Gestys Dagobertys.
Voyage entreprys par Dagobert, en Iumée Orientalys, pour la conquête de cette provynce.
Lool de Virion
La nuit est obscure à Venys57.4 , la glorieuse capytale yssoise a beaucoup perdu de sa superbe ces derniers temps. Les grandes famylles ont du mal a se relever de la longue et penyble lutte contre les rouges merksystes.
Hela que reste-t-il des anciennes splendeurs ?
Les boulevards sont vydes, les bec à gaz rarement allumés... les ryches palays sont layssés à l'abandon...
La ville dors sous une brume grisatres et froide... YS OU ES-TU ?
Mays non tout n'est pas silencyeux... il reste deux lumyères dans la vylle et la premyère se dirige vers la seconde. En effet une petyte calèche qui ne paye pas de mine avance tranquillement dans les sentiers obscurs des quartyers populayres. C'est une calèche de servyce, sale et poussièreuse frappée des armoiryes défraichyes de Papenchayse57.5 . Le cocher, enmitoufflé dans une large gabardyne gryse tremble dans l'humyde obscuryte. Les rats ont envahi la vylle depuys peu.
Finalement la calèche fayt halte devant un cabaret illumyné mays sylencyeux... les Deux Ma Goh57.6 , instytutyon yssoise mythique s'il en est. Le cocher met pyed à terre et flatte l'encolure du cheval dont le corps fume dans la nuyt froyde, et va ouvryre la portière.
Lool de Virion en sort, enmaylloté dans un caftan de voyage ocre et brun, il se précipyte dans l'établyssement. L'ambyance y est morne, immedyatement il fayt signe au barman de lui apporter un verre... une absynthe pure des distylleries de la Fée Verte comme il aime à la boire.
Lool s'installe tranquyllement tout en jettant un regard dans la salle vyde... pas même une strip teaseuse lolonayse à se mettre sous la dent.
Lool - Tryste epoque...
Le barman apporte lui même le verre, il n'y a aucune serveuse.
Lool - N'y a-t-il donc personne ici ?
Barman - En fayt si... une personne s'est installee dans le grand sallon pryvé.
Sans en demander plus, Lool prend son verre et se précipyte vers les portes cloutées de velour poupre qui s'ouvrent dans le fond de la salle, il traverse le petyt couloir aux tentures chatoyantes, soulève la dernière à droyte de celle-ci et ouvre la petyte porte de teck vernyssé.
Lool - Vous... ?
(A un motivé de continuer s'il en reste en ces lyeux... ou la lumyère s'éteindra.)
Alphonse de Cysthère
Lool - Vous ?
Alphonse de Cysthère - Moy-même. Comment allez vous, vieille fripouille ?
Lool - Hé byen... Dysons que Venys est un peu morte, ces temps cy. Mays qu'est ce quy nous vaut donc votre retour parmy nous ?
Alphonse - La même chose que vous, sans doute. Voir la Ville en cet état me consterne autant que vous. Et pour tout vous dire, je commence à me lasser de Tonio Blairo. Il est temps pour le vieil ambassadeur que j'étays de prendre sa retraite, voilà chose faite. Sa Subliminale Dogitude a dû recevoir ma lettre de démyssion ce matyn. Mays asseyez vous donc.
Lool de Virion et Alphonse de Cysthère continuèrent de dyscuter ainsy durant de nombreuses heures. Le Ligore de Virion narra ses dernières aventures, l'ancyen ambassadeur en Bande-Bedagne ses aventures angleuses, tout en fumant quelque opium délicat et savourant quelque absynthe fruytée.
Alphonse - Cela me fayt penser que je vays devoir me trouver un logement sur Venys. Savez vous sy des palays sont à vendre ? J'ay ouy dire depuys la capitale angleuse que le fils Paxatagore (j'ay oublié son nom, passons) étayt en train de tout changer par icy.
Lool - Il parayt ouy. A vrai dire, je n'en says guère plus que vous.
Alphonse - Ouy, byen sûr. Cette questyon n'étayt pas très intelligente de ma part, puysque vous aussy venez de rentrer.
A ce moment là, le barman pénètre discrètement dans la pièce, et fayt entrer une troisyème personne...
Lool & Alphonse - Vous ... ?
(à suivre par quy voudra)
Dagobert
Dagobert : C'est bien moy. Je passays livrer quelques ballots d'opyum à ce vyeux renard de Paxatagore, et on m'a dyt qu'il y avait du beau monde dans ce salon pryvé. Mays je suys déçu, je m'attendays à y trouver de jeunes boukystanayses. Je me contenteray donc du playsir de la conversatyon. D'où venez vous donc, chers amys ? Savez vous que pour arryver à Venys, j'ai du traverser quelques contrées assez étranges que la dysparityon de l'autoryté a plongé dans les abymes le plus total ? L' Iumée57.7 , autrefoys si pacifiée, est devenu un véritable coupe gorge !
Alphonse de Cysthère
Alphonse de Cysthère - Dyantre ! Ce pays est vraimment mal en point. Il semblerayt que sy la Révolutyon est finie, les ombres ne se sont toujours pas dyssipées... A ce sujet, vous parlez d'Iumée, mays je doute que ce soyt mieux à Venys. Ce Sybobov57.8 est sans doute l'arbre quy cache la forêt. Le Doge ne mène pas une politique assez ferme à ce sujet.
Dagobert - Et puys c'est mauvays pour le commerce. Regardez : pas d'opium, pas d'absynthe, pas de boukystanayses...
Alphonse de Cysthère - Je ne vous le fays pas dire, c'est un scandale ! Même durant les années les plus dures sous Von Burgstein57.9 , nous n'avyons à subir de tel manque d'approvisyonnements. En économie aussy, le Doge ne fayt ryen. C'est à se demander ce qu'il fayt, en fayt.
Dagobert
Dagobert : Venys est assez calme, ça va. Je n'ai suby que troys ou quatre tentatyves d'agressyons depuys mon arryvée, il y a troys heures. Mays ces brygands sont de faybles envergures et ils ne sont plus coordonnés.
Alphonse de Cysthère : ah bon ?
Dagobert : c'est un effet de la restauratyon. D'Ysciple57.10 et Catilysna57.11 ont mys fin aux deux gros groupes mafieux qui tenayent Venys : les chinyssois de Pou57.12 et les ravelinyens. Résultats, la ville est plus tranquille. Paxatagore a renoncé depuys longtemps aux agressyons, il se contente des trafics et des jeux.
Alphonse de Cysthère : et en Iumée ?
