Aliénor de Cysthère


Auteur des Confessyons d'Outre-Tombe


Aliénor de Cysthère est l'auteur des Confessyons d'Outre-Tombe, une sérye de récyts... à venir. Par un étrange effet du sort, des extraits ont en effet été publiés sur la lyste alors qu'Aliénor de Cysthère n'était même pas encore née...


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Les Confessyons d'Outre-Tombe, tome I, livre 1


Alienor de Cysthère

La Conceptyon d'Aliénor


PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITYON

Par Françoys Hervé du Chateaubrillant

Aliénor de Cysthère s'est éteinte. Il n'exyste malheureusement pas de mots assez forts, quy puyssent exprimer toute l'afflictyon que nous ressentons tous à cette annonce. Avec elle, c'est un pan entier de notre hystoire quy s'en va rejoindre l'Hadès, elle quy a vécu tous les moments les plus forts de ce syècle, elle quy a contribué à faire l'hystoire de notre glorieuse natyon, elle, enfin, quy a été, pendant sy longtemps, le symbole d'une Ys immortelle, que rien ne peut atteindre. Et sy je ne laysse pas de pleurer sa dysparityon, je n'en oublie pas pour autant les derniers devoirs que j'ai envers celle quy fut une mère pour moy.

En effet, juste avant de nous quitter, elle a fait de moy son exécuteur testamentaire, charge qu'aujourd'huy j'assume, en un dernier hommage. Lorsque j'ai apprys la nouvelle, et passé le temps des larmes et des pleurs, j'ai ouvert, les joues encore humides, la main émue et le coeur tremblant, le coffre en boys quy se trouvait dans son bureau, selon les instructyons et grâce à la clef qu'elles m'avait données. Là, soigneusement et délicatement posé, recouvert d'un morceau d'étoffe pourpre, je pus découvrir ce qu'Aliénor souhaitait léguer à l'Humanité : le manuscrit de ces Confessyons d'Outre-Tombe.

Aliénor de Cysthère est partye, mays elle nous laysse pourtant le plus beau de tous les héritages : ses Confessyons racontent en effet l'ensemble de sa vye, de l'année de sa nayssance - elle commence en effet son récyt un peu avant qu'elle ait vu le jour - aux dernières journées de son exystence. C'est là le plus beau et le plus brillant témoignage de son époque, quy ne manquera pas de fascyner les génératyons futures. Mays il s'agit aussy d'une oeuvre gigantesque, quy passerait pour monstreuse sy Aliénor n'y avait mys, comme en chaque chose qu'elle réalysait, toute la grâce et l'élégance quy la caractérysait.

Cependant, il me faut avertir le lecteur d'une chose. Aliénor a découpé son oeuvre en un nombre immense de livres, divysés eux même en un grand nombre de chapitres. Cette présente édityon ne regroupe dans ce premier tome que la première partie de son hystoire, et d'autres devraient suivre, sy les difficultés financyères de l'Editeur ne l'en empêchent.

Aliénor de Cysthère s'est éteinte, mays elle continue et continuera de vivre, par sa mémoire, par ce livre.

CHAPITRE 1 : LOUANGES DU SEIGNEUR POSEYDON

Grand es-Tu, Seigneur Poseydon, et grandement digne de louanges : grande est Ta force, et ta sagesse est incalculable. Et l'Yssois veut Te louer, luy quy est la plus belles de Tes créatures. Tu l'excytes afin qu'il prenne playsir à Te louer, car Tu nous a fayt pour toy, et inquiet est notre corps jusqu'à ce qu'il se repose en Toy 14.1. Aujourd'huy, après que mon corps s'est reposé tant de foys dans celuy des membres de Ton Eglyse, Tu luy permets de reposer directement en Toy, et soys loué pour cela.

Oh ouy, Seigneur Poseydon, soit loué pour la vie que tu me donnas il y a fort longtemps maintenant ; soit loué pour tout ce qu'il me fut permys de vivre, de faire, de dire ; soit loué pour me donner ainsy la force et le courage d'écrire ces Confessyons ! Car ma vie fut errante, et parsemée d'une multitude d'erreurs et de nombreux châssés. Mays qu'y a-t-il de plus important que toy, ô Seigneur Poseydon, ô mon dieu, ô ma douce vie ? Quy est Seigneur en dehors du Seigneur Poseydon ? Quy est Empereur en dehors de l'Empereur Dyeu ? Quy est Homme, en dehors des Hommes que Tu as créé et choysy, Tes Yssois byen-aimés, fils de Tes Atlantes chérys, yssus eux-même de Ton sang ? Qu'est ce que jouyssance, en dehors de la jouyssance que Tu procures à Tes fidèles lorsqu'ils s'appliquent à respecter ton plus grand commandement, toy quy n'est qu'Amour ?

