Poème écrit par Zoé Tinùviel
Cette vaste saga mythique est l'une des plus belles pièces de la poésye yssoise. Elle narre de quelle façon sept soeurs furent séparées à la nayssance, grandyrent séparément, chacune développant son propre vyce. Alors qu'un méchant roy a conquyt le royaume, les Sept Soeurs accomplyssent sept exployts et le forcent à quytter le trône.
Ces temps troublés ne furent pour tous malheureux
A sept enfants dès leur naissance séparés,
La guerre donna la chance de se retrouver
Et leur octroya un grand destin fabuleux
Le sage qui avait recueillit Polymnie Par les envahysseurs avait été tué Le brave curé que Calliope avait ruiné Dans les flammes de son églyses avait périt
L'errante Erato échappa aux soldats, fatiguée de courir s'endormit dans un bois Elle y rencontra Terpsichore qui fuyait Et qui sous ses bras ses économies tenait
Voulant fuir le pays, sur le port Clio Rencontra Uranie, hélas plus de bateau Tous avaient été coulés par l'envahisseur Clio s'écria ca alors, tu es ma soeur
Thalie n'était plus de longtemps emprysonnée elle avait bien vite séduite le geolier Au grand jour elle marchait, sans crainte des soudarts A plus d'un régiment elle pompa le dard
En les ruines d'un castel, leurs pas les menèrent A voir sept filles si identiquement pareilles Chacune s'écria ce n'est pas un mystère Sept soeur réunies c'est une merveille
Beaucoup elles pleurèrent d'émotion et de joie Tremblements dans la voix, les larmes dans les yeux Leurs vies se racontèrent autour d'un grand feu Puis s'endormirent dans le vieux castel sans toit
Le matin trouva les septs soeurs songeuses D'avenir point n'avons en pays envahit Les soldats, toutes nous les craignons, sauf Thalie Pourtant bien savons que ne somme pas peureuses
Unyssons nous, et ce pays sera sauvé Si chacune de nous accomplit un exploit De ce monstre enfin nous serons libérées Et nous redonnerons à tous les coeurs la joie
Nous battre ne savons, mais autres armes avons Les sept pêchés, c'est le nom que nous donnent les gens Mais de nos défauts des qualités nous feront Et d'abattre le tyran, il fut fait serment.
Onzième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit de Polymnie
Polymnie la première se présenta au roi
Qui crut que c'était là donzelle pour ses ébats
Car le Tyran Tanos était un chaud lapin
La belle le repoussa et ce langage lui tint
Ce jour tu es roi demain je te chasserai Profites de tes derniers jours en ce palais Car je suis venue accomplir les sept exploits Au loin tu partiras c'est là ta propre loi
Le tryste sire ne fut point impressionné Mais le courage était pour lui grande vertu Aussi renonça-t-il à ses envies de cul Il lui dit va et tue le Lion de Némée
C'était Lion invulnérable aux armes Sur sa peau les épées les mieux trempées brysaient Ses crocs d'acier les armures déchiquetaient Qui le défiait laissait les siens en larmes
Courageuse, Polymnie ne recula pas Et en la vallée d'Argolide elle s'en fut Chercher le Lion et défier au combat Ce terrible monstre à ce jour invaincu
Un matin elle trouva le Lion terrifiant Couché sous un arbre déchirant quelque proie Le monstre impressionant lui glaça le sang Le Lion l'ayant vue lentement se leva
Le soleil faisait flamboyer sa crinière Sous sa robe d'or, de puyssants muscles bandés Dans sa gueule, ce n'était que poignards acérés De son pas royal, il faisait trembler la terre
Frêle jeune fille, pour le monstre bon repas Par la peur tenue elle voyait pour elle la mort Dans les yeux du grand fauve toutes griffes dehors Quand il fondit sur elle La Colère éclata
Polymnie déchaînée hurlait comme une damnée Ses imprécations firent fuire le soleil La tempête leva, la terre fut fêlée Les dieux eux-mêmes se bouchèrent les oreilles
Surprit par cet éclat le grand Lion recula Terrifiant adversaire, très fort il rugit Mais ne put faire taire la belle Polymnie C'est les tympans percés, vaincu qu'il s'écroula.