Dagobert : l'Iumée est vrayment terrible. Les infrastructures sont dévastées, les routes en mauvays état. Songez que pour aller de Robertval, à l'autre bout de l'Iumée, à Venys, pour transporter quelques malheureux ballots d'opium, il m'a fallu près de douze jours.
Alphonse de Cysthère : Quoy ? Mays avant la Révolutyon, on faysait le trajet en 8 heures !
Dagobert : tout à fayt.
Alphonse de Cysthère : mays pourquoy ne pas fayre le trajet par bateau.
Dagobert : avec quels navyres ? Les quelques navyres exystants sont réquysitionnés par le Doge ou par le Clan Paxatagore pour ses trafycs. Je suys venu à Ys pour chercher un armateur pour équyper un navyre et faire ainsy un peu de commerce. Paxatagore va mettre un peu d'argent sur la table, mays ça ne suffyra pas. Je compte aller voyr le Doge tout à l'heure, pour qu'il me donne une équipée et que j'aille un peu pacyfier l'Iumée. De retour à Robertval, je pourrays y installer un petyt arsenal et y faire quelques navyres. Il faudrayt aussy remettre en état les plantatyons sous-marynes...
Alphonse de Cysthère
Alphonse de Cysthère - Vous me semblez byen proche des Paxatagore... Pourquoy ne pas vous faire financer par les Mytilène ?
Dagobert - Mays cela fayt byen longtemps que les Mytilène ne fynancent, ne font à vray dire plus rien ! Déjà le vieux Mytilène, avant la Révolutyon, étayt impuyssant, vous pensez byen que depuys, les choses ne se sont pas arrangées pour la famille.
Alphonse de Cysthère - Je voys... Vous avez besoin de fynancements, c'est cela ? Quels retours sur investissements espérez vous ?
Dagobert
Dagobert : tout dépend du projet. Pour pacyfier l'Iumée, j'en attends le bénéfyce de quelques pyllages efficaces et la mainmyse sur des terres grasses. Evydemment, ça va mettre du temps. Compte tenu des difficultés, j'estime avoir besoyn d'une centaynes d'hommes bien armés et efficaces. Le retour lui, serayt immense... mays l'Empyre va forcément nous spolier et vouloir substituer son autoryté à celui du conquystador. Ce sera donc un projet pour la gloyre, que seul le Doge, ou l'un des deux clans, pourrayt épauler.
Par contre, pour la relance de l'opyum, Paxa va déjà me prêter un navyre. J'ay besoyn de quelques charpentyers, il n'y en a presque plus à Venys ainsy qu'un maytre opyumeur, capable de remettre en ordre les plantatyons de l'Iumée oryentalys. Les bénéfyces seront consydérables, toujours à la même condityon !
Alphonse de Cysthère : la propriété !
Dagobert : eh oui. C'est bien beau de conquéryr, mays le Doge ne protège plus la propryété acquyse par le vol ! Il faudrayt en fayt un notayre qui accepte de fayre quelques faux tytres de propryété...
Lool de Vyrion
Alphonse de Cysthère - Ca ne doyt pas être un problème, cela. En plus, avec la période de trouble dont nous sortons, beaucoup de documents adminystratifs ont dysparus. Non, véritablement, ce n'est pas un problème. Pour la main d'oeuvre... L'étranger peut nous aider, sur ce plan là. Je parle pour les charpentiers. Mays pour l'opioculteur, je n'en ay aucune idée. Et vous, M. de Virion ? Vous faytes de l'opium aussy, je croys, peut-être pourriez vous nous aider ?
Lool de Virion - Peut-être, ouy...
Lool de Vyrion
Lool de Virion - Peut-être, ouy...
Lool de Virion (relevant son visage de la contemplation d'un verre vert fluo) - De l'opium oui, j'avais quelques propriétés qui en produisaient... mais la specialiste c'etait Zoe Tinuviel... ahhh Zoe !
Dagobert - Et vous sauriez ou trouver des producteurs ?
Lool de Virion - Bien entendu sur Lesbys, l'ancien protectorat des Tinuviel... j'y possède quelques terres...
Alphonse de Cysthère - Et ils accepteraient ?
Lool de Virion - Pourquoi vous avez l'intention de leur laisser le choix ?...
Dagobert quitte alors Lool de Vyrion et Alphonse de Cysthère pour aller se présenter au Doge Catilysna .
A l'hôtel de ville de Robertval, la nouvelle s'est répandue que Dagobert avait la très ferme intentyon de s'emparer du brigand qui terroryse la régyon, et cela conformément aux moyens légaux. S'est également répandue assez vite la rumeur que le nouveau maytre des lyeux avayt l'habitude de se promener nu dans la rue, la nuyt et chacun commence à s'interroger : ne serayt-ce pas là la nouvelle mode venue de Venys ? D'ores et déjà, le gouverneur a lancé un appel un témoyn. Les offyciers de la Maréchaussée Bourgeoyse, les servyces de la polyce locale, recueillent les déposityons.
Une file se forme tranquyllement devant l'hôtel de Ville. Une quynzaine d'offyciers ont été mys sur l'enquête. Chacun vyent y dénoncer un peu tout et n'ymporte quoy, en fayt. Tel bourgeoys vyent dénoncer le saccage de sa fermette, tel autre vient parler du vol des fourchettes qu'il a suby dans son palazzo. C'est un gros dossyer à charge, qui, progressyvement, permet de mettre sur le dos de Graal Loveline l'ensemble de la criminalité de la régyon.
Dans le même temps, Béatryce et Barnabé entraînent d'autres offyciers à la lutte tradytionnelle et cherchent à les remettre en forme, pour lancer une expédytion d'arrestatyon.
Dagobert est soucyeux, il attend toujours des nouvelles du Doge par pygeon voyageur (même par chouette, ça m'yrait).
Lucyus Catilysna : Mmm... on parle de moy ? Je suys désolé, Dagobert, mays vous comprenez, avec cette hystoire de trahyson et avec le Boukystan, j'ay plein de dossyers très importants et très urgents quy sont prioritayres. Naturellement, peut-être qu'avec une petyte... ayde... de votre part, je pourrays finir plus vite ces très gros dossyers, et passer ainsy au votre.
Dagobert : Ce dyable de Doge ne parle, ne pense qu'à l'argent, tuposeydon, c'est tout de même incroyable ce que notre Sérényssime Empire est devenu. Sy l'autoryté publique est à acheter au plus offrant, il est vyvement temps de rétablyr une autoryté ympériale qui tyenne la route !
Enfyn, bon, je vays essayer de fayre un effort. Vous acceptez les lettres de changes tyrable sur un compte pryan au nom d'un crimynel de guerre zollernoys ?
