Gladys
Ah quelle belle journée d'hiver ! Les rues, encore recouvertes de neige, cette dernière tendant à toutefois disparaître, émerveillent les passants sous les illumynatyons, encore installées, même après les nuyts de Noël et de la Saynt Sylvestre.
Ysséo Ier, Empereur d'Ys... Bélophon le Timoré, successeur de Théophraste IV ... Gladys tente de byen mémoryser les dates clefs de l'hystoyre ancyenne Yssoise afin d'inculquer à ses petyts merveylleux bambyns une culture sans égale, chose quy se perd de plus en plus de nos jours.
Rentrée épuysée de son séjour de chez M.De Spylbergys, elle tente de se maintenyr éveillée en se vysualysant la fryse chronologyque qu'elle avayt étably sur les conseyls de son amye Zoé. Tout semble être prêt dans son espryt et aucun trou de mémoyre pour l'instant. Avant d'arryver à l'école d'Yrys, et après remarqué sa relatyve avance sur l'horayre habituel de rentrée des classes, Gladys décyda d'acquéryr quelques fryandyses chocolatées pour ses petyts garnements : « Après une rude leçon d'Hystoyre Géographye, ryen de tel pour remettre un enfant à l'ouvrage ! »
Tout heureuse de pouvoyr enfn dispenser ses cours à des chérubyns tels qu'elle les ayme, Gladys pénétra dans l'établissement sous les regards amusés des élèves. Pendant qu'elle traversayt la cours de récréatyon, tous la dévisagèrent en pouffant de ryre.
La maîtresse se sentyt immédyatement mal à l'ayse.
Afyn de mettre fyn à ce calvayre d'orygyne inconnu, elle se hâta vers la salle des professeurs où Hector l'attendayt. Après moults salutations très chaleureuses, le directeur layssa la charmante demoyselle partyr dans la salle de cours.
Gladys, munye de sa belle robe bleue de réceptyon (ce n'est pas tous les jours que l'on se présente face à ses élèves), grympa les escalyers jusqu'au troisyème étage.
Arrivé au bout du couloyr. Elle se sentyt nettement moyns à l'ayse et un doute l'envahit. Certes, elle adore les enfants, certes, les rapports avec eux ont toujours été très doux et attentionnés... Mays les enfants qu'elle a toujours cotoyés furent ceux de sa famylle dans laquelle le nom de Gladys sonnayt comme celuy de la réussite et du respect : « Maman !! Gladys de Caryatys ? Maman... C'est la dame quy a réussy à venyr jusqu'à Venys ? » disaient ils alors...
Elle avait entendu le nom de Portoryos parmi les élèves de sa liste de classe : Portoryos de Paxatagore !!! Et si le grand père avayt donné des dyrectyves à son petyt fyls pour ridiculiser enfyn celle quy ne cessayt de brayller et de crytyquer le clan des Paxatagores ? L'occasyon est trop belle et assurément, ce fylou d'Anaclet y aura pensé...
De la joye d'enseygner dans la rue à la peur de rencontrer les élèves, il n'y a désormays plus qu'un pas. Gladys sent ses jambes trembler, le châle qu'elle portayt sur ses épaules glyssa doucement à terre... Il luy fallut s'asseoyr. Heureusement Hector étayt là pour surveyller sa progressyon. Il se doutayt byen que cette premyère journée allayt etre chargé d'émotyon.
A l'ayde d'une gorgée d'absynthe, Gladys se sentit déjà myeux et apte à assurer son cours. Mays déjà des élèves tendirent l'oreylle et la tête du bout du couloyr pour voyr leur maytresse en dyffyculté dans les bras d'Hector, quy la soutenayt. Ils rycanèrent, mays dès qu'yls s'apercurent que le dyrecteur les avayt remarqués, ils s'enfuyrent lâchement. Portoryos faysayent assurément partye de ceux là.
La jeune femme repryt rapydement ses espryts, et décyda de « congédyer » le dyrecteur. Elle se sentayt enfyn capable d'ouvryr la porte de l'enfer et d'affronter les petyts dyables... Où est donc la jolye petyte jeune fylle qu'elle avayt du consoler le jour de la rentrée ? Mays non, aujourd'hui, elle ne voyayt que les petyts chenapans, prêts à bondyr à la moyndre bêtyse.
Plus que trois pas, deux pas... Gladys fut rapydement devant la porte, quy boysée, cachayt l'intéryeur de la salle. Couragement, elle tourna la poygnée d'un geste énergyque et assuré.