Car au commencement était l'Amour, et l'Amour était auprès de Toy, et l'Amour était Toy. Il était au commencement auprès de Toy. Tout fut par luy, et sans luy rien ne fut. Ce qui fut en luy était la vie, et la vie était la lumière yssoise, et la lumière luit dans les ténèbres barbares et les ténèbres ne l'ont pas saysie.14.2

Tout cela, Seigneur Poseydon, tu me l'as apprys dès mon enfance, et mon adolescence fut bercée des paroles de tes serviteurs. Je t'en rends grâce aujourd'huy, et c'est par ces louanges que j'ay décydé de commencer le récyt de ma vie, maintenant qu'elle m'a quittée. Benys ce livre, ô mon Seigneur Posyedon, ô mon Amour, ce livre quy est ma descendance véritable, mon leg à cette terre

CHAPITRE 2 : DES SYGNES FUNESTES

Cette vie que Notre Seigneur Poseydon (Loué soit-Il !) m'accorda, bien peu de fois j'en fus digne. Cette vie que Notre Seigneur Poseydon (Loué soit-Il !) me donna, elle ne me donna, elle, que peu de joies véritables, en dehors de celles procurés par l'Empereur Dieu.

Et cette vie que Notre Seigneur Poseydon (Loué soit-Il !) m'infligea, cette vie emplie de souffrances et de tourments, cette vie faite de malheurs et de déceptyons, je ne compte même plus les sygnes funestes quy annoncèrent, et cela dès le jour de ma nayssance, et cela dès le jour de ma conceptyon. Je reviendrai par la suite sur ceux de ces phénomènes sombres quy couvrirent d'un voile inquiétant le jour de ma nayssance. Ils furent nombreux, ces mauvays présages, mays surtout, ils furent véridiques. Ma vie ne fut qu'une successyon de peines et de chagrins : peines que j'endurai par mes nombreuses erreurs, chagrins que je faisai subir aux autres, les uns comme les autres étant en nombre infini. J'ai châssé, et ainsy je me suys couverte de honte et l'ai couvert de honte mon nom avec moi.

Ouy, je souillai mon nom : le nom de mon père et de mes ancêtres d'abord, le nom de mon mari ensuite. Ces noms, je les ai roulés dans la boue, je les ay faits tremper dans l'urine, je les ai trainés dans le lisier de porc encore fumant des déjections animales. Ces noms illustres que j'ai eu l'honneur immense de porter, tous je les ai immensément déshonoré. Que Poseydon (Loué soit-Il !) me pardonne pour cela !

Je l'ai dys, tout cela fut annoncé, tous ces malheurs furent annoncés dès le jour de ma conceptyon, tous les maux que je m'infligeai et que j'infligeai à mes proches furent annoncés dès le moment ou mon père se retira. En effet, un terrible malheur s'abattit ce jour là sur mes bien-aimés parents, ma famille chérie, ma glorieuse Mayson. Un terrible malheur, ouy. Ce quy s'est passé ce jour là a modifié le cours de mon hystoire, le cours de l'hystoire de ma famille, le cours de l'hystoire du Serenyssime Empire d'Ys.

CHAPITRE 3 : LA DYSPARITYON DE SON PÈRE

Ouy, vraimment, un terrible malheur s'abbatit sur ma Maison quelques temps après ma conceptyon. Etrangement, ce n'est que bien après ma nayssance, alors que j'étays déjà grande, et entrée dans la période de troubles quy suit l'enfance, que je apprys de la bouche d'un amy de mon père a quelle point j'étays la cause de sa dysparityon. Cela se déroula à peu près ainsy :

«Mon Oncle... puys-je vous poser une questyon ?»

«Mays bien sûr Aliénor. Que desyres-tu savoir ?»

«C'est au sujet de mon père. Vous le connayssiez bien, non ? Vous étyez son amy ?»

«Byen sûr. Nous faysons tous partye du même Clan. Combien de campagnes électorales n'avons-nous pas mené ensemble ? Combien de procès n'avons nous pas playdé ensemble ? Mays dites moi, c'est que vous devenez avec les années une véritable femme... Mmm et vous devenez à l'image de votre mère, toute à fayt ravyssante !»

« Arrêtez mon Oncle, je vays finir par rougir...Alors dytes moy, car j'ay le droit de savoir, comment a-t-il dysparu ? Nous a-t-il abandonné, ma mère et moi, comme certaines mauvayses langues aiment à le faire croyre, du côté de nos ennemys héréditayres ?»

« N'écoutez pas les racontards, encore moins ceux quy viennent de ces vieux réactyonnaires, quy ont toujours destesté votre père. Ce que je puys vous dire, c'est qu'il aimait tendrement votre mère (comme moy d'ailleurs, hum hum hum). Toujours est-il qu'il nous a quitté quelques jours avant que votre mère ne rende publique sa grossesse. Etayt-il au courant ? Cela, seul luy le sayt. Mays jamais, oh non jamais il ne vous aurayt abandonnées. Nayade, peux-tu aller me chercher mes vieilles photos et mes vieux films ? Je suppose qu'Aliénor sera contente, de voir de nouvelles images de son père...»

