Courts-métrages du Festival de New Balnéa


* * * * *
Gladiatorus, 1re partie

Lool de Virion


Le soleil se couchait enfin, une nouvelle ère allait s'ouvrir... à ses pieds... l'armée de son peuple et de ses alliers... 50 000 cavaliers, 200 000 fantassins, 2 000 chars de guerre... et aussi là une centaine d'éléphants carthaginois, il distinguait même l'armure d'argent de Loolius, son fidèle allié qui brillait aux derniers rayons de l'astre mourrant...

Plus à l'Est, à quelques encablures de la plage, cinglait la flotte de l'empire, 500 galères prêtes à lâcher les feux grégeois dévastateurs à son signal... si tant est que l'Amiral Mytilénius obéisse à ses ordres, pour une fois...

Le généralyssime yssois Paxatagorius observait la grande armée de l'empire... son armée !

Une jeune femme s'approcha lentement de lui, portant les attributs de général de cavalerie et les armoiries de son clan.

PAXATAGORIUS (P)  --
Aaaah général Tinùvielus... quelles nouvelles ?

TINÙVIELUS (T)  --
Et bien, les troupes du rebelle Ravelinus ont décidé de rejoindre notre clan, nous pouvons donc compter sur ses 2 000 caillasseurs nubiens.

P  --
ah... ces romains auront du paver à retordre avec ceux là...

T  --
La légion de Méthosius a été repérée par nos éclaireurs à 1 000 stades à l'ouest de notre position...

P  --
Il tente de rejoindre Rome avant nos troupes... l'imbécile, nous enverrons Loolius à sa rencontre, il regrettera amèrement d'avoir abusé de ma femme lors du sac de notre citée...

T  --
Mais, n'avez vous pas répudié votre femme parce qu'elle était plutôt d'accord ?

Paxatagorius lui lance un regard noir et lourd de sens... Tinùvielus recula en tentant de garder contenance...

T  --
Heu... et que faisons-nous pour Georgius ?

P  --
le félon slaviste finira écartelé et noyé dans l'ydel comme il le mérite... nous le rechercherons après avoir raser Rome... mais au fait où est Aspasius, je n'ai pas envie d'être seul ce soir...

T  --
Elle... s'amuse avec quelques soldats...

P  --
quelques ???

T  --
enfin, quelques dizaines quoi...

* * *

À quelques kilomètres... enfin je veux dire stades, de là, l'empereur Clemius Le Grand passait en revue ses légions... 400 000 hommes en étincelante armure attendaient, fiévreux, la bataille...

CLEMIUS (C)  --
Billouius... Billouius, où es-tu mon bouffon ...

Un bossu borgne et vérolé apparaît...

BILLOUIUS (B)  --
Que puis-je faire pour vous, puissante majesté de tout le monde connu ?

C  --
Imite-moi le Paxatagorius... il m'amuse tant de dénigrer mes ennemis avant la glorieuse bataille...

Et Billouius entame une singerie digne des plus grands contorsionnistes faciaux...

* * *

Plus au sud, Ravelinius tenait conseil avec son état major.

RAVELINIUS (R)  --
Kaiserus, mon plus grand lieutenant, aujourd'hui... enfin, demain sera un grand jour, celui où nous verrons les pavés accéder au titre d'armes du prochain millénaire... ben en fait le premier d'ailleurs...

Kaiserus ne répondit rien... ce qui était tout à fait normal car muet depuis le jour où l'ignoble prince byzantin Isaacus lui avait fait trancher la langue... de toute façon, comme le dit isaacus : « il racontait tellement de conneries que ça manquera à personne, » parole visionnaire s'il en faut car personne ne se plaint jamais de la mutilation de ce pauvre Kaiserus, pas même son chef Ravelinius qui envoya même des chocolats pralinés (denrée fort rare au premier siècle avant JC Delmonte) au prince byzantin... mais ceci est une autre histoire...

* * *

Le décor était en place, les acteurs présents et la scène aménagée... tout pouvait commencer...

La suite dans le prochain épisode de cette sublymissime saga pseudo-hystorique...



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Gladiatorus, 2e partie

Toujours Lool de Virion


Il est midi environ... le soleil se lève sur un champs de bataille ravagé...

La quatrième légion du général Methoius est décimée, les quelques survivants se rendent tout en craignant leur prochaine captivité, car ils connaissent la réputation de leur vainqueur, le prince carthaginois Loolius, qui traversela plaine sur son oliphant blanc, tout paré de sa célèbre armure d'argent encore tachée du sang de ses ennemis...