Douzième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit de Calliope
Calliope, vêtue de la peau du Lion
Devant le monarque fit grande impression
Voyez, le premier exploit j'ai pu accomplir
Car j'ai tué le grand monstre sans coup férir
Dites moi quel sera le deuxième exploit? Tanos sourit, ne soit pas trop sure de toi Six travaux il te reste à réalyser De la Biche aux pieds d'airain cherche le trophé
Calliope s'en fut sur le mont Cérynée Là où vivait la Biche aux sabots d'airain A la course nul ne pouvait suivre son train Ses sabots donnaient vitesse, agilité
Elle trouva la Biche qui ne se cachait point Sure qu'à la course personne ne la rejoint Calliope se lança à sa poursuite Courant comme le vent mais la Biche allait plus vite
A travers champs, montagnes, vallées et plaines De nombreux jours durant sans prendre aucun repos Elle poursuit sa proie à en perdre haleine Si bien qu'elle s'écroula, se coucha sur le dos
Et là, la belle, harassée, fondit en pleurs Des sabots brillants, l'envie la tenaillait Mais comment les prendre, cela elle ne savait La Biche revint s'informer de son malheur
Mes sabots ne peut donner que si tu me bat Elle répondit: à la course je ne peux pas N'as tu pas autre chose à me proposer ? La Biche dit : un jeu nous pouvons essayer
Posons des devinettes sur les animaux Celle qui ne trouvera pas le juste mot Aura perdu, mon gage sera mes sabots Et toi tu me donneras du Lion la peau
Je ne crains rien car toutes les bêtes connais Cheval il a la tête mais dans l'eau il vit Hyppocampe dit Calliope et elle sourit A moi, il a trois têtes, six mains et deux queues
La Biche terrifiée dit je ne connais point Aussi lui donna-t-elle les sabots d'airain Quel est cet animal de moi inconnu ? Je ne sais, prends la peau ! Et s'en fut toute nue.
Treizième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit d'Erato
Erato remit au roi les sabots d'airain
La troisième épreuve, je suis venus chercher
Tanos bien que surprit eut un sourire en coin
Les écuries d'Augias, va donc les nettoyer
Augias était un roi qui règnait en Hélide Il avait un troupeau d'innombrable grands boeufs Qui de leur écurie point ne sortaient la queue Y chiant à foison, l'odeur était fétide
Le fumier s'amassait, les pâtres débordés Tentaient comme ils pouvaient de laver l'écurie Mais que pouvaient-ils faire là où trois mille boeufs chient Plus d'un malheureux, par la merde fut noyé
Par petites étapes, Erato s'en fut choisissant les auberges où dormir elle put Arrivée en Hélide, elle alla voir Augias Qui tout le temps pestait car ses boeufs ont la chiasse
De leur écurie, ils ne veulent point sortir Et mon beau pays par cette odeur terrible Est ruiné, mes gens sont en train de partir De nombreux quolibets je me retrouve la cible
Ô Roi, je suis là pour t'aider dit Erato Donne moi quelques jours tes pâtres et tes soldats Aux soldats donne une pelle, aux pâtres un rateau Et à tes grands tourments je mettrai le holà
A sa demande, la roi bien vite accéda Rameuta ses troupes, les confia à la belle C'est en maugréant que tous se mirent en selle Puis Erato aux animaux parler alla
Au son de sa douce voix, leurs oreilles se levèrent Mes jolis, suivez moi, en un champ vous conduis Verte y est l'herbe vous en gouterez les fruits Et santé vous referez car pur y est l'air
Et Erato si bien aux animaux parla Que les boeufs la suivirent sans seulement mugir Aux pâtres elle s'adressa, nettoyez le caca Puis elle s'en fut dans un pré pour s'y endormir.
La merde évacuée, aux soldats elle sourit A vos pelles les gars, il faut détourner l'Alphée Et dans l'écurie cette rivière faire passer Le travail terminé, plus trace de pipi.
Quatorzième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit de Terpsichore
Terpsichore devant Tanos se présenta
Le bruit du grand exploit par sa s
ur accomplit
L'avait précédé et elle se l'attribua
Vois grand roi comment de tes épreuves je ris
Celui-ci, renfrogné dit : soit, forte tu es A la prochaine épreuve tu feras un bide Car les pommes d'or du jardin des Hespérides Tu dois aller chercher et me les ramener
Elles étaient les filles de l'Etoile du Soir Et loin en Afrique usaient de leur savoir Pour cultiver un jardin aux arbres fleuris Qui grande merveille donnaient de dorés fruits
Long fut le chemin que Terpsichore entreprit Aux confins de la terre ses jambes la portèrent Jusqu'au jour où le grand géant Atlas elle vit Lui qui portait le ciel sur ses épaules de fer
Elle lui dit bonjour, tu tiens le ciel vraiment bien Aux portes du jardin, enfin, elle arriva De hauts murs l'encerclaient, un dragon pour gardien Ne sachant comment entrer, Terpsichore dansa
Telle était sa grâce, que les jardinières Ravies du spectacle l'invitèrent à entrer Beau est le jardin, mais la vie est austère Pour vous amuser, j'ouvrirai un cabaret.