Elle jèta un regard, puys deux dans la pyèce où tous les élèves étayent là, assys tranquyllement et souryants. Enfin de compte, ils n'étayt pas sy terrybles...
Après des salutatyons respectueuses, la nouvelle instytutryce tenta d'instaurer le dyalogue entre tous. Chacun se présenta, jusqu'à ce que vînt le nom de Portoryos.
« Bonjour, M'Dame de Caryatys »... Gladys ne redouta jamays autant de sa vye ces paroles : « Mon Oncle m'a beaucoup parlé de vous ! »... Mays cette phrase ne vynt pas... Ce fut byen pyre ! De la bouche du jeune garçon, il sortyt cette phrase sy mesquyne qu'elle en effraya Gladys :
« Ma chère, on en dyt beaucoup sur vous... Retournez vous donc et vous verrez byen ! »
Gladys se retourna, et se retrouva face au tableau noyr à craye. Là, avayt été écryt par une mayn coupable sytué dans la pyèce :
Ce fut de trop pour Gladys quy s'évanouyt de nouveau mays cette foys, devant les enfants, leur offrant ainsy un byen rysyble spectacle.
Xéros
Après avoyr termyneé son cours de natatyon, Xéros décyda de se rendre à la salle de repos questyon de se désaltèrer avec un bon verre d'absynthe. En passant devant la salle de classe d'hystoyre, yl entendyt des éclats de ryres! yl décyda alors d'y jeter un oeyl et ouvryt la porte, c'est alors qu'yl se fyt attaquer par bon nombre d'objets hétéroclytes.
- Mays, par Poseydon! que se passe-t-yl icy ?
En effet, la classe étayt sans déçu dessous, les élèves sur les pupytres, des fenêtres cassées, bref l'anarchye totale.
- SY........LENCE !!! à vos places! s'exclama t-il d'un ton autorytayre.
Les élèves repryrent aussytôt leurs places. Tout à coup, Xéros vyt madame de Caryatys étendue de tout son long sur le sol de la classe. On pouvayt dystynguer une moustache de crayon sur son noble vysage, quy à donc aussé ! sa peau étayt d'un bleu épeurant, M. De Siceronne n'hésyta pas une seconde et s'empressa de luy fayre le bouche à bouche. Une sacré chance qu'yl ay suyvy son cour de lyfe guard.
Après quelques ynstants, Gladys reprys ses couleurs. Xéros pryt alors l'yntercom et appela le dyrecteur d'urgence.
hdY - Non d'un trydent, que c'est-yl passé ?
XdS - Je vous explyqueray plus tard, pour l'ynstant je me rends à l'ynfyrmerye avec Mme De Caryatys.
En se rendant à l'ynfyrmerye, Xéros croysa M. De Capytalis.
CdC- Mays qu'avez-vous tous les deux ? vous vous êtes regardés !
XdS - S.V.P. , rendez-nous servyce et allez donc ayder se pauvre Hector, yl se trouve dans la classe d'hystoyre, je croys que vous ne serez pas trop de deux pour surveyller ces petyts malfaysants.
Arryvée à l'ynfyrmerye, Xéros s'empressa d'étendre Gladys et de luy applyquer quelques compresses d'eau froydes. Yl luy servyt un petyt verre d'absynthe avec un comprymé de tylenol.
XdS - Comment vous sentez-vous ma chère ?
GdC - Dysons que c'est comme sy Bach jouayt le Concertos brandebourgeoys à l'yntéryeur de mon crâne !
Où yl est ce petyt Portoryos de Paxatagore !!! espèce de petyt chenapan.
XdS - Allons-donc, reprenez vos espryts, tout est sous contrôle, en se moment même le petyt De Paxatagore doyt se trouver dans le bureau de la dyrectyon.
GdC - Et mon cours,Ysséo Ier, Empereur d'Ys... Bélophon le Timoré....,elle éclata en sanglots.
XdS - Ne vous ynquyèter pas, tout yra myeux demayn.
Gladys se layssa choyr dans les bras réconfortants de M.De Siceronne.
En se dysant : Quy aurayt dyt qu'un jour je me laysserays réconforter par un syndycalyste.
XdS - Ne vous en fayte poynt, tout cecy restera entre nous, je vous appelle un taxy, car vous n'êtes pas en état de conduyre. Allez-vous reposer et revenez nous en pleyne forme!
