Orthodoxie linguystique


Etudes et travaux sur la meilleure façon de parler l'yssois


L'orthodoxie linguystique est la scyence qui étudye la bonne façon d'écryre et de parler l'Yssois. La maytryse de l'orthodoxie linguystique est un préalable indyspensable avant de se lancer dans ces activités prysées par les Yssois, comme la justyce, la politique ou la littérature, où l'on fayt un usage extensyf de la langue. L'orthodoxie linguystique a, à Ys, la place que la rhétorique avait à Athènes ou à Rome.


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Débat entre Théophraste et Marilyse sur la questyon


Anaclet de Paxatagore

i ou y ?


extrait d'un mail de Marilyse Emphetuocle du 25 janvier de l'an III

Je me permets de vous signaler que vous mettez un peu de trop de "y" dans vos mails... on ne mets un y que là où se forme le son "ys" ou "sy" (voicy, remercyement, situatyon, mais : oreilles, était, exil... car il n'y a pas de son ys).

Réponse de Théophraste de Mytilène

J'approuve ce que dit SSD Emphétuocle SAUF en ce qui concerne l'orthographe. Il va de soy que l'on met un « y » dans le son « isse » ou « si », le premyer quidam venu le fayt (synon, c'est un crassyeux, pas de doute). Par contre, les gens byen nés - et M. Pallasalexandryde semble en fayre partie - changent également le « i » en « y » lorsque celuy-cy précède ou suyt une voyelle. Il y a byen sûr de multiples exceptyons que je vous épargne pour l'instan. On dit donc byen : oreylle, étayt, exil.

Cecy méritayt d'être souligné.


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Dyctonnaire atlante


Anaclet de Paxatagore

Les vieux termes atlantes


Tetrapilotomie

définityon proposée

Lool de Virion : Art de couper les cheveux en quatre... art qui était réservé jusque vers la fin du 8éme siècle aux professions de justyce et autres notayres et depuis démocratysé dans l'enceynte de touts les servyces publyques yssois.

Emmanuel Raveline : Nom comm. fém. désygant un coup d'état raté. S'utilise également pour désigner les eunnuques, et le procédé qui les a mys dans cet état (Fam.: "C'étaient deux eunnuques qu'on avait tétrapilotomé sec").

Marilyse Emphétuocle : (neutre adjonctif) : déjectyons naturelles d'un petit enfant, faites en dehors des lieux conçus pour se faire, par opposytion à Minapilotomie (déjectyon naturelle d'un petit enfant faite aux toilettes ou sur le pot, de minapole : l'enfant sage). "Anastasye avait semé des trétrapilotomie sur le corps de son amant" (Les perversyons sexuelles du Général Offenbach-Moltieri, tome VIIX).

débat

A l'académie yssoise, Zoé Tinùviel indique, en parlant de la définityon de Lool de Virion : Cette définytion est à mon sens la meilleure car elle est tout simplement la plus apte à donner au mot un sens utile. J'entends par là qu'il s'agit d'une acceptyon permettant de l'utiliser dans la vie courrante, ce qui est loin d'être le cas des autres éfinytion qui ont un peu tendance à tétrapilotomiser. Le mot a d'ailleurs déjà été utilisé à plusieurs reprises dans ce sens.

Anaclet de Paxatagore Pour ma part, je pense comme notre Secrétaire Perpétuelle, que le mot ainsy définy doit pouvoir être utilysé dans la lange courrante. Néanmoins, la définytyon suggérée par M. de Virion me semble beaucoup trop proche d'une éthymologie évidente, et ne fait guère place à l'imaginatyon. La définyton suggérée par M. Raveline retient donc mon suffrage.

Ce sera cependant la définytion de Lool de Virion qui l'emportera, le 7 juyn de l'an II.

Sydérodromomanie

définityon

H. d'Ysciple : nom atlante féminin : habitude pathologique propre à certaines personnes de se rendre de façon obsessionnelle dans les sydérodromes (voir sydérodrome). La sydérodromanie se soigne à l'aide d'une décoction d'edelweiss. Le quatrième monarque de la cinquième dynastie de la première caste était sydérodromomane.

On raconte à ce sujet une anecdote amusante : Le monarque en question avait le vertige et pour rester à hauteur du sol tout en conservant les règles du jeu (voir sydéria), fit creuser un puit sous la planche de bois.

T. de Patriarkes : Forme accentuée de mégalomanie accompagnée d'un manque total d'actyon.

A. de Paxatagore : (n.fem, pluriel : sydérodromomanyes). Etym. Manière d'être de celui qui est sidéré par un dromadaire. La sydérodromomanye, dont seul le sens métaphorique a subsisté, est donc le fait d'être étonné par tout ce qui est exotique et différent, et donc le témoignage d'un esprit renfermé sur lui-même et effrayé par tout ce qui vient de l'extérieur. "La sydérodromomanye du Doge n'avait point d'égale" (Corbeille, Le Cyd).

F. Pitard-Aaron : n.f. PSYCHATRIE. Etat de surexcitatyon psychique caractérysé par l'exaltatyon ludique de l'humeur, sous la forme d'une agitatyon névrosée conduysant à des mouvements incontrôlés, dû à une pryse de conscience d'un univers infini.

L. de Virion : Mot créé de toutes pièces par l'écryvain Julyuns Vernys et qui apparait pour la première fois dans son pamphlet anti-orionnais : "De la Terre à Oryon" (1752), où il dénonce les vues hégémonyques d'Orion sur le micro-espace (et oui, déjà a l'époque ils s'amusaient à ça !).

Dans son livre, Vernys décrit la première expédityon lunayre orionnaise où le premier cosmaunorionais n'est autre qu'un dromadayre !!! D'ou le nom de Sydérodromadayre.

Par la suyte, le sens de l'expressyon sera élargye et apparaitra alors le mot Sydérodromanie, qui fait référence à un goût immodéré à la limite de la pathologie pour les fastes et les grandeurs.

Ex : "Ce Théophraste est un sydéromane de l'empyre" A. de Paxatagore - 9 juillet 2001.

La victoire échut finalement à Théophile de Patriarkes.