Ainsi, Terpsichore revint à son métier L'auberge elle tenait et aussi elle dansait Les Hespérides leur argent dépensaient Ce fut un jeu d'enfant que de bien les plumer
Et quand tout leur argent elles eurent dilapidé Terpsichore décréta l'auberge est fermée Ni pleurs ni cris ne purent lui faire changer d'avis Il est hors de question de payer à crédit
Les belles jardinières envoyèrent émissaire L'auberge de rouvrir, en pleurs, elle supplia Si vous pouvez payer, cela je veux bien faire Car sans argent, commerce ne tournera pas
Les Hespérides, réunies en grand conseil Se décidèrent à vendre quelques pommes d'or A la belle en échange de son oseil Ainsi, voyez, elle ne fut point avare à tort.
Quinzième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit d'Uranie
Diomède était un roi qui vivait en Thrace
Uranie eut pour myssion de lui ôter vie
Après qu'au tyran les pommes d'or elle remit
Lui disant : méchant tu perdras bientôt ta place.
Tuer ce grand roi n'était point chose aisée Car autour de son palais, dans un grand fossé De nombreuses juments vivaient, aux naseaux fumants, Aux dangereux sabots et aux tranchantes dents
Ces grandes cavales, le maître nourryssait De beaux morceaux de viande complètement crus Mais plus que l'aloyau, les chevaux adoraient Les prisonniers vivants que le roi jetait nus
C'était pour les bêtes un grand jour de fête Quand leur était jeté un pauvre condamné Qui dans d'atroces souffrances était dévoré Par les juments voraces, jusqu'à la moindre miette
Ce n'était pas là certes leurs repas ordinaires Ceux-ci se composaient de viandes d'animaux Livrés chaque semaine par de nombreux serfs Il fallait des troupeaux pour nourrir ces chevaux
Vaches, cochons et b
ufs en quartiers découpés
Dans un vaste hangar ensuite entreposés
Les capryces du tyran, la montagne de chairs
Ec
urant amoncellement, sert à satysfaire
C'est de nuit qu'Uranie entra dans l'entrepôt Ayant beaucoup marché la belle avait grand faim La pitance des chevaux fut pour elle un festin Quand elle eut fini, il ne restait que des os
Les bêtes enragées furent vite très affamées Et Diomède criait qui donc m'a volé ? Pour nourrir ses chéris, il vida ses prisons Sans même pouvoir faire taire leur appétit glouton
Les servants du château, à leur tour ils mangèrent Les soldats il jeta, mais ca ne suffit pas A court de munytions, il lança sa belle-mère Sa femme et ses enfants, tout le monde y passa
Les chevaux affamés, il voulut raisonner Vous deviné bien ce qui alors arriva Le roi termina sa vie dans un estomac Uranie repue put en son pays rentrer.
Seizième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit de Thalie
Thalie devant le roi vint cet exploit narrer
Le Tyran, excédé, ne vit même pas son cul
Thalie le lui montra, il ne voulut la baiser
Tant soucieux il était, Thalie fut fort déçue
Pour tâche, il lui donna une ceinture à chercher Appartenant au roi qui se nomme Hippolyte Seigneur des Amazones, près la mer noire habite De nombreux bruits courraient sur ce grand peuple guerrier
La stricte vérité va bien vous étonner Mais ces farouches guerriers étaient très bien membrés Les femmes en leur pays, le goulot trop étroit L'ardeur de leur mari, pas une ne supporta
Ignorant le danger, Thalie fit ses paquets S'en fut pleine d'ardeur, confiante en son destin De surpryses en route, dysons qu'il n'y eut point Etapes entrecoupées de nuitées censurées
Arrivée à la mer, dans l'eau elle barbota Pour à son corps donner une nouvelle fraîcheur Mais le bruit attira quelques hommes en chaleur La belle ils entourèrent, point ne s'effaroucha
Bien que fort excités, ils étaient éduqués Demandèrent permyssion de Thalie pénétrer Quoiqu'elle fut fort tentée, pensant à sa myssion A son très grand regret, elle parvint à dire non
A la ville elle les suit, au roi est présentée Hôte exquys il était, dans une chambre il l'invite Festin organysé, et Thalie est fêtée Les hommes lui font la cour, mais la belle hésite
Choisit bien ton mari, ce sera le dernier Une seule fois te prendra, en grande joie tu mourras Thalie leur répondit, cela ne m'effraie pas Autant que vous soyez, je peux vous supporter
Au plus ardent amant, j'accorderai ma main En ordre alphabétique, venez donc essayer De me persuader de vos grandes qualités Pour cela vous devez ne vous ménager point
Les hommes ainsi défiés, variant les positions Pour satysfaire la belle, se firent compétytion Ils étaient tous fourbus quand l'aurore approcha Thalie vite sur ses pieds, la ceinture empocha.