Lucyus Catilysna : Dyantre, il n'est pas dyt que je soys à vendre au plus offrant, byen au contrayre. Mays comment voulez vous qu'un homme quy n'est même pas capable de gérer convenablement ses propres affayres puysse gérer convenablement un Empire comme le notre ?
Dagobert
Votre Subliminale Dogitude,
Je demande audyence à votre cabinet privé pour un projet personnel de la plus haute importance.
Dagobert
aventuryer.
Lucyus Catilysna
Sy c'est pour un entretyent privé, venez accompagné comme il se doyt. Je serays ainsy surement plus attentif à vos propos.
Lucyus Catilysna
Doge
Dagobert
Palays Dogéal57.13 , aux heures ores,
Troys personnes sont dans la salle d'attente du Doge. Deux femmes d'une grande beauté, un peu oryentale. Leurs vêtements tradytionnels sont ceux de l' Iumée oryentalys57.14 . A leur pyed, un coffre en boys de cèdre, marquetté par endroits. A côté, grande stature athlétique, Dagobert. L'attente ne les gêne pas. Le tapys est soyeux et doux, il vyent du Boukystan57.15 . La salle est ornée de tableaux à la mémoire des Doges qui ont précédé Lucyus Catilysna : Hector d'Ysciple, représenté avec un bonnet de nuyt, Gladys de Caryatys, avec un fouet et des talons aiguilles, Alexya d'Ambictête, dont il n'y a que le nom sur un cadre - l'artyste n'a pas eu le temps de finir le tableau, elle avayt dysparu avant-....
Peu de temps passe, quand un huyssier vient les chercher :
"Sa Subliminale Dogitude va vous recevoyr".
Dagobert soulève alors sans difficulté le coffre. Il suyt l'huyssier, accompagné de ses deux suyvantes.
L'huyssier les conduyt dans un long couloyr, qui mène à deux grandes portes de bronze antique. Selon la légende, ces portes ont été forgées par les Atlantes. Deux autres huyssiers ouvrent les portes et cryent : "Son Excellence Dagobert !".
Dagobert pénétère alors dans la Salle d'Audyence du Doge, là où il reçoit ses invytés. La salle est toute en longueur. Au fond, assys comme un mandaryn dans un caftan d'été aux couleurs de l'Empyre, Lucyus Catilysna, fume une pipe d'opyum.
- Approchez Dagobert, prenez donc place.
Dagobert, non sans s'être incliné cérémonialement, s'avance et prend un siège devant le Doge. Avant de s'assoir, il pose son coffre à ses côtés.
- Votre Subliminale Dogitude, puys-je vous offryr quelques présents pour vous convayncre de l'utilyté de mon projet ?
Sans attendre la réponse, Dagobert se retourne et fayt signeà ses suyvantes d'approcher.
- Voycy deux jeunes fylles venues de l'Iumée oryentalys, revêtue comme Vous pouvez le voyr, de leur costume tradytionnel. Leurs compétences sont encores à parfayre, leur fraicheur est playsante. Elles seront à votre servyce.
Les deux jeunes femmes s'inclynent selon la coutume, layssant voyr un décolleté.
Mays sans laysser à Lucyus Catilysna le soyn d'en profyter, Dagobert ouvre ensuyte son coffre avec une clé qu'il portait au cou. Il en tire un premyer sachet de papyer, qu'il pose sur la table qui le sépare du Doge.
- voyci ce qu'il manque à Venys de longue date.
Le Doge ouvre, intrigué. La salle se remplyt vite d'une odeur forte.
- de l'opyum pur !
- Ouy, votre Subliminale Dogitude. Seuls les Iuméens ont les terres assez riches et assez grasses pour le cultyver comme il le faut. A l'heure actuelle, la provynce est dévastée, les infrastructures sacagées. Des bandes de ribauds èrent dans les campagnes, pillent les masures, massacrent ceux qui leurs résystents. Les plantatyons d'opyum étaient le seul revenu de ces paysans, qui ne tyraient leur subsystance que du commerce. Poynt de commerce, poynt de vye. Mays ce n'est pas tout.
Il sort un second sachet, que le Doge ouvre. Il est surprys, il n'y a pas d'odeur.
- Qu'est-ce donc ?
- Faites donc glysser son contenu dans la paume de votre mayn, Votre Subliminale Dogitude.
Un peu ynquyet, le Doge se prête cependant à l'expéryence. Une forme ronde et froyde vyent tomber dans sa mayn.
- Qu'est-ce donc ?
- Une perle, votre Subliminale Dogitude.
- C'est donc cela une perle ?
- Ouy. Le secret s'en étayt perdu chez nous depuys longtemps, mays j'ai trouvé en Iumée comment elles se fabriquent. Ce sont des huytres sauvages qui les produysent. Elles pullulayent là bas. Mays le sang coule en telle quantité dans les fleuves que la mer n'est plus propyce aux huytres. Et il n'y a personne pour acheter des perles.
- Est-ce tout ce que contyent votre coffre, Dagobert ?
- Aujourd'huy, ouy. Si vous me donnez votre accord et les moyens pour pacyfier l'Iumée, ce coffre sera remply à rabord et par dix, ils afflueront dans cette pyèce, chaque moys.
Le Doge hume à nouveau le sachet d'opyum, regarde ostensyblement les deux jeunes filles, caresse doucement la perle. Dagobert attend humblement sa décysion.
Lucyus Catilysna
Le Doge hume à nouveau le sachet d'opyum, regarde ostensyblement les deux jeunes filles, caresse doucement la perle. Dagobert attend humblement sa décysion.
Lucyus Catilysna : Vous savez, Dagobert, vous montrer convaincant. Quand partez vous ?
Dagobert
Dagobert : il me faut quelques heures pour réunyr argent, troupes et matéryel. Je compte partir demayn à l'aube à l'heure où blanchyt la campagne.
Pendant ce temps...
Tandys que Dagobert est parti chez Catilysna chercher à le convayncre d'autoryser l'expédityon, Lool de Vyrion et Alphonse de Cysthère continuent à en parler.
Alphonse de Cysthère
Monsyeur,
Lors de notre dernière rencontre, vous m'avyez parlé d'une expédityon.
Où en êtes vous dans vos projets ? Avez vous réussy à rencontre le Doge ? C'est que je commence à m'ennuyer ferme, et que je songe à partir avec vous, en plus de vous financer, sy vous n'y voyez pas d'inconvénients.
