Galerie de Salem d'Art ancien et classique



La famille de Salem

La famille de Salem est une vieille famille arystocratique yssoise, qui a donné à Ys de nombreux Empereurs. Le dernier en date, Melkhysedekh de Salem a régné sur Ys d'août 2000 à février 2001. Désigné Empereur par le Conseil des Sages, ce nationalyste fervent provoqua l'invasyon du Zollernberg par les armées Yssoises. "Melkhy", comme l'appelaient ses sujets, perdit, dans la Dévastatyon du 17 février 2001, son trône et ses esprits. Il vit depuys reclu dans un monastère, sur les Monts Ysverest. C'est pour lui rendre hommage, ainsi qu'à sa famille, que la Galerie d'Art Ancien et Classique porte son nom.

Hystoriographie de l'art

L'hystoire de l'art yssois doit beaucoup au travail de Zoé Tinùviel, directryce de la mayson Sothebys, qui permit la réhabilytatyon de nombreuses oeuvres méconnues ou dysparues. Cette galerie lui rend hommage.


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La Vierge abimée


Zoé Tinùviel

Enquête sur un tableau anonyme de la Renayssance

Par Zoé Tinùviel, Docteur en Hystoire de l'Art et autres curiosités


Le tableau, acheté il y a près de 50 ans, dans un vide grenier, apparayssait alors comme une planche sombre de bois, abandonnée sans encadrement, lorsque l'acheteur, un autodidacte passionné de peinture de la Renayssance, peintre amateur lui-même, après un nettoyage sommaire comprit qu'il était en présence d'une oeuvre exceptionnelle.

Pendant plus de 20 ans il envoya des photos, montra son tableau, suscita interrogations et passyons de plusieurs spécialystes. A sa mort, les héritiers du tableau le laissèrent dormir jusqu'en l'an 2000. L'arrière petit fils à son tour pensa alors qu'iil fallait le « sortir du placard » et susciter à nouveau l'intérêt des spécialystes, restaurateurs et collectionneurs éventuels. Et ceux-ci furent légions à émettre avys, commentaires et spéculations sur l'origine de ce tableau. Cet article retracera les grandes théories qui furent émisent sur son origine. Théories, disons le d'amblée toutes plus farfelues les unes que les autres. Pour conclure, nous lèverons le voile sur la mystérieuse origine de "La vierge abimée".

I. Léonard de Vincys

Selon le professeur Scrapalutto de Mylan, l'artyste auquel ce tableau doit être attribué est Léonard de Vincys. En se basant sur l'étude de "La vierge au rocher", le professeur a en effet trouvé de curieuses similitudes entre cette oeuvre du maître d'origine yssoise et le tableau étudié.

On remarque que tant la position des visages que celle des yeux rappelle très fortement le tableau étudié, d'où pour certains experts, suivant en cela l'analyse du professeur Scrapalutto, l'attribution de ce tableau à de Vincys. Cependant, cette théorie ne résiste pas à l'analyse. Si l'on étudie d'autres tableaux de de Vincys, on se rend vite compte que les positions des yeux et des visages des sujets ne correspondent absolument pas.

L'analyse sommaire de ces deux tableaux de de Vincys (mais on pourrait en citer bien d'autres) montre tout de suite la faiblesse du raisonnement du professeur Scrapalutto : tant la position des yeux que celle des visages des sujets de ces deux peintures ne correspondent absolument pas avec "La vierge abimée". Il nous faut donc conclure à l'attribution erronée du tableau à de Vincys (Ce qui en soit n'est pas très grave, car il en a peint bien d'autres....Seuls les héritiers de la peinture trouveront matière à s'en plaindre).

Cependant, la similitude reste curieuse, car on ne peut nier que les deux sujets des tableaux ont la même posytion de tête, et les yeux baissés. Mais se baser sur un détail aussi anodin pour en conclure au même auteur relève de la fantaisie la plus pure. Comme l'a démontré le professeur Ernest von Brubellaer dans son ouvrage " De l'influence de la vasopressine dans la peinture italienne de la renaissance ", il n'était pas rare que les modèles des peintres, obligés de poser en exterieur baissaient le visage et les yeux lorsque le soleil tapait très fort. On peut donc tout au plus conclure que les deux tableaux, "La vierge abimée" et "La vierge au rocher" furent peints par un jour de très beau temps.