Dix-septième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs narrant l'exploit de Clio
La dernière tâche à Clio fut confiée
Par le roi fort fâché des succès rencontrés
Par celle qu'il croyait une forte adversaire
Quand soudain il pensa au féroce Cerbère
Cet animal mythique, aux trois gueules méphitiques A la queue de dragon et aux puyssants crocs d'acier Saurait bien écarter pour le roi le danger Que la donzelle fasse triomphe fantastique
Il l'envoya chercher ce monstre aux crocs d'acier Qui gardait en grondant les portes des Enfers Mais le chien avait maître qui vivait sous la terre Il était Prince des morts, Hadès le mal-aimé
Et sans sa permyssion, Clio ne pourrait point Emmener le gardien et sa myssion remplir De ce prince des morts, elle devait quérir Le mot gardé secret pour commander au chien
Hermès lui montra le chemin des Enfers Elle longea des ravins profonds et menaçants Traversa des déserts, et franchit des torrents De larmes et de sang, de lave et d'éther
Le Styx traverser il lui fallut encore A Charon le nocher elle donna pièce d'or A travers le grand fleuve, le passeur la conduit Aux portes des enfers le voyage est fini
Au grand maître des lieux Clio est envoyée Afin que de son sort, le destin soit fixé Car Prince des Enfers qui accueille les morts Point n'est habitué à quelqu'un du dehors
Terrifiant est ce dieu qui pour l'éternité Des âmes trépassées juge les qualités Elysée pour les bon, supplyces pour les méchants Verdict sans appel, telle est la loi séant
Sans même les yeux baisser, Clio sa requête fit Au Prince elle demanda de commander le chien De quitter les Enfers, de rentrer chez les siens Hadès lui répondit, tu dois y mettre le prix
Ce prix Clio paya, en son pays revint Cerbère attaché, obéyssait fort bien Si vous lui demandez quel prix elle dut payer N'attendez point réponse, trop orgueilleuse elle est.
Dixhuitième chant de l'Odyssée des Sept Soeurs et fin de leurs aventures
Sept s
urs réunies marchèrent vers le château
Derrière elles venait le grand chien à trois têtes
Sur leur passage, les gens en l'air jettent leur chapeau
Elles nous ont libérés, hourra c'est la fête
Aux portes du palais les gardes sont rassemblés Pour interdire l'accès, protéger le tyran Qui assit sur son trône refuse de s'en aller Il est mauvais perdant, réfute son serment
Du haut de son balcon, à la foule il parla Tricherie il y eut, sept filles m'ont berné Aucune n'a accomplit toute seule les sept exploits Là n'était pas le contrat, je puis donc rester
La foule en colère injurie alors les s
urs
Vous n'êtes point des héros et nous avez trompés
En faisant naître en nous l'espoir d'être délivrés
Voyez le résultat, encore plus grand malheur
S'il n'eut été Cerbère qui menaçant grondait Les filles ainsi conspuées eussent été massacrées Réduites en charpie par la foule en colère Qui les encerclait et leur jetait des pierres
Les sept s
urs d'une seule voix se mirent à crier
Oh oui Tanos dit vrai, à sept avons été
Affronter le danger, accomplir les exploits
Pour libérer le pays, et chasser le roi
Aussi avouons que tromperie il y eut Mais tromperie ne fut point à vous adressée L'homme qui ainsi vous parle, le trône a usurpé Vos enfants et vos femmes par lui ont disparus
Vos époux à la guerre ont été massacrés Et tout notre beau pays il a dévasté Si à homme pareil on ne peut pas mentir Alors nous voulons bien être vos martyrs
La foule interloquée aussitôt se calma Pour ensuite mieux rugir, cette fois contre le roi Les gardes du château furent vite submergés L'occupant massacré, le pays délivré
A Tanos qui fuyait par une porte dérobée
A ses trousses fut lancé le terrible Cerbère
Qui d'ordres de Clio le mena aux Enfers
Le tyran est vaincu, les S
urs peuvent danser.