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Fouylles sous-marines sous le site de la bataille de Port Venerys


Anaclet de Paxatagore


6 janvier

Le Commandant Costo le Moko, a ancré son navyre océanographyque "La Galypette" sur le syte la bataylle navale de Port Vénérys. Il semblerait que reposent par cynquante mètres de fonds les épaves de plusyeurs galères.

Rappelons que cette bataylle quy a vu la vyctoyre de la flotte romayne sur celle de l'Empyre a entrayné l'occupatyon puys la colonysatyon de la Cataloxytanye par les Romayns.

7 janvier

Le Commandant COSTO LE MOKO communique :

"Une des galères que les plongeurs de la Galypette ont découverts aujourd'huy présente un extraordynayre état de conservatyon sûrement dû à l'allyage dont elle a été recouverte lors de sa constructyon. Une opératyon de renflouage pourrayt même être envysagée. Quelle chance unyque pour les futures génératyons !"

Hecube Loutrophore

En ce cas l'OCAY, seul habilité pour des opérations de fouylle et d'archéologie, vous envoye un de ses agents pour surveyller le déroulement des opérations. Pryere de ne toucher à rien tant que ce représentant n'est pas sur place. La seule chose que vous puyssyez fayre actuellement est photographier ou filmer l'épave sans remuer ne fusse qu'un centimètre cube du fond marin !

Pour l'OCAY, Hecube Loutrophore, responsable du département archéologie sous-marine.

de Fontvell Désolé, la Cataloxytanie n'est pas encore sous la jurydictyon de l'OCAY.

10 janvier

Extraordynaire, merveylleux ! Il n'y a pas de mots assez forts pour qualyfier la découverte du Commandant Costo le Moko et des plongeurs de la Galypette.

En effet, cette superbe galère découverte il y a quelques jours vyens de lyvrer son premyer secret : Il s'agyt sans aucun doute du navyre amyral de la flotte yssoise défayte à Port Vénérys car les paleographes ont décrypté les mots gravés sur la coque.

Ouy, vous avez byen comprys, ô lecteurs gâtés, il s'agyt de la légendayre "Gouyne Marys" du non moyns légendayre Amyral Amphetuocle.

Gageons que, quand les moules quy obstruent les écoutylles auront été grâtées, l'intéryeur de la "Gouyne Marys" nous réservera d'autres surpryses.


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Inauguratyon de la légatyon


Guylhem de Fontvell


Il est 21h00, Place de Talamanca.

Sous les regards émerveyllés et les applaudyssements nourrys des nombreux badauds quy attendent là, malgré la froydure hyvernale, depuys le début de l'aprés midy, et sous les crépytements des flashes des photographes, toutes les célébrytés de la jet-set Yssoise grympent avec une élégance soygneusement calculée, seules ou en petyts groupes, le souryre aux lèvres, les marches de marbre rose du nouveau Palays de la Légatyon de Cataloxytanie en haut desquelles elles sont accueyllies par de charmantes jeunes fylles et de beaux jeunes hommes en costume tradytionnel cataloxytanyen quy les invytent à pénétrer à l'intéryeur du somptueux bâtyment bryllant de mylle feux.

Dans le vaste atryum où chantent de frayches fontaynes reflétant les corps dénudés et poly des pulpeuses statues du gényal sculpteur Mayol, les invytés sont débarassés promptement de leurs chaudes capelynes et houppelandes et leurs guydes aux si beaux yeux noyrs les entraynent vers le salon d'honneur d'où provyennent le son d'une musyque aux accords étranges mays envoutants.

Là, sy tous ces nobles personnages sont surprys par la magnyficence des lyeux décorés, dyt-on, par Roger Hart, leurs regard étonnés s'arrêtent sur un cube de verre d'envyron troys mètres d'arrête dans lequel s'agyte et se trémousse, vysiblement au rythme de la musyque, une vague forme quasy-humayne indystincte et dyaphane. Mays, l'amateur d'art n'est pas en reste car, sur les murs se layssent aussy admyrer des tapyseries de l'Ursa et quelques toyles des peyntres Salvablo Pycdaly et Yoan Bygleu, tandys que, là aussy, sur le sol sont posées çà et là, quelques lascyves odalysques yssues du talentueux génye créatyf de Mayol.