LOOLIUS (L)  --
Alors Archybaldius que penses-tu de la puissance de nos éléphants de guerre ?

ARCHYBALDIUS (A)  --
Clemius va vous en vouloir mon maitre... Methosius était son général le plus renommé...

L  --
Bah, quand les troupes gauloises de mon cousin Krystofius de Lutèce seront là, il aura d'autres problèmes à se soucier...

A  --
et que fait-on de Methosius ???

L  --
arrachez lui les trippes et pendez le... non, mettez le moi au frais, Paxatagorius voudra surement s'en occuper personnellement.

A  --
bien mon maitre...

L  --
et donne des ordres, nous retournons au campement de Paxatagorius... Rome brulera sous les trois jours...

* * *

Rome, grandiose, la plèbe vaque à ses occupations : torture, maltraitance d'esclaves, orgies sado-masochistes (même si le terme ne sera inventé que bien plus tard) etc... bref Rome dans toute sa splendeur quoi...

Clemius et l'impératrice Lilimiesse se retrouvent dans le grand atrium impérial du palais rouge de Néron (même s'il n'est pas encore né... ).

CLEMIUS  --
vivons nous les derniers instants de Rome ma bien aimée ???

LILIMIESSE  --
c'est pas possible, selon l'histoire, nous n'avons pas encore atteint notre expension maximale...

C  --
et la défaite cuisante de la quatrième légion... c'est nous qui devions détruire carthage et pas l'inverse...

L  --
nous sommes dans une super-production Loolienne... alors tu t'attendais à quoi au dernier épisode ??? Que le prince Loolius se ferai laminer la face par ta légion... ???

C (UN PEU DÉPITÉ)  --
ben ouais... j'trouvais ça cool d'être empereur alors j'croyais gagner...

L  --
même seul contre toutes tes légions il aurait gagner... et pis tu vois pas Ys perdre devant Rome tout de même ???

C  --
t'as raison, je vais de ce pas au sénat pour démissionner...

L  --
Par Jupiter, et dire qu'il est empereur... tu peux pas démissionner, t'es empereur...

C  --
ben justement, je décide qu'en mon droit d'empereur...

L  --
arrête, la dernière fois que t'as usé de ton droit divin, c'était pour lancer l'attaque sur Ys... et regarde où on en est...

C  --
ouais, mais Ys est détruite...

L, HURLANT  --
peut-être, mais pas les yssois, ils sont à 500 stades au sud avec une armée...

La crise institutionnelle semble insoluble à Rome, tandis qu'au campement yssois...

Des rires et des gémissements sortent à intervalles réguliers de la tente de Paxatagorius. Tinùvielus, accompagnée de Loolius et de Ravelinius attendent...

Soudain, Aspasius sort en courrant...

ASPASIUS  --
ghe shuis dégholée, vous pouvez ghy aller...

Une fois l'état major réuni, Paxatagorius entame la description de leurs troupes... Cinq heures plus tard, les discussions peuvent commencer...

RAVELINIUS  --
j'exige les pavés du Capitole comme butin.

LOOLIUS  --
mon peuple exigera que Rome brule pour venger Carthage...

TINÙVIELUS  --
Mais Carthage n'as pas encore été rasée...

LOOLIUS, UN PEU DÉSOLÉ  --
je le sais, mais mon peuple n'est pas illéttré et il connais bien l'histoire alors il faut bruler Rome...

PAXATAGORIUS  --
soit, Rome brulera...

* * *

Rome brulera-t-il ?

Ravelinius aura-t-il les pavés du Capitole, une arme redoutable entre ses mains ?

Paxatagorius se vengera-t-il de Methosus pour les malheurs faits à sa femme ?

Clemius pourra-t-il démissionner ?

Loolius résussira-t-il à charmer le général Tinùviélus ?

Ou Aspasius partait-elle en courrant ?

Krystofus de Lutèce arriver-t-il à temps pour les réjouissances ?

Mais pourquoi l'amiral Mytélinius n'était-il pas à la réunion ?

Autant de question, et bien d'autres qui trouveront leur réponse dans

le prochain épisode de Gladiatorus :

ROME BRÛLE-T-IL ???



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Gladiatorus, 3e partie

Rome brûle-t-il ?