Un jour naquirent sept soeurs en un pauvre village
Tudieu se dit le père, il était très furax
Pour nourrir ces pécores, ca va taxer un max
Les parents décidèrent de consulter un sage
Long était le chemin qui menait à la ville Le sage, dit la mère saura nous conseiller Son mari rigola, qu'il nous donne plein de blé Sinon nous abandonnerons les filles dit-il
Sa femme pleura beaucoup car ses filles elle aimait Mais à l'avys de son mari elle se rangea Après que de la quitter il la menaça Une de ses filles au moins garder elle souhaitait
A cela le mauvais homme lui rétorquat Impossible car si une seule fille nous gardons A la ressemblance de leurs jolis minois C'est sur nous que les gens porteront leurs soupçons
En pleurs, de tous les noms son mari elle traita Mais ni pleurs nis cris ne lui firent changer d'avys Plus têtu qu'un âne son parti était prit Enfin à la ville l'équipage arriva
Mais on était dimanche, le sage n'était pas là Déçus, ils décidèrent, sans bruit d'abandonner L'un de leurs enfants sur les marches dans le froid Le sage dit le père saura bien l'éduquer
Devant l'églyse la deuxième ils laissèrent Sans scrupules cette fois la troisième ils posèrent A l'ombre d'un arbre dans un paturage Puis à l'auberge ils mangèrent du fromage
En partant la quatrième ils oublièrent La cinquième qui avait faim se mit à hurler Ne voulant pas sur eux l'attention attirer Vite fait, à l'eau du fleuve ils la jetèrent
Dans un chariot le père la sixième posa Pour la septième très fort sa femme insysta Voulant qu'un sort meilleur que ses soeurs lui soit fait Les parents ingrats la laissèrent près du palais
En partant le mari à sa femme acheta A un commercant quelques beaux rubans de soie De leur masure ils reprirent le long chemin Abandonnant les jeunes enfants à leur destin.
La première par le sage étonné fut trouvée
Bon fond il avait, il lui donna à manger
A sa bonne il dit décrasse-la dans l'heure
Débarbouillée, la petite ému son coeur
Il décida de la garder auprès de lui Car sa vieille bonne il faudrait bientôt remplacer A la femme il dit apprends lui la maisonnée Elle a belle voix, son nom sera Polymnie
Avec grande joie la bonne obtempéra Heureuse de cette aide au soir de sa vie Polymnie elle éduqua comme si fut sa fille Tout son savoir à la petite elle dyspensa
Le ménage elle apprit, faire les poussières aussi Laver le linge et le repasser, faire les lits Bientôt l'argenterie n'eut plus de secrets pour elle Elle cousait, reprysait, savait faire la vaisselle
Polymnie avait sept ans quand la bonne s'en fut De nuit manger les pyssenlits par la racine La jeune fille pleura tant qu'elle remplit une bassine Le sage dit : a toi de me servir, c'est mon du.