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Inauguratyon de la légatyon


Guylhem de Fontvell


Au fond de la salle se dressent les longues tables du buffet rychement garny devant lequel se bousculent et se pressent, layssant croyre qu'aucune myette ou aucune goutte ne leur échapera, de vyeilles douayrières enrubannées et de vyeux beaux pomadés surprys par les senteurs et les saveurs nouvelles quy flattent agréablement leurs vyeilles narrynes humydes et leurs bouches édentées. Les mayns tendues vers les verres de Côtes de Cataloxytanie, de Ryves Sales, de Banyouls ou de Mory et se bâffrant d'olyves aux anchoys, de salaysons, de boutyfares, d'escargots gryllés, de rousquylles, de bunyettes, ces antyquytés Yssoyses, chefs d'oeuvres en péryl, ayant on ne sayt comment survécu aux Dévastatyons reluquent, l'oeil égryllard et la lyppe baveuse, les jeunes beautés femmynines ou masculynes quy les servent avec patyence et dystinctyon. Plus loyn, Guylhem, Comte de Fontvell, Légat de Cataloxytanie, habyllé d'un élégant et ryche caftan de couleur sang et or, va de groupe en groupe saluant ses invytés avec courtoysie et un playsir syncère et non dyssimulé. Byentôt, un brouhaha se fayt entendre, les têtes se tournent vers une porte quy vyent de s'ouvryr. Troys jeunes femmes vêtues de robes noyres brodées d'argent vyennent de pénétrer dans le salon d'honneur..."Les Euménydes" entend-t-on mumurer. Guylhem de Fontvell, en présentant ses excuses, s'éloygne de ses hôtes et s'approche des nouvelles arryvées ; Il s'inclyne devant la plus grande, sensyblement plus agée que les deux autres, la prend par le bras et l'entraynant de groupes en groupes la présente comme étant Sophya Euménydes, l'Attachée Culturelle de la Légatyon. Soudayn, la cobla, car c'est aynsi que l'on appelle ce genre d'orchestre en Cataloxytanie , cesse de jouer. Une voyx puyssante s'élève : Vos Excellences, Mes Dames et Mes Syeurs, Veuyllez prêter attentyon à l'entrée de Sa Subliminale Dogéytude et des Respectables Membres du Conseyl des Portes. L'hymne natyonal Yssois s'élève alors que Gladys de Caryatys, comme de coutume, somptueusement parée traverse la foule quy s'inclyne sur son pasage se dirigeant vers le centre de la salle où l'attend Guylhem de Fontvell. Le sylence se fayt, puys le Légat de Cataloxytanie prend la parole : Votre Subliminale Dogéitude, Vos Excellences, Mesdames et Messyeurs, Tout d'abord je vous doys toute ma reconnayssance pour avoyr accepté mon invytation. Votre présence icy me prouve combyen est grand votre intéret pour mon pays. Je vous demande pardon d'en avoyr un moment douté. Cette cérémonye d'inauguratyon est, Votre Subliminale Dogéitude, Vos Excellences, Mesdames et Messyeurs, l'introductyon au grand lyvre d'hystoyre quy va mayntenant s'ouvryr : Celuy du processus de réyntégratyon de la Pryncipauté de Cataloxytanie au seyn du Sérényssyme Empyre. Cette réunyficatyon a été voulu par Notre Souverayn le Prynce Sanch mays aussy par l'ensemble de notre peuple quy, dans un élan unanyme a aceuylli cette nouvelle avec allégresse. Trop longtemps, nous avons souffert de cette séparatyon datant du jour funeste où le Consul Caïus Perubus, après avoyr battu la flotte de l'Amyral Emphétuocle à Port-Vénérys, s'empara de nos terres. Mays, je laysserai tout à l'heure la parole à Mademoyselle Sophya Euménydes quy vous présentera la Cataloxytanie dans ses grandes lygnes. Votre Sublyminale Dogéitude, Vos Excellences, Mesdames et Messyeurs, Il est coutume chez nous que celuy quy invyte offre des cadeaux à ses hôtes, permettez moy, Madame le Doge, de vous offryr cette parure de grenats quy a pour moy une grande valeur sentymentale puysqu'elle fut portée depuys des génératyons par les plus belles femmes de ma famylle, la beauté de ces pyerres ne saura en ryen ternyr la beauté naturelle quy est votre. Monsyeur le Conseyller du Dehors, c'est avec playsir que je vous remet ce tytre de propryété de l'un des plus beau domayne vitycole de la Pryncipauté, vous êtes un homme de goût, je says que ce présent aura l'heur de vous séduyre. Monsyeur le Conseyller à l'Economye, Monsyeur Raveline, nous nous sommes parfoys un peu égratygnés, alors acceptez cette lame fabryquée et ornée par l'un de nos plus habyle artysan. Madame le Chancellier permettez moy de vous offryr cet objet unyque quy, luy aussy a appartenu à une femme de haute nayssance. Il s'agyt de l'os pényen d'un pryape du Mont Canys, décoré avec goût par un célebre orfèvre. Madame Emphétuocle , ce n'est pas par défaut de galanterye ou de méconnayssance, voyre d'irrespect de l'étyquette, que je vous fayt passer en dernyère posytyon. Je vous doyt les plus vyfs remercyements pour avoyr donné à la Légatyon et à ses représentants les moyens de s'établyr. Madame, la Cataloxytanie se devayt de vous remettre quelquechose d'exceptyonnel, la Cataloxytanie vous offre l'épave de la galère de l'Amyral Emphétuocle et la pleyne et entyère propryété de tout ce qu'elle renferme. Voylà, j'en ai termyné, je vous laysse mayntenant aux bons soyns de Mademoyselle Eumènydes que j'invyte mayntenant à s'avancer et à prendre la parole...


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Le mystère POB : Petit Ours Brun est-il originaire de Cataloxytanie ?


Anaclet de Paxatagore


alors que la température mesurée par Météo Ys atteind des profondeurs abyssales, Petit Ours Brun dyscute avec un sapeur Paveur transy

Mon père, dans sa grande sagesse, était heureusement un ours grizzly d'Abérique, amené de force en Catharsys par un organysateur d'orgies sans scrupules.

Mon pelage fort dru me rend bien des servyces icy, quand je voys tous ces frileux, qu'un oblique coup de vent matinal transforme aussytôt en paquets de caftans épays.

de Fontvell Etes vous sûr que votre père est un gryzzli ? Je vous pose cette questyon parcequ'il ya quelques années, en Cataloxytanie, il s'est produyt un événement fort curyeux ...

POB Racontez toujours...

de Fontvell Si la plupart des tourystes quy ont eu la chance de séjourner en Cataloxytanie ont byen sûr pu apprécier les plages de sable fin de Canes et de Argles mays aussy les beautés de la côte rocheuse où se nychent Port Vénérys et mes deux petyts vyllages de Collyoure et de Banyuls, d'autres ont poussé la curyosité jusqu'à s'aventurer à l'intéryeur de l'île pour vysiter Perpenya, la Capytale et contempler les magnyfiques paysages de l'arrière pays.

La playne fertyle produysant vignes et arbres fruytiers est arrosée par troys petyts fleuves quy nayssent des flancs sauvages du Mont Canys, la montagne sacrée de mon peuple et terrytoire de l'Ursus Priapicus appelé plus vulgayrement Pryape du Mont Canys...

Avant de nous plonger dans des consydératyons byologiques et zoologyques, jetons un regard vers la relygion et les croyances cataloxytaniennes.

Si Poséidon (bény soyt-il) est vénéré dans notre île, il l'est - excusez-nous, chère Marylise, cher Catonys, un peu moyns que Dyonys et Vénérys, quy comme chacun sayt sont aussy des divynités ayant un rapport avec la mer : Vénérys est née de l'écume et Dyonys, byen que dyeu de la vygne et aussy dyeu des maryns. Nous revyendrons une autre foys sur la manyère dont est honoré chez nous Poséidon....

Fermons la parenthèse. Or donc, comme il étayt souvent coutume à l'époque de l'âge d'or où, à couylles rabatues, tout le monde se baysait allégrement, ces deux divynités eurent un enfant qu'ils appelèrent Pryape... Mays, ô rage, ô désespoyr, au...etc...qu'il étayt layd, couvert de poyls des pyeds à la tête. Les nouveaux parents pryrent alors la décysion qui s'ymposait : Dyonys partit se saouler et Vénérys pryt un autre amant. Auparavant, ils avaient, âmes charytables, abandonné l'enfant, plutôt que de le tuer. La tradytion rapporte que ce fut sur le Mont Canys où il fut, tel Mogly, élevé par les bêtes sauvages et passa sa vye à pourchasser nymphes et femmes pour assouvyr ses lubryques instyncts....