CHAPITRE 4 : REFLEXYONS SUR CE QUI AURAIT PU ÊTRE

Souvent je me demandays ce qu'aurait pu être ma vye sy mon père n'avait dysparu. S'il n'avait jamays prys ce navire, sy aucune tempête n'avait dévasté Ibyza, sy le bâteau n'avait jamays fait naufrage ce jour là, sy mon père avait été retrouvé, ou s'il s'était layssé retrouvé. Sy le Cataloxytanyen l'avait capturé (Poseydon seul sait d'ailleurs pourquoi il a voulu le rechercher de son côté !). L'imbécyle : espérait-il avoir la moindre chance d'arriver à ses fins ? Que Poseydon ait voulu sa dysparityon ou bien que lui même l'ait désyré ardemment, aucun être mortel ou éternel n'aurait pu le retrouver, quand bien même il aurait survécu. Néanmoins, souvent je ne pus m'empêcher d'interroger le cyel et la mer : et sy... ?

Oui, et sy ? Ô Combien ma vie eût été différente alors ! Je ne says sy elle eût été meilleure ou pire, mays ce que je says, c'est qu'elle n'aurait pas été celle qu'elle fut. D'abord, il serait resté auprès de ma mère, qui, même sy elle continua de vivre normalement par la suite, ne fit jamays véritablement le deuil de son mari. Chaque soir, chaque nuit que Poseydon fit par la suite, elle les passa à scruter en vain l'horizon, attendant patyemment son Ulysse qui cependant jamays ne revint. Ensuite, il aurait été là, près de moi, par le corps bien sûr, mays aussi par l'esprit, au lieu de l'être seulement par l'âme ; oui, il aurait été près de moi, durant mon enfance, puys lors de toutes les phases de ma vie, jusqu'à sa mort. Je crois toujours avoir manqué de ce père que je ne vys jamais autrement qu'en photographie, et lorsque j'épousai le seigneur de Cysthère, je suis sûr maintenant que c'est mon père que je cherchays et son image que je retrouvays en lui.

Mais cessons là les soupirs et les pleurs sur ce qui aurait pu être, pour nous concentrer ce qui fut, et ne plus penser qu'à ce qui mérite d'être raconté, depuys les jours quy suivirent la dysparityon de mon père jusqu'au dernier mot que Notre Seigneur Poseydon me permettra d'écrire. Je tâcheray d'aborder les épysodes les plus glorieux de l'Empire comme les plus humbles avec le plus d'objectivité possyble, mays je says que cela me sera de plus en plus difficyle, au fur et à mesure que je progresseray dans le temps. Mays je garde la foi, et prie Poseydon, qu'il soit béni sur la terre, sous la mer et dans les cyeux, de m'accorder la force et le courage de poursuivre cette oeuvre.

Fin du Livre I


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Les Confessyons d'Outre-Tombe, tome I, livre 2


Alienor de Cysthère

De la rentrée de l'An IV à la Révolutyon d'Octobre


CHAPITRE 1 : LA RENTRÉE DE L'AN IV

A l'annonce de la dysparityon de mon Père, beaucoup de messages de soutient et de réconfort parvinrent à ma Mère éplorée. Mon Oncle notamment lui fut d'un très grand réconfort, c'est lui surtout qui lui permit de reprendre goût à la vie. Lors de la cérémonye, qui eût lieu le neptudy 5 semptembre de l'An IV en le temple de Poseydon de Venys, on le vit lui présenter son bras, sympathiquement, tendrement. Récemment encor en lysant les lettres reçues par ma Mère dans sa jeunesse, je retrouvai l'une de ses myssives, écrite par luy juste après que mon père dysparut : "Je m'en revyent vers vous, apprenant la mort de mon estymé amys (et votre marys), mays également le désyre brûlant et partagé qui déchyre nos deux êtres." Ces quelques mots, qui sont suivys de beaucoup d'autres de la sorte et du même genre, me layssent penser qu'une relatyon nacquit entre eux bien plus tôt que je ne l'ai longtemps pensé.

Les autres évenements qui agitèrent la première semaine de septembre furent les premières déclaratyons des premiers candidats aux électyons dogéales, quy n'étaient plus très loin désormays. On vit notamment se porter candidat Sysyphe les Nonnes, le musycien punk quy fit chavirer mon coeur d'adolescente, bien des années plus tard, malgré le fait que ses morceaux soient passés de mode depuys longtemps. Des slogans provocateurs mays conservateurs, des idées réactyonnaires mais un système économique révolutyonnaire, Sysyphe les Nonnes cultive les paradoxes, lui quy eut par la suite le destin qu'on sait.

On vit aussy se porter candidat deux autres de mes Oncles. James Honoré Maltys d'Ysville, accompagné de ses mignons, présenta un programme empli d'idées géniales mays totalement irréalystes et irréalysables, comme tout ce qu'il proposait d'ailleurs, princypalement parce qu'il n'était yssu que de son seul cerveau génial mays profondément solitaire. Pour que son projet puysse passer du domaine du pensé à celui de l'accompli, son Conseil des Portes aurait du être composé au minimum de troys ou quatre Maltys travaillant de concert, les termes "Maltys" et "de concert" étant de surcroyt profondément antagonystes.