De fort mauvaise grace, la fille s'exécuta Travailla une semaine puis très fort se facha Je veux bien t'aider mais point ne serais ta bonne Si je me crevais pour toi je serais bien conne
Tes journées tu passes à étudier, bouges ton cul Aide moi, à te servir ne me sens tenue Je veux aussi avoir accès à ton savoir Quand j'étudierai toi tu iras au lavoir
Tant le sage fut impressioné par cette colère Qu'il céda sur tout et éduqua Polymnie La journée sa part aux taches ménagères il prit Le soir en la bibliothèque ils étudièrent
Polymnie apprit la poésie lyrique Au sage elle montra comment les plats on astique Si le vieux sage faisait montre de patience La jouvencelle, elle, se fachait à outrance
Polymnie grandit, et devint fort belle demoiselle Savante aussi, fort versée dans la poésie Mais de ses fureurs elle eu réputation telle Qu'en ville colère fut synonyme de Polymnie
La deuxième fille près de l'églyse abandonnée
Fut par le curé du village retrouvée
Soucieux de son prochain il nourrit la petite
Puis s'informa du lieu ou ses parents habitent
Personne et pour cause, ne put le renseigner Contraint de la garder, il dut se résigner Il fut fort terrifié quand il vit que de vit Point elle n'avait, forcément c'était une fille
Dans le village il fit croire qu'un garçon abandonné pleurant il avait recueillit Car des filles religion le contact interdit Et le pauvre curé était fort pudibond
L'églyse en ce temps là bien souvent est déserte D'ancien dieux régnaient, et peu nombreux ses fidèles A croire comme lui que fille est de l'âme perte Telle religion c'est vrai, n'appelle guère au zèle
A l'enfant il donna le nom de Calliope Et à ses sept ans en fit un enfant de coeur La messe elle n'aimait, pour le curé son malheur Ingrate se dit le curé, tu es une salope
Mais là n'était pas la véritable raison Du peu de foi de sa petite protégée Aux sermons biens tournés, Calliope préférait Les robes des dames, les parfums qui sentent bon
En un garçon obligée de se travestir Les parures des filles de son âge elle enviait Les bijoux les perles faisaient ses yeux reluirent Et son état forcé, bien fort elle maudyssait
Un jour, sa tête pleine d'envies de babioles Il naquit en son coeur une très grande rage Ayant appris du curé l'art de la parole Sans détours elle lui tint à peu près ce langage
Oyez Monsieur curé ces paroles censées Vous vous dites admirateur de la vérité Qui des grands tourments de l'enfer nous gardera Expliquez moi alors pourquoi mentir je dois
Le curé fut par ses paroles impressioné Par sa faute la petite risquait d'être damnée Pour se racheter en parures il se ruina Car ses dons, l'envie de Calliope n'éteignaient pas.
La troisième abandonnée dans un paturage
Dormait sous un arbre à l'ombre de ses ramages
Quand par un couple de bergers elle fut trouvée
Sans enfant, tous deux décidèrent de l'adopter
Après sa sieste, la petite se réveilla A ses nouveaux parents, gentiment elle sourit Sans chichis du lait d'une chèvre elle s'abreuva Fit bien vite son renvoi et puis se rendormit
Ses parents l'appelèrent du doux nom d'Erato Et lui enseignèrent l'art de garder les troupeaux Cette tâche à la petite convenait fort bien Elle dormait, les bêtes surveillées par son chien
Ne croyez cependant qu'elle ne savait rien faire Quand elle ne dormait pas elle écoutait sa mère Chanter et réciter de belles poésies Qui parlent des champs, des troupeaux et de la vie
En menant ses bêtes des poèmes elle récitait Les animaux sensibles aux belles choses Docilement partout la jeune fille suivaient Jusqu'à ce qu'à l'ombre d'un arbre se repose
Cette douce vie aurait pu durer longtemps Si paresse n'était point si vilain défaut Qui un tryste jour lui joua un tour méchant Privant de sa tendre vie la belle Erato
Alors qu'elle dormait vinrent de méchants voleurs Qui avysant troupeaux d'une telle valeur Gardé par fille si profondément endormie Ne se gènerent pas pour en faire leur profit 5.2
A son réveil, très fort désemparée elle fut De son troupeau ni queue ni tête ne voyant plus Son chien devenu avec l'âge paresseux Dormait sur la plaine ou avant paissaient les boeufs
En pleurs elle confessa sa faute à ses parents Ceux-ci alors entrèrent dans une grande fureur Qu'avaient-ils fait pour mériter un tel malheur Ils chassèrent Erato tout en la maudyssant
Pour subsyster de beaux poèmes elle racontait Aux veillées des villages où ses pas la menaient Poésies en échange d'un morceau de pain Et d'un bon lit pour attendre le lendemain.