Revenons à la réalyté car, le pryape exyste...

Les zoologues, en dépyt de ce que pouvaient leur narrer les cataloxytaniens, ont longtemps cru que cette créature était apparentée à la famylle des ursydés d'où le nom qu'ils luy donnèrent : Ursus Priapicus. "Ursus" car de loin l'être ressemblait du fait de son pelage à un ours et "Priapicus" car son membre viryl semblait toujours en érectyon. Malheureusement pour eux, ces savants étrangers n'auront jamays l'occasion de s'approcher de leur sujet d'étude et d'en dysséquer un, les moynes du Mont Canys s'y étant opposés.

En fayt, le pryape n'est pas un ursidé.

Nous autres, cataloxytaniens, le savyons depuys des lustres car seuls, nous avons le pryvilège de pouvoyr le chasser et l'occyre selon des règles byen précyses : Cette créature est un prymate très proche de l'homme ; nous le consydérons même comme un demy-dyeu puysque descendant du Pryape des orygines.

Et c'est là que la légende rejoint la réalyté, que l'inexplyquable va s'imposer à vos oreylles èblouies : Jamays, entendez moy, jamays ne fut vue, capturée ou tuée la moyndre femelle....

Petit Ours Brun Non, pauvre affabulateur... suppôt de l'AY...

Mon père est un ours. Ma mère est yssoise. Consultez ma biographie...

J'ai hérité de mon père ce corps fantastique, de plus de syx quintaux, et de ma mère, ces mains fines, aussy fines que des branches de genevriers - et, bien sûr, le don de parole et le goût du luxe (bien que je ne l'aie jamays connue).

De plus, j'ai de petyts problèmes d'impuissance en ce moment...

Par contre, on ne sait pas vraiment d'où vient Remedius. Allez chercher de ce côté-là... et dégagez de mon chemin.

de Fontvell Attendez mon Amy, ne vous énervez pas. Mays, peut-être ai-je remué certaynes choses enfouyes au plus profond de vous-même. Croyez moy j'en suys navré, j'ayme trop les anymaux pour les fayre souffryr...

Où en étais-je ? Ouy, voilà.

Pas la moydre femelle, dysais-je, "Alors", m'interromperont les rares personnes quy ont l'amabylité de suyvre ma petyte causerie, "Comment font les pryapes pour se reproduyre ?".

Et, au moment même où vous me posez cette questyon, la réponse vous apparayt dans toute l'horreur de son évydence : Pour assurer la survye de son espèce, le pryape du Mont Canys s'accouple avec des femelles humaynes. Et cela fayt des syècles que cela dure et que nous l'acceptons car, je vous l'ai déjà dyt, ce sont les descendants de Vénérys (bénye soyt-elle) et de Dyonys (qu'il me patafyole). Il exyste un pacte sacré entre les Pryapes et les Cataloxytaniens dont l'applycation est garantye par les Saynts Abbés du Mont Canys. Ce pacte précyse que, chaque foys qu'une femme est enlevée pour être fécondée et donner nayssance à un petyt pryape un plus vyeux doyt mouryr. C'est à cette occasyon qu'ont lyeu les Grandes Chasses auquelles j'aurays bientôt l'honneur de vous convyer.

Il étayt important que je vous fasse ces quelques fastydyeuses mays indyspensables précysions pour vous conter l'hystoire que Monsyeur POB ne veut pas entendre.

Il y a de cela 20 ou 30 ans, je ne says plus, un magnyfique voylier battant pavyllon Yssois vynt s'ancrer dans les eaux de Port Vénérys. A son bord se trouvayt un gentylhomme de magnyfique prestance et une femme dont l'irradyante beauté fyt pâlyr d'envye les plus belles de mes compatryotes. Ce devayt être d'importants personnages car mon oncle, le Prynce Sanch, byen que ce ne soyt pas une vysite offycielle, leur fyt envoyer de magnyfiques présents.

Aprés avoyr byen profyté des plages et des délyces rafynés proposés habytuellement aux tourystes, ces nobles personnages exprymèrent l'envye de voyr des "choses plus authentyques, plus terroyr...". Et, ils entendyrent parler d'une Grande Chasse.

A l'époque, rares étayent les étrangers quy avayent eu l'honneur d'en voyr une et encore plus rares ceux quy y avayent partycipé. L'arystocrate Yssois, fyt des pyeds et des mayns auprés du Prynce pour être de ces dernyers. Notre Souverayn céda mays interdyt formellement que la jeune femme partycipe à la battue. Cela étayt contrayre aux usages. Malheureusement, comme dyt l'adage, ce que femme veut...Elle fyt une telle scène à son compagnon que celuy-ci décyda, malgré tout, de l'emmener. Mays, par ruse la travestyt en homme.

Ce fut donc deux élegants Yssois dont l'un particulyèrement effémyné quy se présentèrent, vêtus de splendydes mays fonctyonnels trellys couleur caca d'oye, (on ne dyt pas KaKy cela sonne trop le Krasslandays), au monastère du Mont Canys quy, tradytionnelement, sert de rendez-vous en ces occasyons. Là, il leur fut explyqué que le pryape était chassé de deux manyères : A l'affût ou la traque, mays toujours à l'arme blanche.

A l'affût, on utylyse une jeune femme fécondable, volontayre ou non, quy attyre par ses effluves la créature jusqu'à elle. Une foys le pryape en trayn de besogner l'appât, le chasseur sort de sa cachette afyn de l'occyre, il attendra néammoyns, par délycatesse, que l'affayre soyt fayte. Il va sans dyre que cette technyque de chasse et nettement moyns sportyve que la traque. Elle comporte néammoyns l'avantage d'assurer le renouvellement de l'espèce.