Quant à mon autre Oncle candidat, à son sujet l'on peut dire sans crainte de se tromper grandement que les termes "d'Ysciple" et "travail" étaient encore plus antagonystes que les deux autres pouvaient l'être, et Poseydon seul sait à quel point cela est difficyle. Mais mon Oncle préféré avait néanmoins un avantage, et non des moindres : la présence de Grand-Père à ses côtés. Je me demande sy un homme a pu se vanter d'avoir prévu sans s'être trompé le résultat de ces électyons....

CHAPITRE 2 : LA RENAYSSANCE DE LÉZARDMINISTRATYON

Mays au cours de la semaine qui suivit, une curieuse annonce fut faite par les Secrétaires Impériaux : la fondatyon, par eux-même, du Parti Administratif Yssois. Curieux, dans la mesure où cela faysait bien longtemps que ces Secrétaires ne s'étaient exprimés autant, encore moins sur des affaires politiques. Si l'on veut résumer leurs buts et idées lors de cette créatyon, il s'agyssait avant tout de s'assurer la directyon de l'Empire, le rôle du Doge et des Citoyens étant limité au symple contrôle de leurs activités. Ces Haut-Fonctyonnaires devaient être bien effrontés, pour aller jusqu'à proposer une nouvelle Constitutyon à l'Empire, Constitutyon devant leur apporter en fait, sinon en droit, les pleins pouvoirs.

Cela me rappelle un passage de l'hystoire yssoise : la Gouvernance Lézardministratyon. A la fin du règne de l'Empereur Childerys III en 751, qui décèda sans progéniture aucune, l'Administratyon Impériale, embryonnaire à cette époque, décyda, soutenue par l'Eglyse, qui comme chacun sait tient en horreur le désordre et l'anarchie qui guettaient l'Empire à ce moment là, l'Adminystratyon Impériale donc décyda d'assumer elle-même le pouvoir, en attendant que soyt trouvé un succésseur à Childerys qui puysse monter sur le trône de l'Empire. Le Maire du Palays, titre donné à cette époque au chef de l'administratyon, l'équivalent du Premier Secrétaire Impérial, Basyleo Lazare proclama donc la Gouvernance Lezardministratyon.

Le pouvoir passa dès lors entre les mains d'un premier Zélateur, bien sûr Basyleo Lazare, entouré d'un groupe restreint de conseillers, appelés les Zélés Zélateurs, qui appliquèrent une politique axée sur le développement de l'adminystratyon de l'Empire : on définit clairement la hierarchie et la place de chacun, l'obéyssance devient une vertue qu'on s'applique à cultiver, le désordre fut banni hors de l'Empire. Le lézard devient le symbole de l'adminystratyon, d'où le nom de Gouvernance Lézardministratyon. Un culte se crééa, celuy d'Adminystratyon, qui sera repry et codifié bien plus tard, par Napoleo. Il est à noter que cette période marque une pause dans l'expensyon des terres impériales, qui avait débuté depuys l'an 500 et reprendra par la suite.

Mays à dire vrai, sy l'actyon de la Gouvernance fut très bénéfique assurément en ce qui concerne le développement administratif de l'Empire, il en fut tout autrement sur le plan socyal et économique. Chacun sayt en effet que la visyon de l'administratyon, très éloignéedu terrain, plus éloignée encore que l'Empereur à qui il arrivait parfoys d'effectuer des tournées d'inspectyon sur ses terres, cette visyon du terrain est tronquée, incomplète, très imparfaite. Basileo Lazare, toujours soucieux de rendre plus zélés ses subordonnés, instaura un système assez particulier, devant léser les non-zélateurs et laysser les zélateurs non-lésés, sans rien laysser au hasard. On mit l'accent sur les Beaux-Arts et sur le Baise-Art, ainsi que sur Mozart. Bizarrement les thésards furent oubliés. On instaura des bazars, présidés par des Zélés Zélateurs, qui, marchands marchant en plein blizzard, devinrent la risée du peuple en osant tout miser sur les frisées, qui étaient dispensées du visa devenu nécéssaire pour baiser, visa devant être visé par la ZOB. Ce qui devait arrivé arriva. Mal conçu, mal dosé, ce système naze se brisa lors d'une crise causée par la révolte de l'ensemble de la socyété qui n'en pouvait plus d'une telle rigueur adminystrative.

C'est ainsy qu'en 754 Basileo Lazare, pour calmer le peuple en colère, fit exécuter le groupe des Zélés Zélateurs, et fit, d'eux la cause de tous les maux du peuple, de luy une victime supplémentaire de leur obsessyon du classement, du rangement, de la centralisatyon et de la hierarchisatyon. Il réussyt même à persuader la foule qu'il s'agyssait en fait d'agents zollernoys, voués à la destructyon de l'Empire. Finalement, il se fit sacrer Empereur la même année, devenant ainsy Basileo III.

