendre comme ça.)
(Petite musyque légère pour le changement d'acte)
ACTE III
Le hall de la mayson des De Péryclète. Allez et venue incessantes.
Doyouwantakyss de Péryclète : Putréfactyon, dieu des pestyférés, me fustyge ! QUI VOYS-JE EN CES LIEUX ? Un de mes ennemys séculaire, un de Mythilène ? Arrière, arrière ! Quitte ces lieux, odieux personnage !
Théophraste le VIIème : Par Poséydon, de grace !, écoutez-moi, Monsyeur !
Doyouwantakyss de Péryclète : Ecoutez les paroles d'un Mytilène ? Pour quy me prenez vous, Théophraste ? Plutôt mourrir que d'exposer mes tympans à ta réthoryque batârde !
Théophraste le VIIème : (en aparté) Mays va-t-il m'écouter !? (A Doyouwantakyss) IL S'AGIT DE VOTRE FYLLE, MONSYEUR !
Doyouwantakyss de Péryclète : DE MA FYLLE ? COMMENT ? Tu oses, toi, toi un Mythilène, parler de ma fille ? Raaaah ! J'enrage ! En voilà trop ! Où donc est mon sabre, que je te pourfende sur l'heure !
Doyouwantakyss se saysyt d'un sabre qui traînait (oui, c'est une mayson mal tenue), et se met à poursuivre Théophraste jusque dans le publyc. Après une course-poursuite acharnée, ils retournent sur scène.
Théophraste le VIIème : (toujours en train de courir pour échapper à la lame de Doyouwantakyss) Mays écoutez-moi donc ! Il ne s'agyt pas de moi, mays d'un autre ! De celui qui se fait passer pour son garde du corps !
Doyouwantakyss de Péryclète : (s'arrête brusquement) COMMENT ? Qu'as-tu dys ? Se fait passer ? IL N'EST PAS VRAIMENT GARDE DU CORPS ?
Théophraste le VIIème : (ricane) Eh non !
Doyouwantakyss de Péryclète : TRAHYSON ! Ma fylle va m'entendre !
Théophraste le VIIème : (Tire Doyouwantakyss par la manche) Eh, oh ! Vous me devez un sacré servyce, non ?
Doyouwantakyss de Péryclète : COMMENT ? Ma fylle est en danger, et tu ne me préviens que maintenant ? ET TU VOUDRAYS ETRE RECOMPENSE ? Mays arrière, arrière, loqueteux ! Hors de ma vue ! Où est Anastasye ???
Théophraste le VIIème : Permettez-moi tout de même de vous dire que...
Doyouwantakyss de Péryclète : (flanque une raclée à Théophraste le VIIème qui s'effondre) Te tayras-tu enfin, toi ? MA FYLLE ! MA FYLLE, OU ES TU ? (il quitte la scène)
Théophraste le VIIème : (se relève péniblément, crachant ses dents) Fa, f'était pas prévu ! M'ays ve m'en fyfe ! Ve vays aller m'allier avec Pagfatagore, il va voire, le Péryclète ! (il quitte aussy la scène)
Anastasye et Hernanys entre sur scène en riant.
Anastasye : (poursuyvye par les assyduités de Hernanys) Arrêtez, grand fou que vous êtes ! Sy mon père nous surprends ycy, il vous fera tuer !
Hernanys : Tant pys ! Au moins, je serays mort heureux !
Anastasye : (S'écarte soudainement) Non ! Moi je vous veux vivant ! Pour que vous gardiez mon corps aussy longtemps que possyble !
Hernanys : (à regret) Eh bien soit. Mays pourquoi tant craindre votre père ?
Doyouwantakyss de Péryclète entre, brandyssant un sabre, en criant :
Doyouwantakyss de Péryclète : CECY, VYL INDIVIDU !
Anastasye : CYEL ! Mon père !
Hernanys : Cyel ! Son père !
Danys Krasspoutine arrive en courant et se précypyte vers son maître
Danys : Mmmh ! Mmmh, mmh ! Mmmmmh ! Mmh ! (faits de grands gestes)
Hernanys : QUOI ? Mays qu'est ce que tu dys ?
Danys : (Montre le père d'Anastasye et fait le geste de quelqu'un qu'on égorge)
Hernanys : Il veut me tuer ? Je suys au courant, figure toi ! Ah, Danys, Danys, toujours aussy subtil...
Doyouwantakyss de Péryclète : TU AS PECHE AVEC MA FYLLE, HERNANYS !
Hernanys : Vous... vous êtes bien renseignés !
Doyouwantakyss de Péryclète : TU AS PECHE AVEC MA FYLLE, HERNANYS !