Euh, à propos, j'ay oublyé de vous précyser que sy nous chassons le pryape pour des raysons relygieuses c'est aussy pour son os pényen quy est largement utylysé par l'artysanat local et en partyculier pour la fabrycation de splendydes olysbos. Il peut être aussy réduyt en une poudre dont les vertus sont byens connues de la médecyne chysnoise - N'est ce pas Docteur Mong Pou ? -. La chayr du pryape n'est pas donnée pour être comestyble byen que l'on raconte que certayns pervers en sont fryants.

Mays revenons à notre hystoyre. Ce jour, ce fut la méthode de la traque quy fût choysie...Les chasseurs se séparèrent en petyts groupes pour s'éparpyller sur les flancs boysés de la montagne. Nos deux Yssoys, étant novyce dans l'Art, étayent accompagnés par un guyde expérymenté.

Après deux heures de marche au milyeu des chênes-lyège et des pyns, la fatygue commença à se fayre ressentyr chez les arystocrates peu habytués à ce genre d'actyvité physique. La déceptyon commençait aussy à se lyre sur leurs vysages car ils n'avayent toujours pas apperçu le moyndre pryape et pourtant, leur guyde semblayt inquyet, attentyf au moyndre bruyt, humant l'ayr de temps à autre, se retournant et regardant vers le sommet des arbres. "Ca c'est pas norrmal" dysait-il de temps à autre. - Qu'il y a-t-il de poynt normal, mon amy ? finyt par demander le plus âgé des Yssois. - Ya que, norrmalement, c'est nous quy trraquons...Pas eux - Comment ça, explyquez-vous ? - Y sont derrryèrre nous et y nous suyvent. - Alors retournons nous, nous les auront devant nous... Le guyde se gratta la tête avec perplexyté. "Peut on fayre une pause ?" demanda le jeune effemyné. - Pourrquoy ? - Parceque, répondyt -il (elle) en rougyssant. J'ay besoyn de fayre... - D'accorrd, mays ne vous éloygnez pas trrop...Soyez prrudent.

POB "Ne l'écoutez pas ! C'est faux, faux, archi-faux !

Mon père était un ours grizzly, le plus beau de toute la Catharsys !

Ne l'écoutez pas ! Chut ! Silence !"

Deux Sapeurs-Paveurs qui passaient par là s'approchent, l'air contrit, et se saysyssent du grand personnage au doux pelage peigné. - Trouble de l'ordre public, mon gaillard. Ordre du gouvernement. Cette foys-cy, tu ne passeras pas, lui souffle le vulgaire sous-lieutenant. - Mays lâchez-moi ! Quelles sont ces manières ? - Ne t'inquiète pas. On te libère tout à l'heure...

Le tryste spectacle prend fin quand Petyt Ours Brun monte à contre-coeur dans le fiacre de la Sape-Pave. De Fontvell reprend son récyt.

Corto Maltys J'ymagyne que vous nous préparez la scène du vyol... ou de la conceptyon, sy vous voulez...

L'hystoyre que vous contez est sans doute vraye, mays je suys certayn qu'elle n'a pas débouché sur la nayssance de Petyt Ours Brun. Moy seul connays son orygyne vérytable.

La véryté, c'est que Petyt Ours Brun n'est ny un demy-ours (contrayrement à ce qu'yl croyt), ny un demy-pryape. C'est un ancyen yssoys. Yl ne le sayt pas et ne doyt pas le savoyr ; c'est pourquoy je vous pryeray de ne plus aborder la questyon de son ydentyté en sa présence.

Petyt Ours Brun me doyt beaucoup, la vye même. En échange, je ne peux pas luy dyre toute la véryté - je says d'aylleurs très byen mentyr, comme vous l'avez peut-être remarqué. J'ay ynventé toute sa vye, fyctyve, que je suys en trayn de coucher sur papyer (voyr à l'Unyversyté de Venys).

Attendez un ynstant... Puysqu'yl est actuellement au poste de la Sape-Pave, je vays vous dyre la véryté... toute la véryté !

Excusez-moy donc de vous ynterrompre, cher amy. Mays prenez donc une chayse, et une pype ! Et faytes entrer les badauds quy vous écoutayent sur la place publyque. On sera plus au chaud icy, aux Deux Ma-Goh. Porphyrio ! Va me chercher une absynthe, mon ange...

Je dysays donc... Petyt Ours Brun n'est pas une créature mutante, tout symplement parce que cela n'exyste pas, de telles choses, à part à Métropolybre sans doute. Vous savez, je n'ay jamays trop cru aux chymères, démons et autres ectoplasmes... Néanmoyns, sy vous vous approchez, sy vous le touchez, le pelage de Petyt Ours Brun n'est pas un faux, ce n'est pas un déguysement - comme on a pu l'entendre sur la place publyque, ce quy est fort regrettable.

Pour saysyr le contexte autour de la créatyon de ce personnage, yl faut remonter à l'année I après la Grande Dévastatyon. J'étays maryn et revenays de Sumatra avec le navyre marchand Morphée. Je passays quelques jours à Ys, cherchant, comme toujours lorsque je séjournays dans la capytale, à en savoyr plus sur mon père réel.

Un jour d'octobre de l'An I, ce que personne ne sayt, j'ay rencontré sur le port un homme de haute stature, au regard vybrant, relatyvement jeune ; je comprys qu'yl étayt aussy lybre de moeurs que moy, et nous allâmes dyscuter dans un endroyt plus calme - loyn de la Sape-Pave de l'époque. Nous nous rendymes fynalement dans les égoûts de Venys, et puys, au fyl de notre pérégrynatyon, nous aboutymes sous la Républyque Ravelynyenne.

A l'époque, les Laboratoyres d'Okrasys Symon (LOS) exystayent déjà, mays Symon n'avayt pas encore prys la relève de son père décédé. Les laboratoyres, quy ont réalysé de petytes merveylles, mays aussy de belles charlataneryes, dysposayent d'un matéryel d'expéryences chymyques assez ympressyonnant. Des tubes à essays y côtoyayent de dangereux appareyls de combustyon. L'endroyt étayt abandonné.

Entre-temps, j'en avays apprys un peu plus sur mon compagnon, le jeune homme fryngant. Yl n'avayt en fayt qu'une dyx-septayne d'années (et moy, à peyne plus), et se prétendayt le fyls du tyran Von Burgsteyn. Je le crus, car on racontayt que von Burgsteyn avayt eu une quantyté d'épouses phénoménale. Yl me montra son passeport yssoys d'avant la chute du régyme de son père.