La quatrième dans une auberge abandonnée
Par la femme du tenancier fut découverte
Ayant perdus fille, qui fut pour eux grande perte
Sans hésiter ils décidèrent de l'adopter
L'auberge était prospère, tous deux sans descendants A leur fille ils donnèrent pour nom Terpsichore Devant témoins lui léguèrent tout en cas de mort La petite ils élevèrent c'était leur enfant
Terpsichore grandit et l'auberge ne désemplit Car à la beauté s'ajoute grande qualité La belle est gracieuse et aime tant danser Tous les soirs les nombreux clients elle ébahit
Par ses pas osés, ses entrechats si gracieux Son corps tout en mouvement captive les yeux Les bourgeois sans compter leur argent dépensent Entonnant vive Terpsichore, vive la danse
C'est donc ainsi que les mois et les années passent Pendant que la fille danse, les parents turbinent Tant et si bien que devenus vieux trépassent Et Terpsichore en larme se retrouve orpheline
C'est maintenant à elle de mener la barque Tenir une auberge n'est pas chose facile Servir l'absinthe et faire cuire la barbaque Toutes choses ardues pour fille si gracile
De ne plus pouvoir danser elle est très frustrée Rêve d'en la capitale s'en aller valser Mais elle n'ignore pas que la vie y est chère et doit donc pour cela beaucoup d'argent se faire
Sur les dépenses vite elle se met à rogner L'argent s'amasse mais l'auberge décline Les clients déçus n'y remettent plus les pieds Rien à faire, Terpsichore est devenu radine
Le fromage est pourri et le vin se tarrit De servantes de salle elle ne trouve plus Si ce n'est quelques vieilles, mais elle n'ont pas beau cul La réputation du lieu bien vite est partie
Ruinée la pauvrette se décide à partir elle pense mon auberge j'ai très mal géré De blé je n'ai pu en amasser cet été Je danse maintenant et attends l'avenir.
Jetée à l'eau la cinquième fille barbota
Mais point longtemps car un marin la repêcha
Au capitaine du bateau il la conduit
Le vieux loup de mer en fut vraiment ébahit
Demi-tour ne pouvons faire, la garder il faut Jusqu'au prochain port dit-il à ses matelots Et c'est ainsi que ces rudes hommes apprirent A changer des langes, bien vite ils en rirent
A l'escale, ils s'étaient attachés au bébé Ils menacèrent leur chef de se mutiner Si l'enfant aux autorités était remis Vite il céda et nomma la fille Uranie
C'est donc sur les flots bleus que la petite vécu, Choyée par les marins, hommes durs mais gens de bien De ports en ports, beaucoup de pays elle a vu A son âge, peu de filles ont été si loin
Elle ne connaissait pas l'art de la broderie Mais à fréquenter tout le temps des gens de mer, Uranie acquit la science de l'astronomie Par tous les temps, le bateau elle menait à terre
L'air du large lui donnait très grand appétit Tous les hommes qui l'aimaient beaucoup, sur leurs repas prélevaient les plus beaux morceaux pour Uranie Un non les vexaient, et vite, tout elle accepta
Uranie grandit, et son appétit aussi Se dépensant, ne devint pas grosse pour autant Mais de nourriture, toujours plus elle engloutit Toujours on la voyait se promener mangeant
Si bien qu'un jour les vivres vinrent à manquer Alors il fallut tirer à la courte paille Pour savoir qui serait mangé, ohé, ohé Le sort tomba sur la belle qui mangeait de l'ail
Une rixe éclata parmis les matelots Les plus hargneux voulaient bien vite la mettre au pot Les anciens, la connaissant de toute petite A grands cris, refusaient une telle marmite
Des morts il y eu, la faim les autres acheva Uranie vécu car bien mangé elle avait Ramenant le bateau, la faim la tenaillait Déçue de la mer, son pas en ville la portat
Le chariot sur lequel la sixième fut posée
A une troupe de comédiens appartenait
Quittant la ville ils ne remarquèrent l'enfant
Que quand il réclama du lait à leurs dépens
Ils furent bien embêtés de cette découverte Craignant qu'on ne les accusent d'enlèvement Il décidèrent pour ne point se compromettre De faire passer la fille pour l'un de leur enfants
Vite elle fut adoptée, ils la nommèrent Thalie Toute jeune ils lui apprirent la comédie Son premier rôle fut celui d'un beau bébé Puis en grandissant elle eut beaucoup de succés
Elle eut du succés sur les planches, mais surtoût Entre les bras de beaux hommes et de bons amants Ainsi que de beaucoup de riches commerçants Les grands seigneurs avaient ses faveurs avant tout
La bagatelle n'avait plus de secrets pour elle Les hommes elle rendaient fol car elle était très belle A son charme terrible nul ne résistait Partout où elle passait, les bourses elle essorait
Un tel comportement n'était certes pas courant Sa réputation fit vite le tour du pays De toutes les régions on vint pour voir Thalie Les comédiens organisèrent spectacle payant
Un très grand lit fut construit sous un chapiteau Thalie au milieu y recevait ses amants Déchaînée elle était, ils partaient pantelants A l'entracte ses parents vendaient des esquimeaux
Quiconque fatiguerait la belle serait fêté Aussi les hommes s'en donnaient-ils à coeur joie Ce qui devait arriver hélas arriva Un des amants mourrut, son coeur avait laché
Il faut dire que son surnom était Vie-a-gras C'était aussi le fils chéri d'un puissant roi Celui-ci piqua une grande colère Et sans pitié mit toute le troupe aux fers
C'est là que pour le moment Thalie nous laissons Mais soyez rassurés, amateurs d'histoires Grivoises, bientôt la belle nous retrouveront Qui des ses fredaines encores nous fera voir.