Anaclet
Pendant ce temps, le directeur de l'école, Hector D'Ysciple, décroche son téléphone et appelle Anaclet de Paxatagore, en lui expliquant ce qui vient de se passer et en lui demandant de venir immédiatement. Paxa saute dans sa voiture et fonce aussitôt vers l'école, furieux du comportement de son petit-fils.
Rouge de colère, il monte les escaliers quatre à quatre et se dirige vers le bureau du directeur, où il pénètre, sans même frapper. Quelques gamins sont là, tous penaud, devant Hectore d'Ysciple, qui leur passe un sacré savon :
"Le jour de sa rentrée, en plus ! Qui a eu une idée pareille ! Vous devriez avoir honte, bande de petits chenapans !"
L'entrée d'Anaclet de Paxatagore ne passe pas inapperçue. Dès qu'il apperçoit son grand-père, Portoryos tente bien de se cacher derrière un de ses condysciples. Mays, malgré son grand âge, Anaclet de Paxatagore a l'oeuil vif et il a tôt fait d'appercevoir son fyston.
"Portoryos Archybald Zeophyr de Paxatagore, Ligore de Métastase, mon petit-fils ! Que la honte vous foudroie ! Comparayssez aussitôt devant moy !"
Tremblant, Portoryos avance vers son grand-père.
"Est-ce vous qui avez écrit cette inscriptyon injurieuse sur le tableau noir de votre salle de classe ?"
Portoryos : "Oui, grand-papa !"
Paxatagore : "Combien de foys faudra-t-il que je vous répèter que les noms propres prennent une majuscule ?"
Portoryos, tout honteux : "je le referai plus, grand-papa !"
Paxatagore : "J'espère bien ! Je vous ai confié à la diligence de l'école d'Irys, et je suys certain que Monsyeur D'Ysciple saura vous inculquer les règles élémentaires de notre langue. En attendant, je suys certain qu'il saura vous infliger le châtiment que vous méritez.
Monsieur d'Ysciple, croyez bien que je suys confus de cet incident, j'espère que vous saurez sévir comme il se doit. Pour me faire pardonner, j'espère que vous accepterez de venir un soir aux Deux Ma-Goh, à mes frays, pour dyscuter de votre école."
Hector d'Ysciple : soyez sans crainte, nous saurons nous occuper comme il se doit de votre petit-fyls !
Paxatagore : soyez indulgents avec les autres garnements, ils ont sans nul doute suivi le plus turbulent de leurs camarades. Mays, n'oubliez pas les préceptes de Fénelonys, qui écrivit sur l'éducatyon de nos Empereurs, "même l'Empereur a été un enfant, et s'il est bon Empereur aujourd'hui, c'est qu'il fut sévèrement puny hier". Je vous laysse, je vays voir si Mademoyselle de Cariatys se porte mieux...
Ce matyn, 7h45 :
Hector d'Ysciple, byen habillé et byen coyffé (ce quy ne luy arryve quasyment jamays) sort de sa gondole et se rend à l'école d'Yrys. Malgré qu'yl sente que l'humeur générale des gens qu'yl rencontre ne soit pas à la fête, yl décyde que l'école ouvryra quels que soient les évennements...
Yl arryve donc devant les grylles vers 7h55, dix mynutes avant le rendez-vous fyxé. Une dyzayne de famylle sont déjà arrivées. Ils semblent que tous les enfants ne soient pas ravis de se rendre à l'école : certayns restent même accrochés à la robe de leur mère et crient sy le dyrecteur de l'école les approche... Hector arryve tout de même à dyscuter avec certayns parents. Ceux-cy souhaytent avant tout que leurs enfants soient byen ynstruyts afyn qu'yls puyssent plus tard trouver un métyer correct. Le dyrecteur les rassure, l'équype pédagogyque est très compétente, les enfants sont entre de bonnes mayns.
Vers 8h00, les premyers professeurs arryvent, d'abord le professeur Diafoirus, suyvy par Crésus de Capytalys. Tous deux s'asseyent sur les chayses près de la grylle et dyscutent ensemble. Quelques mynutes plus tard, Xéros de Sicéronne, la démarche sportyve, traverse la foule des famylles. Certayns l'ont reconnu, et le félycyte pour la médaylle d'argent qu'yl a gagné aux JO l'an passé. Puys c'est le tour d'Elyzabeth de Lyon, la professeur de Musyque et d'Art Plastyque. Certayns s'ynstallent devant la grylle, d'autres dyscutent avec les parents d'élèves, tous attendent Gladys de Caryatys. Elyzabeth de Lyon propose alors de chanter. Tous acceptent avec enthousyasme et yls ne sont pas déçus... Elle possède une voyx douce et agréable, tout le monde est charmé.