II. Raphaël

Toutes les sommités qui se consacrèrent à l'étude de la "Vierge abimée" ne se ralièrent cependant pas à l'avis du professeur Scrapalutto. Le Directeur de la National Gallery, Adam Quince-Days soutint lui que le tableau était l'oeuvre de Raphaël (1483-1520).

Selon Quince-Days, ce sont les vêtements de la vierge qui permettraient d'attribuer le tableau à l'élève de Pérugin: Une robe rouge et une cape bleue. Il est en effet troublant de constater que tout comme dans grand nombre d'oeuvres de Raphaël, la 'Vierge abimée" porte cette tenue. Au nombre des oeuvres du peintre italien répondant à ces critères, citons "La madone de Foligno", "La vierge dans la prairie", "La vierge au chardonneret", ou encore "La belle jardinière", toutes habillées de même.

Cependant, et à partir du moment où l'on s'intéresse aux tenues vestimentaires des sujets représenté, il faut bien convenir qu'une différence majeure existe entre "La vierge abimée" et les toiles de Raphaël. Ce dernier se complaisait à représenter les enfants accompagnant immanquablement ses vierges nus (Cet aspect de l'oeuvre de Raphaël est d'ailleurs souligné par Aude Cuisson dans son article "L'instinct maternel contrarié des vierges de la Renaissance" paru dans la revue Nature en octobre 1999).

Cette nudité des enfants n'a en soit rien de choquant, surtout lorsque l'on connait le prix des vêtements à l'époque où vécu ce peintre. Mais, détail d'importance, les deux enfants apparaissant dans "La vierge abimée" ne sont pas représentés ainsi. L'un d'eux est habillé d'une robe légère, quant à l'autre, bien que nu, il a l'entrejambe recouvert d'une étoffe.

Cette différence majeure entre la peinture étudié et l'oeuvre de Raphaël nous permet de conclure définitivement à l'erreur de Monsieur Quince-Days. Mais à sa décharge, il faut souligner le fait que fort vieux, et quasiment aveugle, cet expert de renommée mondiale se base exclusivement sur "l'impression d'ensemble des couleurs dégagée par une oeuvre" (extrait de l'interview de Monsieur Quince-Days par le magazine Femme Yssoise, juin 2000) et n'avait donc aucune chance de pouvoir discerner ce détail significatif.

III- Fra Bartolomeo

Ernest Petitgrumot, professeur d'hystoire de l'art à la Sorbonne étudia lui le tableau de La vierge abimée dans une toute autre optique. Selon lui, ce tableau ferait partie d'un tryptique qu'il attribue à Fra Bartolomeo (1492-1517). La vierge abimée serait le deuxième tableau de ce tryptique intitulé, toujours selon Petitgrumot, "L'intrus".

Pour arriver à cette conclusion, Petitgrumot est parti de l'analyse des tableaux 1 (Vierge à l'enfant et St Jean Baptyste) et 3 (Vierge à l'enfant et St Jean Baptiste) du tryptique tel que reconstitué, qui sont, eux, sans le moindre doute, ou presque, l'oeuvre de Fra Bartolomeo. Il a tout d'abord remarqué que les deux peintures (1 et 3) portaient le même nom. Ce qui est assez curieux à première vue, mais s'explique fort bien si l'on considère qu'ils font en fait partie du même tryptique. D'autre part, si l'on considère le tableau 1 détaché des autres, on peut se demander qui est St Jean Baptiste. Est-ce le bébé, ou est-ce le bonhomme qui regarde le bébé? L'artiste n'est, il est vrai pas très pédagogue sur ce point. Pour Petitgrumot, il est évident que le saint est l'enfant, puisque dans le tableau 3, le bonhomme a disparu. Le tableau s'intitulant également Vierge à l'enfant et St Jean Baptiste, il en conlut que c'est bien le gamin, représenté dans les deux tableaux qui est le saint. Remarquons que l'on peut arriver à la même conclusion sans mettre le tableau 1 en rapport avec le 2. En effet, ni le bonhomme ni l'enfant n'ont sur la tête d'auréole. L'homme n'est donc certainement pas un saint, mais un simple quidam, quant à l'enfant, il est ce que l'on pourrait appeler un saint en devenir, et n'a donc pas encore droit à une auréole. Comme le titre de tableaux 1 et 3 l'indique la vierge a également un autre enfant (puisque le titre est Vierge à l'enfant et St Jean Baptiste. Si l'on ignore le nom de ce deuxième bambin, on sait par contre qu'il a plus ou moins le même âge que St Jean Baptiste (cf. tableau 3).