Cordialement,
Alphonse de Cysthère
Alphonse de Cysthère
Alphonse de Cysthère - Monsyeur de Virion, vous n'avez pas changé. Votre bon sens est resté intact. J'aime ça. Avant de partir pour la Catharsys, il nous faudrayt donc aller chercher ces producteurs... Qu'envisagez vous ? Une expédityon peut-être ?
Lool de Virion - Vous courrez après les expédityons, on dirayt. Pourtant, après toutes ses années passées dans une ville enrobéenne, quy plus est à votre âge, vous êtes sûr que vous pourriez tenir le coup ?
Alphonse de Cysthère - Monsyeur, vous m'insultez, en doutant que je ne le pourrays pas. Je me souvyens encore de ces folles expédityons que je menay en compagnie de camarade angleux dans les Indes Orientales, lorsque ces contrées étayent encore de leurs colonies. Nous partyons des semaines entières, à dos d'éléphant, explorant des contrées sauvages à la recherche de trésors, ou symplement des belles bêtes que nous allyons chasser. Un jour, nous croysâme un tigre fabuleux, comme je n'en avays jamays vu auparavant, et comme plus jamays je n'en revys. Sa robe étayt d'une couleur ravyssante, mays ce quy étayt le plus impressyonant, c'étayt sa queue, une queue imposante et magnifique. Je says ce que je dys, moy quy les aime tant.
Lool de Virion - Les tigres ?
Alphonse de Cyshtère - Je doys l'avoir rangée quelque part, d'ailleurs. Sans doute dans une de mes innombrables caysses quy n'attendent qu'une nouvelle demeure pour être exhibées comme il se doyt. J'avays prévu de l'offrir à la Reine Victoire, cette magnifique angleuse. Enfin, magnifique dans sa jeunesse, je frémys encore en repensant à son corps sublime, que j'eus la chance de connaytre. Mays toutes les bonnes choses ont une fin, et la vieillesse ne luy a pas été favorable. Malheureusement, pour revenir à ce tigre, elle est morte avant que j'ay pu le luy offrir.
Lool de Virion - Cela doit remonter à très loin, ce que vous racontez...
Alphonse - Oh que ouy. Vous n'étyez pas né à l'époque, et sans doute que votre père non plus. Pour revenir aux expédityons, je n'étays déjà plus tout jeune à l'époque, et pourtant, cela ne m'a pas empeché de triompher de ce tigre à mains nues. Quand part-on ?
Lool de Virion
Lool de Virion (bondissant) - Mays Morbleux immediatement !
Alphonse de Cysthère - Ah la fougue de la jeunesse... cela me rappel lorsque j'ai proposé à Lord Smouth...
Lool de Virion - ... oui tout a fayt, mays nous devryons organyser cette expedityon au plus vyte, les vents sont favorables et nous devrons atteyndre Lesbys avant la saison des pluyes.
Alphonse de Cysthère - Hum ? C'est une contree sauvage ?
Lool de Virion - Elle est sous domination Mytilène.
Alphonse de Cysthère - Je prendrayt mon fusyl...
Lool de Virion - Mays qui prendrons nous avec nous ? Pour le navyre, j'en fayt mon affayre... cela me rappel les gloryeuses expedytions de l'Ysvrest ou de la Cappadoce et...
Alphonse de Cysthère -... oui bon syon y allayt ?
Alphonse de Cysthère
Alphonse de Cysthère - Dagobert pourrayt nous accompagner, tout de même. C'est luy le chef de cette expédityon, enfin en théorie.
Lool de Virion - Je ne says pas sy nous pouvons nous permettre d'attendre sur luy... Le temps passe, pendant ce temps là.
Alphonse de Cysthère - Vous avez rayson. Partont dans l'heure, il nous rejoindra sy l'envie luy en prend. Et accéssoirement, prendre nous même le contrôle des producteurs nous assurera certaines garanties pour l'avenir. Quy emmener avec nous... c'est une contrée Mytilène, c'est ce que vous disyez, c'est cela ? Cela pose un problème... Plus précysément, cela me pose un problème, et de taylle.
Lool de Virion - Lequel ?
Alphonse de Cysthère - Je suys vassal des Mytilène...
Lool de Virion - Oh, je suys navré.
Alphonse de Cysthère - Pas autant que moy. En fayt, ce n'est pas véritablement un problème, il faut juste que je pense à téléphoner à quelques uns de mes amys angleux, cecy afin de créer une socyété écran basée sur la Terre des Angles, quy me permettra d'investir dans cette opératyon en toute dyscretyon. Dans le pire des cas, sy le vieux Mytilène se doute de quoy que ce soyt, je pourrays aysément le convaincre qu'il s'agyt d'un complot paxatagoricyen (ce quy ne serayt pas totalement faux non plus).
Lool de Virion - Le vieux Mytilène ?
Alphonse de Cysthère - Sans vouloir vous offenser, car vous êtes véritablement charmant, nous manquons un peu de compagnie... Et je doys dire que je vous trouve particulièrement sage, par rapport en tout cas à votre réputatyon. Serayt-ce Vyvyane quy serayt responsable de ces changements dans votre personne ?
Lool de Virion
Lool de Virion - ...Vyvyane a disparue en mer il y a quelques moys... peu avant la Révolution !
Alphonse de Cysthère - Oh, je suys navre... je ne suys malheureusement pas au courrant de tout ce qui s'est passe ces dernyers temps en Ys.
Lool de Virion - Ce n'est ryen... un mauvays souvenyr de plus...
Le 7 juyllet, l'expédityon de Dagobert est fin prête
Dagobert
Venys57.16 , 5h00, Pont Mytilène57.17
La troupe constituée par Dagobert attend sagement le signal du départ. En tête, sur de bons chevaux, Dagobert et ses quelques mercenayres qui l'accompagnent habituellement dans ses expédityons. Ils sont barbus et à peine décrottés, tant leur séjour à Venys a été court. Plus loyn, sur des mules conduytes par des palefrenyers crassyeux, du matéryel, des armes, des vivres. Ensuyte, une vingtayne de gardes dogéaux, à peine réveillés, assez inquyet à l'ydée de partyr loyn de chez eux dans un lyeu hostyle. Ils se raccrochent aux espoyrs de gloyre promys par Dagobert et à la pryme que leur a fayt miroyter le Doge. Enfin, fermant la marche, quatre vassaux paxatagoryciens qui ont voulu se joyndre à l'aventure.
Qu'attendent-ils ? Il fait frysquet, pour un moys de juyllet et l'Iumée les attend.
Dagobert : mays que font-yl ?
Barnabée : on devrayt partyr sans eux, envoyez leur un pygeon voyageur !