Yl avayt des flammes dans les yeux et une rage à peyne contenue ; yl parlayt de revanche, de sang, de bayn. Yl n'avayt qu'une ydée en tête : dès qu'yl serayt plus mûr, yl assassynerayt tous les arystocrates en place et rétablyrayt la tyrannye de son père. Yl s'appelayt luy-même Minimus von Burgsteyn. Je luy conseyllay d'oublyer l'affayre, et le calmayt un peu.

Nous tombâmes donc sur ce laboratoyre abandonné, yntrygués ; l'accès depuys les égouts étayt partyculyèrement repoussant, des débrys de tubes à essays et de squelettes d'espèces dyverses parsemayent le sol.

Minimus, de tempérament crâneur et fougueux, voulut fayre son malyn. Yl me montrayt comment obtenyr du chlore gazeux, pour étouffer les terrorystes. Yl n'étayt pas aussy adroyt qu'yl le prétendayt, et je redoutays le pyre.

Prys dans un dyscours emporté, yl se myt à déverser des quantytés extrêmes de réactyfs dans les bocaux du LOS. Je vys une étyncelle près de l'ynterrupteur... Je courus me réfugyer derryère une canalysatyon en fonte, et ce quy devayt se produyre arryva.

Bang ! Eh ouy, vous m'entendez byen, Bang !...

- Porphyrio, une autre absynthe... Mon grand... J'ay la gorge sèche.

"Je dysays... Une énorme explosyon. Le sol trembla, et les rats et artystes quy se cachayent dans les égouts poussèrent des crys loyntayns. Terryfyant.

- Mercy, Porphyrio.

"Lorsque la fumée fut retombée, je rysquays un oeyl à l'yntéryeur. L'horreur !... Non pas que la salle fût dans un état déplorable, c'étayt déjà le cas ; mays Minimus s'étayt méchamment abymé.

Je le prys par le bras, l'examynay... Yl étayt ynanymé. Son vysage étayt méconnayssable, sa peau pendayt de tous côtés... c'étayt ynfernal. Je le portay jusqu'à une ouverture cachée dans Chysnatown, de laquelle nous sortymes. Je connayssays à Pou Yang un vyeux médecyn chynyssoys quy s'y connayssayt byen dans un peu tout. Je luy confyay le corps meurtry de von Burgsteyn Junyor, la larme à l'oeyl, et le pryay d'en prendre soyn le myeux possyble. Le vyeux accepta ; je prys dyscrètement le passeport pour le détruyre, et rejoygnys le port - le Morphée étayt à quay et le capytane m'attendayt.

Lorsque je revyns, deux moys plus tard, le vyeux Chynyssoys avayt réussy à sortyr le petyt du coma, mays m'accueyllyt avec gêne. -Colto, j'ai plys soyn de ton blessé. Cela a été dul. Je doys te dile quelque chose, me murmura-t-yl. - Vas-y, Tchang-Kong. Qu'y a-t-yl ? - Colto, le petit a peldu la mémoile. Il ne se souviens plus de lien. - Plus de lien ? - Non. Je suis désolé, Colto. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoil.

Je remercyay tout de même le vyeux. J'allays voyr le malade dans la pyèce d'à-côté. Yl dormayt ; je fus saysy d'horreur.

Son joly vysage avayt dysparu !... A la place, une playe béante, une suyte de cratères et de bosses mal dégrossyes. Je prys Tchang-Kong au bras, et le supplyay de fayre quelque chose.

- Tu says pratyquer la chyrurgye esthétyque, dys-moy ? - Oui, Colto. J'ay déjà lifté de nombreuses alistoclates, dont... enfin, blef... mays... - Pas de mays ! Transforme-moy cette horreur en quelque chose d'acceptable ! - Il est impossyble de transfolmer cette peau en peau humaine nolmale. Les bosses sont tlop vysybles. Et ce, sul tout le colps ! Je voys peut-êtle une solutyon... - Et laquelle ? - Yl faudlayt luy gleffer une peau d'anymal, sussurra le médecyn.

J'étays atterré, mays acceptay. Tchang contynua : - Pal exemple, ce quy conviendlai à sa statule... une peau d'ouls. - Fays, Tchang, fays.

Je courus au cyrque tout proche, où l'on exhybayt des bêtes crassyeulandayses, et je choysys un petyt ours de la taylle de von Burgsteyn Junyor. Le gérant crassyeux, corrompu comme sa race l'exyge, accepta de vendre la peau de l'ours pour quelques Yrys. Yl le tua ensuyte, sans cérémonye et contre la fable, et me la confya en entyer.

Une semayne plus tard, Tchang avayt fyny sa délycate opératyon.

Von Burgsteyn Junyor s'étayt réveyllé et se tenayt debout, ou plutôt à quatre pattes. La peau de l'ours avayt été collée à son ancyenne peau, cousue sur tout le corps - les mayns et le pénys seuls, aynsy que les ouvertures vytales, étayent d'orygyne. Ainsy, ses yeux étayent ceux du jeune homme - sans la flamme terryfyante du fyls du dyctateur, avant l'accydent.

Je prys la pauvre bête sous ma protectyon, en laysse pour ne pas me fayre remarquer, et je repartys pour un long voyage sur le Jack-Lonton, quy devayt m'amener jusqu'au Klondyske. A bord, je tentay de rééduquer Minimus.

Petyt à petyt, la parole luy revynt, quelques bonnes manyères yssoyses, une allure certayne, des rudyments de calcul et de polytyque. Yl se souvenayt vaguement d'Ys.

Sa vye me semblant atroce, je luy ynventay un passé dyscret, fys tout pour qu'yl oublye quy yl avayt été. Aynsy cette hystoyre de croysement urso-yssoys, son enfance en Rance, ses aventures yllustrées en tant que Petyt Ours Brun.

Yl retrouva confyance et se construysyt à partyr de ce que je luy avays dyt. Je luy dyt qu'yl avayt eu un acydent terryble en Rustrye - d'où son amnésye. Yl me crut.

Yl eut même connayssance de l'Hystoyre d'Ys, de la dyctature de Von Burgsteyn ; yl ne se souvenayt de ryen. Tant myeux !