CHAPITRE 3 : SEMAINE DE VOTE

La semaine qui suivit, celle du lundi 13 au dimanche 19 septembre de l'An IV après la Seconde Devastatyon, fut consacrée par les Yssois au vote... et uniquement au vote. Que dire de plus ?

CHAPITRE 4 : JOYE DE MON ONCLE, TRYSTESSE DE MA MÈRE

Le neptudy 22 septembre de l'An IV après la Seconde Devastatyon, après une semaine d'un intense suspens, le résultat des électyons dogéales fut proclamé, et Hector d'Ysciple devint Doge du Serenyssime Empire d'Ys. Nul ne peut concevoir, je croys, l'émotyon qui le submergea lorsqu'il apprit la nouvelle, et je croys que même aujoud'huy, il doit s'évanouir dans sa tombe comme il s'évanouit ce jour là, à chaque foys qu'il y repense. Toujours est-il que le Conseil des Portes qu'il nomma fut assez restreint, ne comportant que Fabyus Tremblay, quy était un proche amy d'Hector, troys autres de mes Oncles, dont le fils de Grand-Père lui-même, ainsy que l'Ancêtre, dont on peut se demander ce qu'il trouvait aux barbares pour leur préférer d'autres Yssois, en s'occupant continuellement du Dehors - peut-être quelques perversyons avec les Ydéens ?

Quant à ma Mère, je croys que c'est à cette période qu'elle commença à ressentir toute la trystesse que peut ressentir une veuve. Désormays, elle avait à s'occuper elle-même des terres qu'elle devait me laysser plus tard, ainsy que de ses entrepryses, et même sy elle était secondée en cela par de nombreux employés qualifiés, dont Madonna quy quelques années plus tard me raconterait des hystoires avant de dormir, cela restayt un dur labeur. La présence de mon Père luy manquait terriblement. Durant ses heures de temps libre, elle s'adonnait à la peinture, et ses premiers tableaux sont empreints de la trystesse qu'elle ressentait. Voicy d'ailleurs sa première oeuvre véritable, intitulée "Le Deuil", qui provoqua du même coup la nayssance du courant depressyf.

CHAPITRE 5 : LA CATASTROPHE

Peu de temps après l'électyon flamboyante de mon Oncle, une terrible nouvelle parvint jusqu'en Ys : on apprit qu'une grande partie du Micromonde avait sombrée sous les flots. Etrangement, cela layssa les yssois relativement indifférents : c'était pourtant leur futur empire quy dysparayssait ainsy de la surface. Personne ne s'en lamenta véritablement, pas même Marilyse Emphétuocle, la plus décydée pourtant à envahir Ydémos.

Relativement peu de temps après, une idée totalement saugrenue fit son apparityon dans les cerveaux, sans doute encore choqués et traumatysés par la Catastrophe, de quelques uns. Certains, dont je tays le nom afin de ne pas souiller ainsy l'honneur de leur illustre (et moins illustre) descendance, voulurent appeller le Micromonde ainsy déformé et nouvellement transformé le Cookiemonde.

Je ne says ce quy mys cette idée dans leur esprit. Se rendaient-ils véritablement compte de ce que cela impliquait ? On aurait bientôt, dans toutes les descriptyons officielles, à propos de notre belle natyon : "Le glorieux Serenyssime Empire d'Ys, descendant millénaire de la non moins glorieuse civilisatyon Atlante, dont les Citoyens, infiniment supérieurs aux autres membres de l'espèce humaine (si tant est que l'on puysse qualifier d'humain plus que de symiesque ce quy n'est pas yssois) sont appelés par leur Empereur Dieu Poseydon (Loué soit-Il !) à régner sur les règnes minéral, végétal et animal, le Serenyssime Empire est sytué dans le Cookiemonde" Comment aurait-on pu favoriser l'immigratyon, ou le retour des Citoyens Yssois quy avaient perdu la trace de l'Empire vers leurs pays d'origine, en tentant dans le même temps, par tous les moyens, de persuader qu'Ys en même temps que la région serait devenue Ydémos ? Je ne dys pas qu'il ne fallayt pas choisir un nom quy soit drôle voire burlesque. Néanmoyns, c'est un nom peut-être plus neutre quy aurait du être imaginé, un nom qui permette d'attirer les personnes dignes de devenir yssoises, sans attirer en même temps toute la racaille grouillante et dégoûtante de l'Univers dont le peu d'attentyon n'aurait pas manqué d'être reteune par un cookie.

Ce nom étayt, même pour l'époque, vraimment trop incompatible avec la supériorité yssoise, en effet c'est véritablement faire preuve d'inculture et de peu d'imaginatyon que de choisir un nom quy aurait pu être trouvé par un enfant de sept ans.

CHAPITRE 6 : LE CHOIX

Par la suite, les jours passèrent et s'écoulèrent paysiblement dans Venys la Serenyssime, sous le dogéat de mon Oncle préféré, qui ne l'était pas encore, Hector d'Ysciple. Paysiblement, pour ne pas dire ennuyeusement, voire... mortellement, comme aurait sans doute dit mon défunt père. Ma mère, lorsqu'elle ne travaillait pas à la gestyon de mon héritage, occupait tous ses loysirs à la peinture, cette nouvelle passyon qui l'avait pryse et qui lui permettait d'exprimer enfin les sentiments intérieurs qui l'habitaient, qui la hantait même. Elle acheva rapidement un second tableau, qui vint enrichir le courant Depressyf d'une nouvelle oeuvre, intitulée le Choix.