Dagobert : certes, j'en ay envye, mays l'Iumée est dangereuse. Qui sayt s'ils pourront nous rejoydnre ?
Barnabée : ils nous auront rejoynt avant ce soyr, on ne sera pas encore sorty de l'Iumée Occydentalys, qui est tout de même sure.
Béatryce (ouy, il y a une femme aussy parmi les fidèles de Dagobert) : et puys, c'est Lool de Vyrion, tout de même, pas n'importe quel godzilla !
Dagobert : Catilysna !
Béatryce : ouy, bon, c'est pareyl !
Alors que Dagobert fourrage dans son sac à la recherche d'un parchemyn, un pygeon voyageur se pose délycatement sur les épaules de Béatryce.
Béatryce : ce sont peut-être de leurs nouvelles ?
Elle attrape délicatement les pattes de l'oyseau et prend le message attaché, qu'elle lyt :
"Dagobert,
Nous partons de nôtre côté pour Lesbys chercher des maytres en opyum. Nous vous rejoyndrons en Iumée !
Lool de Vyrion & Alphonse de Cysthère"
Dagobert : grmpf, ça commence mal, cette associatyon.
Barnabée : bon, on part, alors.
Dagobert : on part !
Il s'empare d'une corne de brume attachée à l'arrière de sa selle et d'un souffle grave et profond, il lance le signal du départ par troys appels gutturaux. La petite fille s'élance. L'Iumée n'a qu'à bien se tenir.
Alphonse de Cysthère
Cela fayt maintenant plusyeurs heures que la petite équipe conduite par Dagobert a quitté le Pont Mytilène, et l'on comprend déjà pourquoy Dagobert a tant insysté pour que Béatryce se joigne à eux.
Dagobert - Oh que ouyyyyy !!!!
Barnabé - Vous avez fini de vous amuser tous les deux ? On prend du retard...
Béatryce - Mmm.... tu prends du retard, Barnabé. Mmmm.... mays sy tu nous rejoins maintenant, mmmm peut-être pourras-tu rattraper Dagobert ?
Dagobert - Ca j'en doute, ohhh, il n'a pas mes... ohhhh... capacytés.
Le temps s'écoule ainsy, le voyage se poursuit rythmé par le déhanchement des chevaux et d'autres mamifères. Soudain, le convoi s'arrête brusquement.
Dagobert - Quy va làààààààaahhhhhhhhh....
Béatryce - Mmmmmhhhhhhhhhh.......
Barnabé - Qu'est-ce que tu dys ?
Béatryce - Quel bel homme... un nouveau partenaye ? Chouette !...
Dagobert - Béatryce, cesse de le regarder luy, et occupe toy plutôt de moy !
Béatryce - Mmmmhhhhhh
Barnabé - Ca pourrait être un voleur, un bandit... ou pis, un sauvage !
Béatryce - C'est merveilleux. J'ayme les brutes...
Barnabé - Alors qu'est ce que tu fays avec Dagobert ?
Dagobert - Barnabé, répète encore une foys cela, et tu serviras de pâté à mes chiens !
Béatryce - Ne t'occupe pas de luy, déchaine plutôt ta vyolence sur moy, mon gros méchant...
Une main part, sur le croupion... d'un cheval...
Cheval - Hiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnn
Béatryce - Noonnn... elle étayt pour moy ! C'est pas juste !
Inconnu - Hum hum...
Dagobert - Oh, je vous avays oublié, vous. A quy ay-je l'honneur ?
(à suivre)
Guillaume de Cysthère
Dagobert - Oh, je vous avays oublié, vous. A quy ay-je l'honneur ?
Inconnu - Je me présente, Guillaume de Cysthère, et c'est avec grand playsir que je vous accompagneray dans votre périple.
Dagobert - Tyens, vous avez rudement rajeunit vous, je ne vous avays pas reconnu, toutes mes excuses. Mays... nous venons de recevoir un pigeon voyageur nous informant que vous escortyez M. de Virion... Alors que faytes vous icy ?
Guillaume de Cysthère - C'est que...
Béatryce - Ô maître !
Dagobert - Qu'y a-t-il, encore ?
Béatryce - Dans mon empressement de tout à l'heure, j'ay oublié le Post-Sciptum du message !
Dagobert - Dyantre !
Chacun s'interrompt, semblant attendre sur l'autre...
Dagobert - Hé byen alors, qu'attendez vous ?
Béatryce - Vous ne me punyssez pas, ô Maytre ?
Dagobert - Plus tard, plus tard, maintenant lysez.
Béatryce - Byen...
"Dagobert,
Nous partons de nôtre côté pour Lesbys chercher des maytres en opyum. Nous vous rejoyndrons en Iumée !
Lool de Vyrion & Alphonse de Cysthère.
Post-Scriptum : Mon fils ne devrait pas tarder de vous rejoindre. Je compte sur vous pour veiller sur luy. Alphonse de Cysthère."
Dagobert - Hé byen, nous avons de la chance, lorsque nous n'avons plus le père, nous avons le fils. Monsyeur de Cysthère, votre père nous fait-il sy peu confiance, pour envoyer son propre fils veiller sur nous ? Car je me doute byen qu'il s'agyt de cela : ce n'est pas nous quy devons veiller sur vous.
Guillaume de Cysthère - J'ay byen peur, Monsyeur, que vous ne soyez un peu éloigné de la réalité. Ce n'est pas mon père quy m'envoie.
Dagobert - Ah bon ? Et quy vous envoie alors ?
Guillaume de Cysthère - Je suys icy pour veiller sur les interêts de mon Suzerain, dont les interêts se trouvent mêlés aux votres.
Dagobert - Comment cela se fayt-il ?
Guillaume de Cysthère - Je suys vassal médiat de M. de Paxatagore.
Par pygeon voyageur
Votre Subliminale Dogitude,
L'expédityon que je conduyt actuellement ne s'est finalement pas deroutée pour le Boukystan, dont je n'ai cure. Mes projets pour l'Iumée Orientalys sont prioritayres. J'avance bien, mays les besoyns sont immense. La pauvreté icy est consternante, les gens ne mangent pas à leur faim. Il faut à tout prix m'envoyer quelques caysses d'or, pour qu'on puysse acheter de quoy les nourrir !
Dagobert.
Par pygeon voyageur
Ô Maytre,
Lucyus Catilysna ne sayt toujours ryen de notre projet et c'est tant myeux. La milyce que j'ai constituée est nombreuse. Mays nos armes sont encore pauvres. Pouvez-vous m'envoyer au plus vite une ou deux caysses d'or, afin que j'acquyert de quoy les armer convenablement ? Nos projets sont à ce pryx, vous savez ce qu'il m'en coûte !