La septième soeur abandonnée près du palais
Eut un destin que bien des filles lui envieraient
Le prince qui vivait là, par ses cris attiré
Donna ordre à ses gens de sauver le bébé
Ayant un jour reçu un mauvais coup d'épée Le prince ne pouvait avoir descendance Aussi à sa femme, il dit c'est la providence Qui aujourd'hui nous envoie un bel héritier
Nenni lui dit sa femme, c'est là une donzelle Elle est comme toi escouillée mais c'est naturel Damn dit le prince qui parlait anglais fort bien Une jouvencelle c'est tout de même mieux que rien
Gardons la, je changerai la constitution Ainsi en mon beau pays les filles pourront regner Et voila règlé mon problème d'héritier Quant aux mécontents sur un arbre nous les pendrons
Il fut fait ainsi et la fille nommée Clio Se retrouva à la tête d'un beau magot Le prince fit venir de savants précepteurs Qui éduquèrent la princesse avec bonheur
De toutes les matières, l'hystoire faisait sa joie Elle ne se lassait d'entendre parler des rois Qui avaient règnés sur de si vastes contrées Accomplis exploits de si grande renommée
Mais comme toute médaille a un revers Sa noble condytion lui monta à la tête Et bientôt elle regarda les gens de travers A son passage, c'était rarement la fête
Le prince désespérait de lui trouver parti Aucun prétendant ne semblait lui convenir A tous la princesse répondait non merci Ce qui mettait son père dans une très grande ire
Il lui dit ma fille il te faut te marier Si enfant tu veux avant d'être déssechée A cela Clio dit voila qui est exclu Je suis bien trop belle pour tous ces m'as-tu-vu
Sur ce d'un page sa femme enceite tomba Le fripon fut tué, le cocu exaucé Un garçon naquit, le prince se l'attribua L'orgueilleuse Clio du palais fut chassée.
Un jour débarqua d'un lointain pays Tanos
Il était très grand roi et cruel conquérant
Ses sombres soldats ne craignaient ni plaies ni bosses
Et le pays ils envahirent en chantant
Princes et leurs armées ne purent lui résyster Ils furent massacrés, le sang coulat à flot Et tous les prysonniers furent exécutés Le pays en entier sombra dans le chaos
En les villages, Tanos brûla les sorcières Pilla les temples, détruysit les églyses Ses soudards burent même toute la bière Dans tout le pays c'était la grande cryse
Les commerçants ruinés et soldats survivants Sur les routes et chemins s'en furent errants Vierges affolées et vieillards asthmatiques Suivaient en pleurant le train de la panique
Tanos bien vite en la capitale entrat Et le roi dans une cage il enfermat Sur le trône vacillant son cul il assit Très fort il déclara ceci est mon pays
Maître j'y serai pour le restant de mes jours Mais point ne suis un salaud, voici un concours Quand un héros aura sept exploits accomplis Je m'en retournerai en ma lointaine patrie
Ils furent nombreux ceux qui leur chance tentèrent Des confins du pays on vint pour défier Le tyran sanguinaire er le concours gagner Hélas, tous les héros étaient morts à la guerre
Un à un les concurents partirent au loin En terre lointaine pour le premier exploit Ils étaient motivés, voulant chasser le roi De ces braves hommes on ne revit aucun
Paysans souffreteux, soldats improvysés Leur arme est le courage, pas un ne revint On fit alors appel à des héros lointains A qui on promit couronne en cas de succés
Vinrent chercher gloire de puyssants paladins, Des chevaliers errants protégeant l'orphelin Et de très grands chasseurs pourfendeurs de dragons Pas un ne posa la couronne sur son front.
Sérényssime Empire d'Ys