Ma Mère l'offrit peu de temps après en présent à Lool de Virion, en gage de sa reconnayssance pour son soutient durant l'épreuve difficile qu'elle venait de vivre mays aussy pour toutes les joyes qu'il lui avait fait découvir. Il va sans dire que ce dernier fut très étonné de ce cadeau bien étrange, la première questyon qu'il lui vint sur les lèvres fut d'ailleurs : "Mays pourquoi donc l'avoir appellé le choix ? Ouy, pourq...". A cela, ma Mère répondit en riant qu'elle offrirait 2000 Y?à quiconque trouverait l'explicatyon de ce nom bien étrange. "Le prix de son silence", ajouta-t-elle d'un air mystérieux.

CHAPITRE 7 : LA SECONDE REVOLUTYON

Mays quy pouvait prévoir ce quy se tramait, à l'insy du plein gré de tous ? Quy pouvait ?

Ô Ys ! Quel sombre malheur s'abattit sur toy en ces jours funestes ? Quel crime avays-tu donc commys, toy, Empire Gloryeux, Seigneur du Monde ? Mays la folie des Hommes et la sauvagerie de leurs instincts ne connayssent point de limites, et en ces jours maudits, tu payas de ton sang leur vanité. Maudits soient ceux quy ont, ce jour là, porté la main sur leur Mère Sublime ! Maudits soient ceux quy ont, ce jour là, oublié leur dignité et leur rang ! Maudits soient ceux quy, ce jour là, ont abandonné la Ville !

Par bonheur (et la seule pensée de cet évenement grandit en moy l'amour de Notre Seigneur Poseydon), par bonheur ma Mère survécut, elle qui me portait en son sein, ainsy que de nombreux autres membres du Clan. Comment cela a-t-il débuté ? J'ignore exactement les détails exacts et précis. Alors que Grand Père offrayt, durant une cérémonie fastueuse, à mon illustre nom la possessyon de l'Athys en même temps que la vassalité de Bryaxys Hecatée Pallasalexandride, il fut blessé grièvement par un merksyste-luninyste : la Seconde Révolutyon avait déjà commencé. Puys, dans des circonstances étranges, Lool de Virion, présent lors de la cérémonie, fut contraint de trancher sur le cas d'Emmanuel Raveline, passé du coté des révolutyonnaires, pour permettre à tout le monde de s'échapper par un passage secret repéré par le nouveau conseiller personnel de Mère, Lucyus Catilysna. La petite troupe de rescapés, composée de Mère, d'un Grand Père comateux et de Lool, Marilyse, Bryaxys, Madonna, Hérodote, et Lucyus, gagna par les canaux une base secrète du SYRE, où ils purent s'armer puis regagner la mayson d'Hector d'Ysciple, quy les rejoignit byentôt. Grâce à son dirigeable, ils purent quitter Venys par le seul chemin restant praticable : les airs. En effet, les révolutyonnaires (dont ont apprys plus tard qu'il s'agyssait en réalité de Palim Pseste) avaient détruyt le seul pont reliant Venys au continent, ainsy que les digues protégeant le port et ses navires, qui avaient du même coup coulé. Cependant ils purent quand même se poser sur le Spirit of Papenchayse, navire de Lool de Virion quy croisait au large. Dans des circonstances assez floues, Hector d'Ysciple, Lucyus Catilysna et Madonna, quittèrent le navire à bord du digeable et prirent la directyon de l'île d'Ystari. Léa aussy aurait aimé regagner ses terres, mays elle préféra rester avec Lool de Virion, blessé lors d'un combat contre des chynyssois merksystes. Mays peut-être n'eut-elle pas en fayt le choix ? Toujours est-il que ces troys là quittèrent, abandonnèrent le reste de la troupe, quy poursuivait sa route vers Papenchayse. Le bâteau s'éloigna lentement de Venys, avec à son bord des passagers déprimés. Toute leur vie venait de s'effondrer d'un seul coup, et pour l'un d'entre eux, la vie elle même commençait à fuir. En effet, Anaclet de Paxatagore avait urgemment besoin de soins, soins que tentaient de lui prodiguer Marilyse, pendant que Lool de Virion consolait Mère. Anaclet de Paxatagore quy, entre deux soupirs dont on ne savayt s'ils étaient de douleur ou de playsir, car Marilyse ne pouvayt se résoudre à le quitter, rassembla assez de forces pour exprimer son désyr de regagner ses terres de Mont Pharys. Un problème exystait cependant : désormays, Mont Pharys était maintenant dirigé par Tyrésias de Paxatagore quy, ignorant la survie de son père, menaçayt de tirer sur tout navire s'approchant des côtes...