Yl avayt en effet retrouvé toutes ses forces, s'étayt étoffé et musclé, et possédayt une force assez ympressyonnante.

Subsystayt de ce qu'yl étayt auparavant, peut-être, une brutalyté quy s'exprymayt de temps en temps ; des cryses de colère. Mys à part cela, vous avez pu remarquer que c'est quelqu'un de très gentyl. Un peu yrrytable, c'est vray...

C'est pourquoy je vous demande de ne pas le tytyller avec ses orygynes. Yl croyt fermement à mon hystoyre (voyr sa byographye), et affyrmer la véryté devant luy pourrayt rysquer de réveyller sa mémoyre enfouye...

S'yl est reprys par la rage quasy ynhumayne quy le possédayt avant l'accydent, je préfère ne pas ymagyner ce quy pourrayt luy passer par la tête. Rétablyr la dyctature de son père ? Bouh ! Myeux vaut conserver Petyt Ours Brun tel qu'yl est et se croyt être.

"Bon, Porphyrio, yl se fayt tard... Ecoutons l'hystoyre de Fontvell, quy doyt sûrement être dyvertyssante, et rentrons...

"Fontvell, cher amy ? Je vous en prye, reprenez...

de Fontvell "Quelle tragédye, mon amy, j'en ai la larme à l'oeil. Porphyrio, s'il te plait, tu te souvyens de mon mélange préféré ? Parfayt, je vays pouvoyr reprendre mon récyt mays, auparavant, il faut que j'aylle soulager ma vessye."

Corto Maltys "Je ne vous le fays pas dyre. Au fayt, les toylettes sont en bas à droyte ( je commence à connaytre les DMG, cela fayt deux moys que j'y habyte ).

Tyens, Porphyrio, avant que Fontvell ne revyenne, tu peux aller chercher cette masseuse boukystanayse, au fond de la salle ? Elle n'est pas payée pour nous regarder, que je sache. Cela fera playsyr à notre Cataloxytanyien, de se fayre masser tout en parlant.

de Fontvell Ah, comme c'est bon et, Conseyller ou pas, que la vye yssoise est belle!... Porphyrio comme je regrette de t'avoyr offert à Monsyeur Malthys...Tes pypes sont toujours aussy bonnes...Corto, mon Amy, car je peux vous appeler aynsi, non ? Comme c'est aymable à vous d'avoyr pensé à me fayre trypatouyller par cette ravyssante boukystannayse...Mmmh...Où en étays-je ? Ah ouy, voilà...

Le Monsyeur s'étayt éloygné depuys quelques ynstants

Pour de Dame nature satysfaire le besoyn pressant

Quand, soudayn, Ô horreur, son cry déchyrant

Brisa la douce quyétude de la forêt provoquant

L'envol de quelques volatyles au plumage chattoyant.

Ô mon Guyde, qu'est ce que ce cry effrayant ?

Fit le bel arystocrate en sursaut se levant

Son impressyonnante épée en mayn saysyssant.

C'est surrement votrre amy, fyt le guyde en courrant

Vers les épays buyssons plus loyn s'agyttant.

Que Dyonys me patafyole s'exclama le guyde en voyant

Pour la premyère foys un pryape par derrière prenant

Ce qu'yl avayt cru être d'un jeune et beau mâle le séant.

Haro crya sans peur l'Arysto sa lame levée bondyssant

Vers l'abominable monstre sa belle amye besognant.

Et le courageux héros d'un coup sec et puyssant

Trancha la hure sordyde du pryape bandant.

Il est trop tarrd dyt le guyde voyant

De la belle Yssoise le vysage d'extase rayonnant

Mays prrenez du pryape le darrd c'est le drroyt du gagnant

Voilà cette hystoyre étrange que je souhaitais vous conter. L'arystocrate et la belle jeune femme sont partys sur leur navyre. Nul ne les a jamays revu en Cataloxytanie. La seule certytude que nous avyons, c'est qu'elle portayt un jeune pryape en son seyn. Qu'est-il devenu ? Quy étayent ces deux mystéryeux Yssois ? Quel arystocrate a quelquepart caché dans sa collectyon pryvée un os pényen de pryape ?


* * * * *


Présentatyon de la Cataloxytanye


Guylhem de Fontvell

La Cataloxytanie selon Sophya


Mesdames et Messyeurs, veuyllez nous excuser de cette interruptyon momentanée du programme...Reprenons notre émyssion en dyrect de la Légatyon de Cataloxytanie où Mademoyselle Sophya Euménydès va pouvoyr s'exprymer...Mademoyselle...Mademoyselle, vous avez l'antenne...

"Votre Sublyminale Dogéytude, Mesdames et Messyeurs les Membres du Conseyl, Vos Excellences,

Je suys Sophya Euménydes, Attachée Culturelle de la Légatyon de Cataloxytanie.

Mon rôle auprès de vous consyste à vous fayre découvryr et aymer cette provynce quy fut, malheureusement, au gré des vyscicytudes de l'hystoire, oublyée de l'Empyre.

Certayns d'entre vous quy connayssent la Pryncipauté pour y avoyr passé d'agréables séjours tourystiques savent que notre pays est appelé la Terre des Byens-Vyvants.

Les Cataloxytaniens sont ces Byens-vyvants car ils sont chaleureux imagynatifs, hédonystes, gourmands, authentyques, lybres, sensybles, curyeux de tout. On les entend penser "j'ayme les bonnes et les belles choses". Il savourent le confort, apprécyent la symplicité, vont à l'essentyel. Ils ayment marcher sur les parquets et les tapys ancyens. Se glysser dans des draos frays. Boyre un verre de vyn. Allumer des bougyes même si il n'y a ryen à fêter.

Les Cataloxytaniens ayment les autres Byens-Vyvants même s'ils sont étrangers. Les femmes quy savent oublyer un régyme, ont un coup de soleyl sur le nez, ne boutonnent pas tous les boutons de leur robe, ayment montrer que leurs jambes sont belles.

Les Cataloxytaniennes ayment les hommes quy "tombent la veste", rentrent de voyage, ne se rasent pas tous les jours, saucent les plats, font ryre les enfants.