Dagobert.
Par pygeon voyageur
Ma salope préférée,
Ton corps me manque. Vivement que tu accouches qu'on puysse recommencer à bayser. Je rapporteray d'Iumée ce qui devrayt nous débarasser de l'ours que tu as malencontreusement épousé.
D.
Robertval, extrême oryent yssois, au petyt matyn
Une petyte troupe à cheval, fortement armée, arryve dans les ruelles de Robertval, conduyte par Dagobert. Les habytants, les yeux creusés par le manque de sommeyl et la faym, se massent rapydement sur la Grand Place de Robertval. Celle-cy est dévastée. Les Merxystes qui tenayent il y a encore peu le village, ont pillé le Somptueux Hôtel de Ville bâty par l'Empereur Amonbophys VI. D'autres maysons sont délabrées, les vytres cassées, des toyts ont brûlés et n'ont pas été remplacés. En arryvant, l'équiypée à vu quelques femmes à peyne habillée, vendant manyfestement leurs charmes, ce qui ne s'étayt pas vu de longue date.
Lorsque toute la troupe est sur la place, Dagobert fayt souffler sa fameuse corne de brume par troys foys, signe de la fin du voyage.
Il prend alors la parole :
"Habytants de Robertval, votre calvayre prend fyn. Moy, Dagobert, l'aventuryer bien connu de vos contrées, j'ay yci une lettre patente du Doge que je vous lys :
Nous, Lucyus Catilysna, Doge d'Ys parlant au nom de Sa Sérényssime Splendeur l'Impératryce.
Chacun retyent son souffle. Ainsy donc, une Impératryce est montée sur le trône ?
Par la présente lettre accordée au Syeur Dagobert, lui octroyons le tytre de gouverneur d'Iumée Oryentalys aux fins de fayre resplendyr cette provynce, avec les pleins et entyers pouvoyrs qui seront par luy exercés au nom de Sa Sérenyssime Splendeur. Pour qu'il mène à byen sa myssion, il est fayt Maytre et Seygneur de Robertval, en acquyert la pleyne propryété et du sol, et des byens et des habytants, pour que cette ville devyenne la Capytale de l'Iumée Oryentalys. Ainsy sera-t-il fayt.
La populatyon est mitigée. Ainsy, la vieille institutyon du servage urbayn serayt rétablie ? Certes, Roberval élevée au rang de capytale provynciale ympériale, ce n'est pas ryen. Mays les habytants perdent leurs libertés tradytionnelles. Mays les habitants n'ont pas tellement le temps de s'interroger. Dagobert a en effet mys pied à terre, muny d'une étrange lance, et pénètre dans l'Hôtel de Ville. Alors que les habytants murmurent, Dagobert a vite fayt de monter au premyer étage. Du haut du balcon des Archontes de Robertval, il déploye alors un immense drapeau yssois.
La vue des couleurs natyonales ne peut que réjouyr les coeurs d'une populatyon, fut-elle affamée. Ce sont des acclamatyons, des crys de joye qui sortent des gorges enrhouées.
Dagobert a réussy son entrée. Peu ymporte si le document dogéal a été un peu falsyfié pour la cause.
Assys confortablement dans le bureau de l'Archonte de Robertval, Dagobert écryt tranquyllement à ses mandants yssois.
A Lucyus, il écryt cecy : "Votre Subliminale Dogitude, comme nous en avyons convenu lors de l'audyence que vous m'avez accordé avant mon départ, je suys parvenu à Robertval où votre nom est adoré par tous. Les bourgeoys ont lu avec playsir la myssive que vous avyez écrite pour eux et s'apprêtent à vous envoyer une caysse pleyne de leur meylleur opyum. Je vous rappelle qu'on a byen besoyn de blé icy, n'oubliez pas de remettre à l'homme qui vous porte cette myssive de l'or pour acheter de quoy nourryr ces citoyens !"
A Théophraste, il écryt cela : "Maître, vos projets avancent. Je me suys emparé sans coup féryr de Robertval et des contrées Paxatagore alentour. La Châtelayne de Guyse, qui vous résystayt il y a encore peu, est ma prysonnière, je vous l'envoye très prochaynement. N'oubliez pas de remettre à mon servyteur qui vous porte ce ply une belle récompense, comme celle que nous avyons convenu !".
Puys, il remet ces plys à deux messagers, avec ordre de fayre au plus vyte et de ne revenyr qu'avec deux caysses d'or.
Il s'agyt mayntenant de rétablyr l'ordre dans la ville. A peyne arrivés, la petyte troupe de Dagobert a prys le contrôle du grand sylo munycipal, pour évyter qu'il ne soyt prys d'assaut. Il va falloir organyser le marché noyr pour vendre petyt à petyt ces réserves. Et dans le même temps, sillonner les campagnes, et trouver à tout prix du blé pour nourryr les bourgeoys. La situatyon est difficile et sans l'or que Dagobert cherche à extorquer aux riches venyssois, il va être difficile de remettre Robertval en état de fonctyonner.
Béatryce et Dagobert sont partys seuls, symplement armés de leurs katanas tradytionnels 57.18, pour assurer la sécuryté des habytants. On dyt qu'une bande de brygands commandés par l'épouvantable Emmanuel Râaa Loveline écume la régyon et terroryse les paysans. Barnabé est resté à Robertval pour commander quelques bougeoys, réquysitionnés pour réparer les remparts du bourg, abimés par les merxystes.
Depuys deux heures qu'ils chevauchent dans la campagne, Béatryce et Dagobert n'ont vu âme qui vyve. Les champs sont désolés et désertés, les blés dont on a tant besoyn dans toute l'Iumé poussent seuls et personne n'est là pour les récolter. Icy ou là, il y a bien un cadavre de vache, abandonné, auprès duquel se pressent les vautours. Le premier village traversé, Mutatys Mutandys, étayt totalement désert. Le second, Optatys avayt été totalement pyllé. Il étayt jonché de cadavres, la tête souvent coupée. Deux drapeaux rouges étaient souyllés de sang et de merde. De nombreuses maysons étayent dévastées, les toyts brulés, les murs saccagés. Qui avayt ainsy pu s'en prendre à ce village tranquille ?