Mère me raconta par la suyte à quelle point cette période de sa vie avayt été inquiétante. Une glorieuse page de l'hystoire yssoise venait de se tourner, une nouvelle commençayt par les larmes et le sang.

Fin du Livre II


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Les Confessyons d'Outre-Tombe, tome I, livre 3


Alienor de Cysthère

La Révolutyon d'Octobre


CHAPITRE 1 : UNE NOUVELLE ÈRE

Par la Révolutyon d'Octobre, Ys avait changé de manière irréversyble. De nouveaux leaders faysaient leur apparityon, notament Tyrésias de Paxatagore, le fils de Grand Père, un autre de mes Oncles, quy se révélait par ses temps difficyles. De même que Lool de Virion, Sysyphe les Nonnes, Vladimir de Mytilène, et byen d'autres. Tous faisaient preuve d'un grand courage, et d'une grande ténacyté dans leurs intentyons, même sy elles pouvaient être diamétralement opposées. Sysyphe rêvayt de bouter les infidèles hors de l'Empire, Tyrésias souhaytait accroytre la puyssance et la gloire de son illustre nom, Lool de Virion cherchayt à préserver ce quy restait de son fief de Papenchayse, le reste ayant dysparu après la Seconde Devastatyon sous les flots.

Cependant, parmi eux, aucun n'étayt aussy audacyeux dans ses projets, aussy sûr de luy aussy, que ne l'étayt Lucyus Catilysna. Personne dans tout l'Empire, je croys, n'égalait en fourberie cet homme que j'exècre plus encore que les merxystes luninystes, que je hays plus ardamment, que je maudys plus souvent chaque jour que Poseydon fait. Puysse-t-il bruler éternellement en enfer ! C'était un opportunyste sans foy ny loy, un homme de la pire espèce, à l'intelligence grande certes, mays aussy profondément manipulateur, n'ayant qu'une seule chose en tête, son propre profit personnel, et quy le montra à plusyeurs repryse. J'ignore comment un tel individu avait pu se rapprocher de Mère, mays il y était arrivé, et depuys il n'avait de cesse de mettre à exécutyon le plan machiavélique conçus par son cerveau démoniaque. Et dire que pas une seule seconde Mère ne s'est doutée de quelque chose. Pourtant, elle aurayt du voir ses intentyons profondément mauvayses. Elle aurayt du se méfier de son corps de Sodomites, se méfier de son pouvoir sans cesse plus grand, et de son avidité, chaque jour plus croyssante. Mays au lieu de cela, elle ne pensayt qu'à une seule personne : mon Oncle. Fayblesse de l'Amour !


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Tome II - Les Larmes et le Sang


Alienor de Cysthère

Les Confessyons d'Outre-Tombe

Livre premier


Aliénor de Cysthère , 19 Juin 2005

Chapitre premier : la découverte du manuscrit

Comme le lecteur le découvrit, j'achevai le premier tome de mes Confessyons sur le retour de mon Oncle à Venys et sur celuy de Mère à la joye, pendant que la Ville sombrayt peu à peu dans les flots paysibles de l'Ennuy. Toutefoys, et que cela me soyt pardonné, je ne continueray pas dans ce tome de suivre l'ordre chronologique des funestes évenements quy s'abattirent sur notre glorieuse Mayson, jouet involotaire de cruelles forces supérieures, frêle navire malmené par un Destin inhumain. Non. Il me faut en effet icy débuter un autre récyt, celuy d'une autre exystence, dont on verra par la suyte les lyens nombreux avec cette période malheureuse de la vie de notre famille. Mays auparavant, voyons un peu les étranges cyrconstances quy me permyrent de prendre moy-même connayssance de cette curyeuse hystoire.

Nous étyons au moys de juyn, l'année de mes dix-sept ans. L'été approchayt, et avec luy, ce merveilleux solstyce quy annonce la fête de la Déflorayson. Je songeays à ce moment là, désyreuse de playre lors des festivités prochaynes, à la façon dont je m'habillerays pour l'évenement. Mon esprit fertile imaginayt nombre de beaux habits, d'élégants vêtements : je les voulays tous essayer, tous posséder, tous porter. Ma Mère me conseylla de regarder parmy ses ancyens tyssus, persuadée que j'y trouverays mon bonheur. "On ne fayt plus d'aussy beaux habits qu'au temps où j'avays ton âge", me confia-t-elle. Elle me remyt donc les clefs de la pyèce où elle conservayt tout ce que le passé luy avayt donné de souvenirs. Je m'y précypitay.