Enfyn, le moteur d'une Yssoyse se fayt entendre dans la rue et Mr de Capitalys souffle au dyrecteur de l'école qu'yl s'agyt de celle de Mr de Mythilène. La portyère s'ouvre et une splendyde robe en sort : c'est Gladys quy arryve !!! Les mères de famylle s'empressent de la complimenter sur sa magnyfyque robe.
Yl est 8h20 et la cérémonye peut enfyn commencer. Le dyrecteur présente l'équype pédagogyque : Luy-même, professeur d'yssoys et de latyn, Mr de Capytalys, professeur d'economye et socyologye, Mr Diafoirus, professeur de Mathématyque, Scyences Naturelles et phhysyques, Melle de Caryatys, professeur d'hystoyre, géographye et relygyon, Mr de Siceronne, professeur de sport et enfyn, Melle de Lyon, professeur d'art plastyque et de musyque. Cette dernyère a préparé un dyscour : elle s'avance près du mycro et commence a parler : Cher Amys,
Nous voylà tous réunys pour fayre de ces petyts garnements non pas des têtes byen pleynes, mays des têtes byen faytes. J&8217;espère que nous avons derryère nous le bâtiment quy fera les élytes futures de la natyon Vényssoise. Avec un tel dyrecteur, je n&8217;en doute pas une seconde.
Pourquoi le projet me tyent il tant à c&339;ur, me demanderez vous ? Tout symplement, parce que devant tant de décadence aujourd&8217;hui, nous ne pouvons pas nous permettre de rester sans réagyr. Est-ce normal que nos rues soyent sacagées par de vylayns garnements ? Est ce normal qu&8217;un bambyn ignore encore quy est Poséydon ? Lorsque nous savons ce qu&8217;a été la Gloryeuse Ys, il devyent important de s&8217;investyr dans un projet quy sera aussy enrychyssant pour les élèves que pour nous, enseygnants.
Je voudray essentyellement remercyer plusyeurs personnes sans quy je n&8217;auray pu prétendre à telle situatyon dans l&8217;Ecole d&8217;Yrys et dans Venys.
Mercy en partyculyer à Mademoiselle Tinùviel, notre hystoryenne à l&8217;inestymable talent, quy byen que ne partycypant pas au projet directement, est la source de toute mon inspyratyon dans la rédactyon de mes cours. Mercy évydemment à Monsyeur d&8217;Yscyple sans quy je n&8217;aurai jamays occupé un poste d&8217;enseygnante de ma vye, mercy à M.Lool de Virion quy a accepté, malgré nos petytes dyvergences polytiques, de m&8217;intégrer dans son conseyl des Portes et enfyn, pour fayre le tour, mercy à Théophraste de Mytilène pour m&8217;avoyr sy byen conseyllée jusqu&8217;à présent.
Mercy à tous.
Pour Venys, Pour l&8217;Ecole d&8217;Yrys, Pour tous !
Tout le monde applaudy puys comme par magye, Hector d'Ysciple sort une payre de cyseaux démesurés de sa poche et s'approche du ruban rouge tendu en travers de la grylle. C'est alors qu'yl sent une petyte douleur sur son mollet gauche : c'est Gladys de Caryatys quy luy fayt comprendre qu'elle veut le couper en même temps que luy. N'accordant pas trop d'ymportance à cet acte, yl luy laysse "l'ayder" à couper le ruban. Chacun des membres de l'équype en reçoyt un petyt morceau.
- Et mayntenant, après cette ennuyeuse cérémonye, nous allons nous amuser un peu : Veuillez suyvre s'il vous plaît Mr de Siceronne, yl vous a concocté une chasse au trésor quy vous permettra de découvryr l'établyssement par le jeu...
Les enfants sont alors séparés de leurs parents et regroupé par quatre. Cependant, une petyte fylle reste collé à sa maman, elle pleur car elle a peur des autres. Melle de Caryatys se penche alors vers elle et par sa gentillesse naturelle et quelques mots gentyls, elle réussyt à consoler la jeune yssoyse, elle aurayt même soury...
La chasse au trésor commence et dure jusqu'à 14h. L'équype de Julyus d'Apposys a trouvé le trésor, une énorme peluche en forme de dauphyn, sous un banc de la salle de sport.
Tous très fatygués, les enfants rentrent chez eux. Hector espère que les enfants revyendront lundy avec le souryre et l'envye d'apprendre.
Sérényssime Empire d'Ys