Vous êtes en cataloxytanie. De partout, vous voyez le puyssant Mont Canys, dont le sommet accroche parfoys un nuage ysolé dans le cyel bleu pur. Vous sentez les odeurs de la terre nue, de pyns, de fruyts mûrs. A Perepenya, notre capytale, vous remarquez que les boutyques ouvrent à 16 heures ; byen que "souvent, je soys là avant" dyt une boulangère. Tandys que son époux confye :"le cataloxytanien est toujours un peu lent à sortyr". C'est vray qu'ils ont l'ayr, ces gens là, de ne pas se décyder à bouger sans au moyns une bonne rayson.

Mays il en ont, et d'excellentes.

Le vyn en est une.

On dyrayt que la Cataloxytanie a été fayte pour la vygne, tant les condytions y sont idéales.

Voyez ces coteaux : byens exposés, de pentes varyées, chaque cépage y trouve sa place.

Le sol ? D'argyle et de sable fyn, sur un socle de schyste. Quant au clymat, il est sec et ensoleyllé. Que demande la vygne ? Un peu de pluye. Justement, le début du pryntemps est pluvyeux, et l'automne ponctué d'orages vyolents.

Et puys, goûtez. Ryen de ce que je peut dyre ne vous fera sentyr aussy byen le respects des cataloxytaniens pour le vyn. Certayns poussent même le raffynement à suspendre, au plafond de la cave, des bouquets de thym et de romaryn. Pas pour parfumer le vyn ; pour mette à l'ayse le c\oeur des hommes.

Les Cataloxytaniens sont des gens quy dysent souvent des objets qu'ils préfèrent : "Ca vyent de mon Grand-Père; Je l'ay rapporté de Venys ; Je l'ay fayt moy-même".

Les Cataloxytaniens ayment les objets. Même les plus quotydiens. C'est dans leur nature de les layser en lyberté. Il y a l'art de vyvre, il y a aussy la manyère. Cette dernyère est élevée par nous au nyveau d'un artysanat.

Les Byens-Vyvants ont des amys avec quy ils peuvent partyr en bateau, passer des nuyts blanches, ne ryen dyre, tout dyre, pleurer, pyquer des fous-ryres, raconter des blagues stupydesn récyter des vers, refayre le Mycromonde, se fâcher à mort puys se reconcylier autour une ou plusyeurs bonnes bouteylles.

Nous sommes persuadés qu'Yssois et Cataloxytaniens peuvent être amys et vyvre ensemble comme ils l'ont fayt a une loyntayne époque.

Mercy de votre attentyon. Et mayntenant, je vous invyte à vous rapprocher à nouveau des tables que nous avons préparé pour vous....


* * * * *


TRAYTE DE REUNYFICATYON


Guylhem de Fontvell


Résumé
La Cataloxytanie rejoynt enfyn le gyron de l'Empyre


TRAITE DE REUNYFICATION DE LA PRYNCIPAUTE DE CATALOXYTANIE AU SERENYSSIME EMPYRE D'YS

Sous les Auspyces de POSEYDON, Le Très Abyssal, De DYONYS et VENERYS, Les Byens Vyvants, De Tous les Saynts, Gardyens et Ancêtres,

La Pryncipauté de Cataloxytanie ayant exposé les consydérations quy, par suyte des changements survenus dans ses rapports avec le Serenyssime Empyre d'Ys, luy faysait désyrer la réunion de la Pryncipauté à l'Empyre, Lesdyts Etats ont décydé de conclure un trayté à cet effet et ont nommé pour plénypotentiaires, savoir :

LE SERENYSSIME EMPYRE D'YS, Sa Sublyminale Dogéytude THEOPHRASTE DE MYTHYLENE,

et

LA PRYNCIPAUTE DE CATALOXYTANIE, Monseygneur GUYLHEM DE CARAN, COMTE DE FONTVELL, REGENT DE CATALOXYTANIE,

Lesquels après avoyr échangé leurs pouvoyrs en bonne et due forme, sont convenus des artycles suyvants :

Artycle premyer - Le Conseyl de Régence consent à la réunyon de la Pryncipauté de Cataloxytanie et de ses terres au SERENYSSIME EMPYRE D'YS et renonce pour luy et tous ses descendants et successeurs en faveur dudyt Empyre, à ses droyts et tytres sur lesdyts terrytoires. Il est entendu que cette réunyon sera effectuée sans nulle contraynte de la volonté des populatyons et que les gouvernements se concerteront le plus tôt possyble sur les meylleurs moyens d'apprécyer et de constater la manyfestation de ces volontés.

Art. 2. - Il est également entendu que Monseygneur Guylhem de Caran, ses descendants et successeurs admynistreront les terres de Cataloxytanie et recevront le tytre de Lygore de Cataloxytanie aynsi que les droyts et pryvilèges y attachés. Monseygneur Guylhem de Caran, reconnaytra pour ces terres comme seule et légytime Suzeraynne, Sa Sublimynale Dogéytude Honorayre Madame Marylise Emphetuocle.

Art. 3. - Il est également entendu que les dyspositions de l'artycle deux ne s'applyqueront pas au Palacyo Basylei et au Puyg Mayor sys à Perepenya quy resteront la pleyne et entyère propryété du Serényssime Empyre ; Au Mont Canys, au Monastère y édyfie et à la Cyté Franche de Caer Aran quy conserveront leurs statuts autonomes.

Art. 4. - Une ou plusieurs commyssions myxtes seront chargées d'examyner et de résoudre, dans un bref délay, les dyverses questyons incydentes auxquelles donnera lyeu la réunyfication.

Art. 5. - Le Sérényssime Empyre tyendra compte aux fonctyonnaires de l'ordre cyvil et aux mylitaires appartenant par la naissance à la Cataloxytanie et quy devyendront sujets yssois, des droyts qui leurs sont acquys par les services rendus à la Pryncipauté; ils jouiront notamment du bénéfyce résultant de l'inamovybilité pour la magistrature et des garantyes assurées à l'armée.

Art. 6. - Le présent trayté sera ratyfié et les ratyfications en seront échangées à Perepenya dans le délay de cynq jours, ou plus tôt sy fayre se peut. En foy de quoy les plénypotentiaires respectyfs l'ont sygné et y ont apposé le cachet de leurs armes.

Fait en double expédytion à Venys le sixyéme jour du neuvyéme moys de l'an quatre.



Sous-sections
Sérényssime Empire d'Ys