Petitgrumot qui soutenait la thèse d'un tryptique au deuxième tableau manquant, vit immédiatement dans La vierge abimée le maillon manquant à sa théorie. Selon lui, l'hystoire que Fra Bartolomeo entend raconter est la suivante : Une vierge ayant déjà un enfant se rend à la ville pour y chercher St Jean Baptiste (tableau 1). Elle ramène le petit saint auprès de son premier enfant et le lui présente (tableau 2). Le gamin en question, colérique et bagarreur accueille très mal le nouveau venu et se jette sur lui pour lui casser la figure. Cette lecture des tableaux apporte indéniablement un fondement à la thèse de Petitgrumot. Celui-ci souligne également le sens de la narration et de la mise en scène de l'artyste : au fur et à mesure que la tension monte, et ce, jusqu'à la scène finale d'une grande brutalité, les tableaux se font plus grands.

Nous ne souscrivons cependant pas à l'analyse, de M. Petitgrumot. Tout d'abord, le nom du premier tableau est fort mal choisit (à supposer qu'il fasse partie d'un tryptique, l'artyste aurait du le baptiser Vierge à l'enfant laissé sur son rocher et St Jean Baptiste, titre qui aurait été plus en rapport avec l'hystoire. Ensuite, trop de détails ne coïncident pas entre les peintures. Tout d'abord, lorsque la vierge va chercher Jean Baptiste, on voit très nettement que le temps est au beau fixe (le ciel est bleu). Dans les deux autres tableaux, le ciel est fort nuageux. Ensuite, l'enfant sur le rocher (tableau 2) est habillé et lorsqu'il se rue sur le petit Jean Baptiste, il est nu, ce qui n'a pas beaucoup de sens. Et enfin, la vierge semble entre le tableau 2 et 3 avoir pris 20 kilos supplémentaires. Et on pourrait encore mentionner les arbres en arrière plan, le village qui disparait, autant de détails pour rejeter la thèse pourtant séduisante de Monsieur Petitgrumot.

IV-Le mystère dévoilé

Trois théories, trois réfutation, il nous fallait donc, à notre tour nous pencher sur le mystère de La vierge abimée et tenter de percer l'énigme. Après l'acquisytion de l'oeuvre par Sotheb'Ys, elle fut confiée au laboratoire Lesbys à des fins d'analyses. La peinture fut auscultée, étudiée et analysée sous toutes ses coutures, et c'est finalement les résultats de l'analyse aux rayonx X qui nous permit de percer le mystère de son origine. Nous verrons donc dans un premier temps quels furent ces résultats, puis comment ils nous permirent d'enfin mettre un nom sur l'auteur de cette oeuvre.

A- Analyse aux rayonx X de La vierge abimée

Les résultats de cette analyse montrèrent de manière formelle que l'oeuvre telle qu'elle nous est parvenue était la deuxième mouture de l'oeuvre originelle. Le peintre a retouché certains détails de la peinture telle que peinte à l'origine. Cette démarche était courante chez les artystes de l'époque, qui soit par soucis d'économie peignaient par dessus leurs invendus, soit recommençaient carrément leur travail sur base de celui dont ils n'étaient pas satisfait, la première mouture aidant (n'oublions pas que le copier-coller n'existait pas à cette époque).

A première vue, le tableau originel ne présente que peu de différences avec l'oeuvre finale. Pourtant, certains détails sont très signifiatifs et nous permirent de déterminer sans le moindre équivoque l'origine de la peinture.

La première chose qui saute aux yeux est bien entendu le fait que les deux vierges ne sont pas similaires. Pourtant, là n'est point le détail d'importance. C'est de l'arrière plan que vint la lumière : si dans le tableau définitif l'arrière plan montagneux est nimbé d'une sorte de brouillard, ce n'est pas le cas de la première mouture de l'oeuvre où on distingue très distinctement le relief montagneux. Et on le distingue même si bien, qu'il nous fut possible de l'identifier comme étant le mont Petigrys, situé dans les contreforts de la chaîne de l'Ysverst à Ys.

S'il fallait une preuve supplémentaire, l'arrière plan derrière l'enfant sur le rocher nous l'apporte. Alors que dans la peinture finale, la végétation cache entièrement le paysage, on distingue à l'analyse aux rayons X un paysage valonné et une rivière. Or, il n'est un mystère pour personne que non loin du Mont Petitgys coule (ou coulait!) une rivière, l'Altruyste, un affluant du fleuve Porros.