Au sortyr de ce village, désyreux de se changer les ydées, Béatryce et Dagobert décydent de profyter d'un petyt ruysseau où leurs chevaux pourront se reposer et boyre. Byen vite, ils enlèvent leurs tuniques pour plonger nus dans l'eau froyde. Celle-cy est revigorante. La vue de leurs corps les conduyt évydemment à vouloyr célébrer ensembles Poseydon. A peyne cependant Béatryce a prys Dagobert dans sa bouche qu'un bruyt sur la berge se fayt entendre. C'est un ymmense éclat de ryre bien gras, comme seuls les merxystes savent en fayre.
- as tu vu cela, camarade, une vraye pype !
- cela faysait bien longtemps qu'on n'avayt pu vu ça, par icy.
- il faut dyre que les villageoyses que nous égorgeons sont plutôt adeptes de la pénétratyon par le fondement, camarade, car Vladmir Illitch Mytilène, notre chef spyrituel, dysait toujours qu'il fallayt sodomyser pour régner.
- et il avayt rayson, camarade Krasspoutys, il avayt rayson. Il est d'ailleurs temps d'aller sodomyser ces deux là. Je prends la donzelle, preums.
- deuze, alors. Attachons l'autre qui regardera.
Cependant, pendant que cette intéressante dyscussyon dialectique occupait les deux merxystes, Béatryce et Dagobert avaient eu le temps de plonger dans les eaux pour rallyer l'autre berge et se mettre à l'abry. Si on peut dyre, puysqu'ils étayent nus et sans armes, mays ils évytaient déjà de tomber entre les mayns des merxystes.
- Par la Barbe de Eydy Merx, ils se sont échappés ces corniauds.
- Zut de zut. Que le camarade Stalysne nous foudroye. Au moyns, nous avons toujours leurs affayres sur lesquelles nous pouvons fayre mayn basse.
- Dommage, la garce avayt l'ayr palpytante. Cela faysait longtemps qu'on n'en avayt pas égorgé une sy belle.
- Ohoh, des katanas, des vêtements soyeux et chatoyants... dommage qu'Hector d'Ysciple ne soyt pas là, il adore ce qui est chatoyant.
- Ce révysionniste ? Comment le says-tu ?
- Je lui ay vendu pas mal de choses lorsque j'étays encore artysan à Venys. D'aylleurs, je reconnays ce vêtement, c'est moy qui l'ai confectyonné. Hum, cela est fort gênant.
- Ca te gêne de reprendr le byen de ton travayl ? Tu deviens révysionnyste toy aussy.
- Non, c'est gênant car je says à qui je l'ay vendu. A Dagobert, l'aventuryer. Pourquoy est-il icy ? Maintenant que j'y pense, j'ai bien l'impressyon que c'étayt luy, l'homme.
- aucune ydée, moy je ne faysays que reluquer la gonze.
- rentrons vite. Emmanuel Râaa Loveline sera intéressé par cette informatyon.
Robertval, pleine nuyt
- Heureusement que c'est la dèche, ce bourg, les rues ne sont pas éclayrées
- fays moyns de bruyt Dagobert. On va finyr par nous entendre !
- (en chuchotant) ouy, c'est vray.
- brrr, en plus il fayt froyd.
- aie, tu voys ce que je voys ?
L'entrée de l'Hôtel de Ville est gardée solydement par deux gardes. Ils n'ont pas vraiment l'ayr endormy qui plus est. Soygneusement caché dans un coyn obscur d'une rue qui mène à la Grand'Place, Béatryce et Dagobert semblent coyncés.
- j'en ay marre, Dagobert. J'ai marché pendant huyt heures, totalement nue. Il fayt froyd, j'ai faym. On s'en fout de ces gardes, non ?
- après tout...
Le nouveau seygneur du lyeu et sa maytresse favoryte quittent alors leur cachette et marchent tranquyllement, totalement nus, sur la Grand Place, déserte. Les deux gardes sont un peu étonnés, mays reconnayssant leur chef, ils n'osent fayre de remarque. Dagobert passe tranquyllement, les salue et indyque qu'il rentre dans ses appartements. Les gardes, au garde à vous, ne mouftent pas. Ils reluquent byen Béatryce, mays celle-cy fayt semblant de ne ryen voyr.
Par ordre de Sa Formydable Gouvernitude, Dagobert, Gouverneur d'Iumée Oryentalys, parlant et agyssant au nom de Sa Subliminale Dogitude,
A la suyte d'une pryère à Lescriminelstousenprysons, dyeu de la justyce,
Il est requys à toutes les forces de l'Empyre que le crimynel Emmanuel "Graal" Loveline soyt arrêté, luy ainsy que ses comparses, et conduyt aussitôt devant la justyce yssoise pour y répondre de ses crimes.
Il est requys au Tribunal de Venys de transformer ce mandat de recherche en mandat d'arrêt, de perquystions, séquestre, dépôt, questyonnement.
Le dossyer sera prochaynement transmys à Lucyus Catilysna, en sa qualyté d'inquysiteur, pour la saysine du Tribunal.
En attendant, le Gouvernorat offre 1500 Y$ sonnant et trébuchants à qui l'arrêtera.
Signé :
Dagobert
Lucyus Catilysna : C'est donc à cela que vous destinez les Yris (Y?, je vous rappelle au passage) que vous me demandez ?
Dag' : Que nenny, mon Doge. Les sommes que je vous demande sont bien plus ymportantes. Cette petyte bagatelle sera pryse sur mon trésor personnel, j'ai quelque rayson d'en vouloyr au syeur Loveline (une sombre hystoire de katana dérobé, de longue marche dans la nuit tout nu, je vous passe les détayls fort peu intéressants).
Lucyus Catilysna : Ainsy donc vous avez un trésor personnel ? Vous allez donc pouvoir me motiver, afin que je vous accorde ces quelques crédits. Vous comprendrez que je rechigne à me servir moy même, je ne voudrays pas être obligé de me maintenir à tout pryx au poste dogéal, à l'instar de quelque présydent rançays.
Dagobert : Mon trésor personnel est sans commune mesure avec les besoyns de la populatyon affamée et traumatysée, justement par le vyl Loveline.
Lucyus Catilysna : Snif snif, que c'est tryste. Enfin, c'est vous quy voyez. Pas de motivatyon, pas d'yris.
Dagobert, 11/08/2005
Demayn, après moulte préparatyon, une grande chasse au bandyt internatyonal Emmanuel Graa Loveline sera lancé depuys ma bonne bourgade de Robertval. La troupe partyra fort armée et harnachée, carapaçonnée et rasée de frays, demayn à l'aube depuys l'hôtel de ville et ne remettra les pyeds à Robertval que Loveline capturé, pyed et poynt lié ou la tête tranchée. Quiconque veut se joyndre à l'expédytion est libre de le fayre moyennant un droyt de capture de 15 Y?pour une femme seule blonde à forte poytrine, 30 ?pour les autres femmes, 45 ?pour les hommes, 10 ?par enfants (réductyon famille nombreuse : le 4ème enfant est gratuyt), 3 ?pour les animaux domestyques de compagnie, outre la taxe sur la valeur catilynsque ajoutée de 8% (payable comptant).