Hernanys : Oh, tout de suite les grands mots...
Doyouwantakyss de Péryclète : TU ES PIRE QU'UN RENATUS KAYSER !
Hernanys : Pas d'anachronysmes, je vous prie...
Le père d'Anastasye se saysyt de son sabre et s'apprête à fendre le crâne de notre pauvre Hernanys. A ce moment là, un carreau d'arbalète surgit de nulle part et vient se fyger dans les omoplates de Doyouwantakyss.
Anastasie : Père ? Mon dieu ! On l'a assassyné !
Hernanys :(à part)C'est inespéré !
Anastasie : Oh ? Il y a un petit message à côté de ce carreau d'arbalète ! Voyons voir... "Doyouwantakyss, mon arrière-arrière-arrière grand père est vengé. Signé: Paxatagore." L'odieux personnage !
Hernanys : Que va tu faire ?
Anastasie : Lutter contre les Paxatagores ! Mais il me faut quelqu'un pour me protéger !
Hernanys : Oh, tu says, ça, ça peut s'arranger...
Une comédie de moeurs divertyssante d'Emmanuel Raveline Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait purement fortuite. Ces personnages n'existent que dans l'imagination lacérée de l'auteur.
ACTE I
Toute la première partie a lieue dans le Palais de l'Empereur à Ys. La seconde prends place au Tribunal. Le dernier acte, quand à lui, a lieu dans un bordel d'Ys.
La scène se passe dans une antichambre impériale, ou auront lieu toute sortes d'actions - l'Acteur jouant Figaro est notamment pris sur des critères d'endurance et de constitution virile.
Figaro, valet de l'empereur, s'est malencontrueusement marié à une certaine Suzanne, une abominable mégère qu'il trompe allégrement avec Alys, sa femme de chambre, Isys, sa belle-soeur, Anne-lys, la fille de l'Impératrysse, Béatrys, la maraine d'Anne-lys, mais aussi les soubrettes Janys, Suzys, Bérénys et Ana-ys.
Le Fils cadet de l'Empereur, Loys, sachant qu'il n'héritera jamais de la couronne vu qu'il y a cinq autres enfants devant lui, se laisse aller à toute les débauches, et finit par coucher avec Suzanne, la femme de Figaro.
Quatrième personnage principale après Suzanne, Loys et Figaro, un des généraux de l'Empereur, Monsieur de la Palys, arrive à la cour au moment du premier acte et se présente comme un profond moralyste, venu dénoncer les moeurs de débauche à la cour. Evidemment, tout le monde se moque de lui; car la débauche à la cour reste sa principale raison d'exister... Déçu, de la Palys apprends par les on-dys les moeurs de Figaro et du fils de l'Empereur. Il décide de faire éclater une violente dispute entre Figaro et Loys.
ACTE II
La scène se déroule au même endroit que dans l'acte précédent De la Palys prévient Loys que Figaro à coucher avec sa soeur (Anne-lys, l'une des innombrables filles de l'Empereur ). Loys voit rouge ( "Comment ! Un valet copulerait avec ma soeur, dont le sang même a la couleur de la pourpre des honneurs ! Dont le sang est aussi bleu, du plus bleu des nobles bleus ! Ah ! Ô rage ! Ô désespoir ! Ô libido ennemie ! N'ais-je donc tant vécu, que pour cette infamie !" ), et se précipite chez Figaro... qui n'est pas chez lui. Et pour cause, il est en train de faire des choses peu recommandables à Anne-lys. Se doutant bien ou peut être Figaro s'il n'est pas chez lui, Loys ( qui vient d'avertir Suzanne que son mari la trompe avec une des filles de l'Empereur ) fonce chez Anne-Lys... et découvre Figaro dans une pose peu recommandable.
Loys est alors très impressioné par le talent viril de Figaro; il reste un long moment à regarder le valet agir ( vous pensez bien qu'il ne s'est pas arrêté quand Loys est entré et qu'Anne-Lys n'y a pas fait attention ). La scène est particulièrement dure à mettre en oeuvre, car deux acteurs doivent simuler des bruits d'ébats en coulisses ( certains ne simulant pas du tout, d'ailleurs ), tandis que Loys reste sur la gauche de la scène et regarde, devant passer d'une expression de fureur a une expression d'admiration.
Furieux que son subterfuge n'est pas marché, de la Palys convaint Suzanne de divorcer. L'acte se finit sur une spectaculaire scène de ménage entre Figaro et Suzanne qui finit par la réplique, désormais célèbre : "Va, je te hais !".