Je fys tourner lentement la vieille clef dans la serrure quy n'avayt pas été utilysée depuys byen longtemps. La porte s'ouvryt dans un long grincement, révélant à mes yeux ébahys des trésors et des merveilles. Une grande armoire attira mon attentyon tout de suyte : sy ma Mère conservayt ses ancyens vêtements, ce devayt être là. En effet, je pus voir à l'intérieur une longue sérye de robes, caftans, tenues, complétement démodées pour certaines, au contraire très "tendance" pour d'autre. Je voulus en essayer une, quy me parayssayt non seulement splendide, mays aussy, chose incroyable, sort heureux du Destin, à ma taille. Mays à l'époque, je n'étays très adroite - je n'ay d'ailleurs sur ce point jamays changé - et en voulant décrocher délicatement l'objet de mes désyrs, je ne pus empêcher sa chute à terre. Je me bayssa immédiatement pour reprendre la tenue et la secoua délicatement pour faire tomber la nombreuse poussyère quy s'étayt accumulée au fil des années. C'est à ce moment que je remarquay au sol une curyeuse boîte de fer-blanc, que je n'avays jusque là apperçue.

Je rangeay l'habit, désormays sans interêt puysque mon esprit avayt rencontré une nouvelle matière à occupatyon, puys ouvryt délicatement la boîte. Elle contenayt la correspondance nombreuse de ma Mère : toutes les lettres qu'elles reçut jamays étayent là, réunyes devant mes yeux. Essentyellement, il s'agyssait des lettres d'amour de mon Oncle. On y trouvayt aussy des lettres de Lucyus Catilysna faysant le bilan de ses activités au Ligorat, des lettres d'amys pour la plupart inconnus, quelques missyves d'amants, une ou deux d'amantes. Une enveloppe particulièrement attira mon attentyon. Elle me parayssait plus lourde que les autres, et, chose étonnante, elle n'avayt jamais été ouverte. Ne pouvant résyster à la tentatyon, je la décachetay. Elle ne contenayt qu'un petit morceau de papier, ainsy qu'une petite clef. Je pus y lire : "Wittenberg Bank, coffre 1062".

Durant de nombreuses années, je conservay cette lettre, cette clef, sans en parler à ma Mère, sans ryen tenter pour savoir ce que contenayt un certain coffre fort quelque part chez les Teutons. Ce n'est que cinq ans plus tard, alors qu'un voyage me conduysyt dans la régyon de Wittenberg, que je déciday de percer enfin ce mystère. J'allay ouvrir le coffre fort. En son sein, je trouvay un petit coffret de boys. Je l'ouvrys, et prys dans mes mains son contenu : il s'agyssait de plusieurs centaines de feuilles manuscrites, déposées là des années auparavant. Il me sembla avoir déjà recontré cette écriture, et je finys par me rappeler où. C'étayt dans la correspondance de ma Mère, des années plus tôt. Je sus alors à quy elle appartenayt.

Cette écriture étayt celle de mon Père.

Aliénor de Cysthère , 26 Juin 2005

Chapitre 2 : les premières pages

Je ne pus résyster à la tentatyon, quy déjà envahyssait chaque parcelle de mon être, de prendre ces pages dans mes mayns, et de commencer de les feuilleter, de les lire, de les dévorer assydument. C'est ce que je fys. Le papier déjà jaunyssait de par les années passées à attendre dans ce coffre sombre, perdu dans une banque de Wittenberg. L'écriture était fine et légère, on aurayt dyt que la plume quy l'avayt déssinée n'avayt qu'effleurer le papier, que glysser sur luy, pour former ses caractères quy s'entrelaçayent, aéryens. Je lys.

Neptudy 29 août de l'An IV

Je me suys reveillé il y a quelques heures seulement, sur une plage déserte. Des vagues frayches et légères sont venues me lécher les pieds, et les dernières images de ce quy fut sans doute un agréable rêve sont celles d'une marche sur un nuage blanc, haut dans le cyel. Puys ce fut le réveil, tryste et douloureux. Toute ma chair me faysait mal, et je ne tarday pas à découvrir de nombreux bleus, dyspersés sur tout mon corps. Autour de moys, le sol étayt jonché de débrys de boys, d'affaires de toutes sortes, sans doute les débrys du navire quy devayt me ramener à Venys. En fayt, je pense être sur une île. J'ignore sa taille exacte, mays elle ne doyt pas être byen grande. Synon, elle aurayt été reperée sur les cartes, et il ne me semble pas en avoir jamays vu dans cette régyon quy soit de taille importante, ou même modeste.

Lundy 30 août

J'ay découvert quelque chose d'étrange.

C'étayt au milieu de la journée, j'avays commencé à faire le tour de l'île, ou au moins de ce quy semble en être une. Je marchay le long de la plage sur laquelle je m'étays révéillé depuys plusyeurs heures, lorsque soudayn, je remarquay quelque chose. Un eclat blanc avayt attiré mon attentyon. Je m'approchay dans la directyon, lentement, le coeur battant la chamade, l'esprit excyté à l'esprit de peut-être rencontrer enfin une trace de civilisatyon, une trace de présence humaine dans une contrée quy s'étayt révélée jusque là déserte. Enfin, j'arrivay à la source de mon espérance. Il s'agyssait d'une étrange bâtysse. Sa façade parfaitement symétrique s'étendayt devant mes yeux sur plusyeurs, tel un hôpital, ou un établyssement scolaire. Au dessus de son immense porte d'entrée, cette inscriptyon :

"Vous quy entrez, layssez toute espérance"

Sérényssime Empire d'Ys