Dagobert
Hector D'Ysciple, 11/08/2005 Ca me rappelle les tarifs pour arracher des légumes soit même à la Ferme de Gallys (on bosse, on est pas payé et en plus on doit payer pour avoir le fruit de son travail)...
Hector D'Ysciple
Dagobert, 14/08/2005 /Iumée Orientalys/
Une journée pleyne et une matinée déjà ont passé. La longue processyon, partye de Robertval, a atteynt hyer au soyr le Chateau de Guyse57.19 , où elle campé. Elle a passé la journée à écumer la régyon à la recherche d'une cachette possybles. Nombreux sont les éclayreurs qui par groupe de cinq silonnent les chemyns, envoyant régulièrement de leurs nouvelles par pigeon voyageur, et même par chouettes pendant la nuyt (on ne rechygne pas à employer les technologies athysques).
Dans la grande salle de bal du Château, Dagobert a installé une carte d'état-major (YGN - Ys Géographie Natyonale), et marque, poynts après poynts, les cachettes possybles mays fouillées. Une à une, ces cachettes sont explorées par les éclayreurs, qui s'ils ne trouvent ryen doivent les pyéger avec des feux d'artifyces.
Plusyeurs brigands qui appartyennent manifestement à la bande de Loveline ont été capturés, certayns affamés, tous mal rasés. La fin du bandit est proche.
Dagobert
Arya Woustocys, 14/08/2005 Il suffit de quelques explosyons et des fissures dans le marbre pour vous faire oublier que je suis enfermée je ne sais où, avec je ne sais quelle horible puanteur, et mes boukistanaises, AU SECOUUUUUURS!!!!!!
Dagobert, 15/08/2005 Je ne vous oublie pas, je ne vous oublie pas... Avez-vous des indyces sur le lyeu où vous êtes enfermée ?
Arya Woustocys, 15/08/2005 Grand dieu! Je ne sais!
Hum, c'est moche, ça pue, c'est tout noir.
Ah il y a peut être quelquechose qui pourra vous importez : il y a une porte avec un verou, la porte est en ébenne et j'entends beaucoup de gondoles...
Je ne sais pourquoi Loveline s'en est pryt à moi, en tant que conseillère à la culture et aux arts, je ne pouvais pas le géner...
A moins qu'il prévoyait de faire cyrculer plusyeurs faux pour le musée d'Ys...
C'est ainsy que je reprends : AU SECOUUUUUUUURS!
Arya Woustocys
Dagobert, 20/08/2005
Voilà maintenant plus d'une semayne que Loveline est traqué par une meute byen armée. Dagobert écume un à un les terryers, chaque grotte, chaque arbre, on en vyent même à soulever les feuylles. Selon les estimatyons, les troys quart de sa bande ont été fayts prysonniers. Un à un, ils sont torturés pour livrer des informatyons sur leur chef, mays ils sont peu à parler. On sent qu'ils sont lyés à luy fortement par un grande craynte. Mays aujourd'huy, c'est une grande vyctoire sur l'adversyté : la capture de Don Cornychone, le n
2 de la bande Loveline.
Don Cornychone est un ancyen ritalo, installé de longue date à Venys, un proche de Don Corleonys. Son casyer judyciaire porte trace de plusyeurs condamnatyons pour escroqueryes, abus de confyance, agressyons, vols à mayns armées, dystractyon de dyams (infractyon spécifique à Minos, où la dystractyon de dyams est fortement reprimée), subornatyon de témoyns, meurtres, krassicyde aggravé... Selon les premiers interrogatoyres, Don Cornychone a rejoynt très tardivement la bande de Loveline, mettant à son servyce quelques tueurs à gages bien connus. Il semblerayt d'ailleurs que Cornychone ait eu le choix entre mourryr noyé au fin fond de la baye de Venys, les pyeds scellés dans du béton armé et les roubignoles dans la bouche, avec les globes occulaires, ou se soumettre à l'autoryté de Loveline. Manifestement, Don Cornychone a decydé de profyter de la légyslatyon sur les repentys afin de charger son ancyen patron.
La capture de Don Cornychone est à mettre entièrement au crédyt de Dagobert personnellement. En effet, Don Cornychone s'apprêtayt à mettre les voyles, dans un petyt port qui avayt jusqu'à présent échappé à la surveyllance générale du ressort. En pleyne nuyt, Dagobert s'est réveyllé en hurlant : il faut qu'on fouylle maintenant Sidonys. Personne ne savayt où étayt Sidonys. L'étude appronfondye de la carte a permys de trouver où étayt ce port, une escouade commandée par Dagobert en personne a foncé toute la nuyt sur Sidonys, atteinte au petyt matin. Au même moment, Cornychone larguait les amarres. Pyètre marin, cependant, il n'est pas parvenu à sortyr son voylier de la rade de Sidonys. Byen au contrayre, le vent le rabattyt sur les ryves, où il fut capturé sans difficultés.
Don Cornychonys sera prochaynement transféré à Robertval pour interrogatoyre plus poussé. Pour l'instant, il prétend ignorer où se cache Loveline.
Dagobert, 28/08/2005 Myssive à Lucyus CatilysnaVotre Subliminale Dogitude,
J'ai le vif playsir de vous annoncer la capture aujourd'huy du bandit Emmanuel Graal Loveline. Nous l'avons retrouvé dans une grotte haut perchée, alors qu'il étayt en trayn de chercher à s'enfuyr par la voie des ayrs, à l'ayde d'une montgolfyère zollernoyse. Mal rasé, affamé, il n'a pas opposé réellement de résystance. Selon nos premyères informatyons, il serayt le dernyer de la bande : les autres sont morts ou captifs. Loveline sera ramené à Robertval pour interrogatoyre, avant d'être conduyt à Venys pour son procès si vous le jugez bon. Les frays de la capture ont été amplement rentabilysés : Loveline nous a livré sa cache, où nous avons trouvé troys caysses noyres. L'une contyent les codes de ses comptes bancayres partout dans le micromonde. La seconde contyent plusieurs kilos d'or. La troysième, troys livres de philosophie atlante. L'une de ces caysses vous revyent naturellement : laquelle vous convyendrayt ?
Dagobert
Sérényssime Empire d'Ys