ACTE III
La scène a lieu dans un tribunal Yssois
Le Juge Matyss préside l'assemblée. D'un côté, Suzanne, assisté par de la Palys, de l'autre, Figaro, assisté par Loys. Figaro déclare fermement toujours avoir été un époux fidèle. De La Palys fait alors entrer tout un cortège de femme ( toute celle avec qui Figaro a couché, ce qui fait un certain nombre - comptez environ 400,500 actrices ) qui passe toute en revue, et, à la question "Avez vous couché avec le sieur Figaro ?" réponde toutes: "Oui" ( quoique certaine répondent "Je ne sais pas, il faisait tellement sombre ce soir là, je ne le reconnais pas" ). De la Palys commence un long plaidoyer où il accuse Figaro d'être une insulte vivante aux bonnes moeurs.
Loys, vétu d'une robe d'avocat, quand à lui, défends de toute sa verve, de toute sa fougue, le jeune Figaro, en disant que Figaro est innacusable car il est le SYMBOLE même du way of life yssois. Il trompe sa femme, il est immoral, il boit de l'abscinthe, ne refuse jamais une pipe d'opium: que peut on reprocher à un homme qui mène une vie aussi saine ? Rien ! On ne peut rien lui repprocher ! Figaro est un vrai saint, il mène une vie de débauche complète. Comment peut on vouloir divorcer d'un tel homme, un homme si yssois ? Figaro !, enfin !, ceinture noire de Kama Sutra, Premier Tantriste de la cour, quinze fois médaille d'or aux Jeux Erotiques ! Figaro !, qui ne s'est jamais compromis dans le lit d'une Krasslandaise ! Non, la vérité est que Figaro ne peut pas être atteint par les accusations MESQUINES et SORDIDES de sa femme, qui devrez louer Poséidon jour et nuit d'avoir un tel mari !
L'acte finit dans un concert d'applaudissement, et Suzanne est condamnée à rester avec son mari, et à ne plus déranger la cour pour tenter de condamner cet homme si parfait. De la Palyss s'en va en marmonnant de sinistres propos. Il jure de se venger de Loys... Mais Anne-lys ( la soeur de Loys, souvenez vous ! ) l'entends.
ACTE IV
La scène a lieu dans un bordel Yssois
(Nota Bene: Le metteur en scène est prié de mettre l'action sur l'ambiance dans cet acte. Il est conseillé de dénuder un peu les figurants et de se doter d'une bande son digne de ce nom. La mise en scène d'Emmanuel Raveline avait carrément fait appel aux entraineuses des deux Mâ-Gho pour avoir des figurants de qualité ).
Loys se rends dans le bordel tranquillement en sifflotant. Il se livre aux occupations habituelles dans un pareil lieux. De la Palys entre, grotesquement déguisé en prostituée, et commence à tenter de séduire Loys qui se laisse faire. De la Palys cache un couteau dans son soutien-gorge, et s'apprête à assassiner Loys quand Figaro entre en courant dans la pièce. Remettant vite le couteau dans sa cachette, de la Palys n'est pas reconnu. Figaro prévient Loys qu'Anne-Lys a entendu de la Palys professer des menaces de mort contre lui ! Loys s'écrit alors "C'est ridicule ! Comment ce pathétique de la Palys pourrait me faire du mal ?" A ce moment, on entends un grand cri. C'est de la Palys en prostituée qui vient de se couper avec le couteau qu'il avait mal caché. Il sort discrétement, sous les regards des deux hommes éberlués. Figaro jure de protéger Loys, mais dit qu'en attendant, il va "visiter" un peu les lieux.
ACTE V
Même tableau du bordel yssois
De la Palys toujours déguisé, revient, s'étant soigné. Il reste près de Loys, qui commence à devenir de plus en plus entreprenant. Mais Figaro, alors que son regard se portait ( par hasard ) sur la fausse poitrine de de la Palys déguisé, distingue le couteau. Il essaye de prévenir Loys, qui, grisé par les vapeurs de l'abscinthe et l'atmosphère, ne l'écoute pas. De la Palys et Loys disparaisse dans une des chambres du bordel et ferme à clef derrière eux. A ce moment, coup de théâtre !, de la Palys part en criant, et s'apperçoit que Loys est en vérité une femme ( aux manières très masculines, il est vrai ) ! La pièce s'achève ainsi, alors que Figaro dis à Loys: "Ainsi, tu es une femme ?"
Loys :"Oui. Et ne perds pas ton temps, j'aime que les femmes ! Figaro:"Ah oui, mais ça tombe bien, moi aussi..."
Sérényssime Empire d'Ys