Ainsi donc, contrairement à l'opinion commune (si, si, demandez à votre boulanger, vous verrez) cette peinture ne fut pas peinte en Italie, mais bien à Ys. Où en tout cas, la première peinture, celle qui apparait aux rayon X est Yssoise. Cette découverte majeure allait nous permettre d'orienter nos recherches du véritable peintre de La vierge abimée.

B- L'affaire de la madonne de Florence

Si l'origine Yssoise du tableau ne faisait plus aucun doute, le mystère sur l'auteur, lui, subsystait. Le chaînon manquant pour faire le lien entre l'oeuvre et le peintre fut finalement découvert l'an passé dans un vente privée. Sotheb'Ys y acquit un parchemin écrit et signé de la main de Léonard de Vinci et adressé à une certaine comtesse Maria del Bario Cornuto.

Quelques recherches à Florence nous permirent de découvrir l'hystoire de cette comtesse. Mariée à un riche et vieux comte de très ancienne noblesse, Maria del Bario Cornuto était en fait une femme au caractère plutôt volage et léger. Il semblerait qu'en 1517 elle eut quelques problèmes avec son mari qui la soupçonnait d'infidélité. En effet, le vieil homme était notoirement impuyssant et le fait que sa femme lui eut donné un héritier n'allait pas sans laisser plâner de forts soupçons sur cette dernière. Selon les chroniqueurs de l'époque, la comtesse jura à son mari qu'elle était toujours vierge et que l'enfant en question était l'oeuvre de la providence. Comme le comte montrait quelques rétycences à avaler telle couleuvre, Maria le supplia de lui octroyer un délai d'un mois pour étayer ses dires.

Son plan était simple : ayant quelques affinités (et plus) avec le curé de sa paroisse, elle lui proposa d'offrir à son églyse une peinture représentant le mystère de la conception de son propre enfant. Le curé accepta (d'autant plus facilement que Maria lui avait laissé entendre que le gamin pouvait très bien être le sien) mais posa comme condytion que le tableau fut réalysé par un grand maître. en effet dit-il, il lui fallait penser à ses descendants qui seraient forts heureux de trouver un jour au fond d'un grenier une oeuvre d'un peintre célèbre.

A partir de cette hystoire, il est facile de retracer ce qui se passa. Maria écrivit à Léonard de Vinci, le suppliant de revenir à Florence. Mais le brave Léonard, sans doute peu désireux de se retrouver embrigadé dans pareille affaire refusa de rentrer à Florence pour satysfaire aux capryces de la comtesse et lui recommanda de s'adresser à un certain Ancelyn d'Albenys.

C- Ancelyn d'Albenys

Si le nom de cet homme nous est longtemps resté inconnu, il ne fait aucun doute qu'il s'agit bien d'un peintre Yssois. Tout d'abord son nom aux consonnances typiquement yssoises. Ensuite, la lettre de Léonard de Vincys précyse qu'Ancelyn est de passage à Florence et qu'il s'agit d'une ancienne connaisance à lui (n'oublions pas que Leonard est d'origine Yssoise puisqu'il s'appelait avant d'émigrer en Italie Léonard de Vincys). Enfin, la méthode que préconise de Vinci pour retrouver Ancelyn ("Si ne sais ou il loge, je vous aconseille de frequenter tavernes et bordeaux à la recherche de ce brave homme"), ne laissent plus plâner aucun doute sur ses origines.

V- La vierge abîmée

Nous pouvons donc aujourd'hui reconstituer ce qui se passa : la comtesse prit contact avec Ancelyn, et comme le temps pressait, celui-ci ressortit une toile qu'il avait peinte à Ys, et la retoucha légèrement : il masqua les éléments du paysage Yssois, modifia le visage de la vierge, de l'enfant, et le tour était joué.

La comtesse put faire admirer à son mari son portrait en vierge, trônant sur le mur de l'églyse, preuve donc qu'elle ne l'avait pas trompé.

Quant à Ancelyn, l'hystoire oublia son nom, ce qui est dommage car outre son grand talent, ce brave homme avait beaucoup d'humour : car au vu des circonstances, intituler son tableau "La vierge abimée", il fallait vraiment être Yssois pour avoir une idée pareille.

Sérényssime Empire d'Ys