Toujours Lool de Virion


Le soleil se lève sur les côtes méditerranéennes de l'Italie (qui s'appelait d'ailleurs pas encore Italie)... Musique style Wagner à la sauce peplum genre ça pète avec des cuivres et des tambours... La vue est du ciel, semblant emprunter le regard d'un oiseau... Nous survolons Rome la ville est magnifique, parée de marbre et de dorures aux bâtiments gigantesques (le réalisateur à dépensé sans compter)... les vagues impétueuses viennent s'écraser sur les contrforts des murailles... comment ça Rome est pas en bord de mer... ??? Ben pour ce film elle l'est !

Bon, continuons, le vole continu et au dehors des murailles se dessinent les innombrables cohortes des légions romaines, leur cuivres resplendissant au soleil... à leur tête, le méga-centurion Schweinwaldus Le Mécréant, le plus grand chef de guerre de Rome, rappellé de sa retraite au bagne pour défendre la citée menacée. L'homme est borgne, manchot et inspire une peur irraisonnée tant à ses hommes qu'à ses ennemis...

Le vol continu... après quelques vertes vallées entrecoupées de ruisseaux et de collinettes... la vue débouche sur le camp yssois immense, s'étallant à pertes de vue... on repère facilement la tente pourpre et or de Paxatagorius devant laquelle le général Tinùvielus passe ses troupes d'élite, les lanciers poséydoniens, en revue... Plus loin Loolius pionce sous son éléphant blanc...

La vue continue et arrive au dessus de la mer où attend la grande flotte impériale... la vue plonge sur une immense galère parée des armoiries de l'amiral des Mers Mytilènius.

La musique change et un rythme afro résonne dans les armatures du fier navire.

L'amiral Mytilénius est en train de langoureusement se trémousser avec une jeune mousse sur le pont arrière...

MYTILÈNIUS (MY)  --
Moltiérus, venez dansez avec nous, un commandant tel que vous doit bien savoir danser...

MOLTIÉRUS (MO)  --
arrêtez amiral... tout le monde attend de savoir pourquoi vous n'étiez pas à la réunion d'état major du dernier épisode et je suis également curieux de connaitre la réponse...

La musique stoppe net.

MY,FURIEUX  --
Mais je voulais y aller moi, mais notre abruti d'auteur m'a oublié et comme au dernier moment il s'est apperçu de son erreur, il à ajouter une petite question à la fin pour se donner le temps de réfléchir... résultat, il parait que j'ai danser la bossa nova toute la nuit... je sais même pas danser la bossa nova...

MO  --
J'avais remarqué...

Avant que l'amiral n'ai pu répondre, un pigeon voyageur se met à hurler : « Le haut commandement de ce film vous fait savoir que si le scénario ne reprend pas immédiatement, votre navire sera coulé à la prochaine bataille et que ce sera sanglant. »

MO  --
déjà qu'avec cette intro à rallonge on a perdu 50% des spectateurs...

PIGEON  --
ON SE GROUILLE

MY  --
Préparez ma chaloupe, je me rend chez Paxatagorius pour mettre au point notre tactique...

* * *

Pendant ce temps à Rome, au temple de Jupiter, tous les sénateurs, l'empereur et les généraux attendent la décision de l'oracle.

LANZOLUS (L'ORACLE)  --
La victoire sera à toi Empereur, si tu gagne la bataille.

Tout le monde approuve par un petit mouvement de la tête la réflexion des dieux. Mais Clemius semble énervé au plus haut point...

CLEMIUS  --
Trucidez moi ça...

Et avant que quiconque ai pu réagir, Schweinwaldus avait traversé le corps de l'oracle avec son épée...

CLEMIUS  --
Jupiter, maintenant c'est fini les conneries... répond ou je fais raser tout tes temples...

Une immense clameur retentit et apparait allors dans une sourde lumière Salemus, le postier des dieux...

SALEMUS  --
bon, ça va... tu va te faire massacrer et tout les spectateurs seront heureux...

CLEMIUS  --
et Rome ?

SALEMUS  --
le réalisateur à fait placer 10 000 tonnes de feux d'artifice dans la ville, alors y a pas beaucoup d'espoir... attend, le scénariste vient de recevoir un gros paquet de pognon d'un institut de l'histoire romaine et réécrit le script... c'est peut-être pas perdu... mais y faudra attendre le prochain épisode...

CLEMIUS  --
et pour Methosus ?

SALEMUS  --
ben, c'est Paxatagorius qui s'en est occupé personnellement... et c'est pas beau à voir...

CLEMIUS  --
et ma femme que va-t-elle devenir ?

SALEMUS  --
Lilimiesse... attent, je consulte le scénar... ben elle épouse Paxtagorius et devient impératrice du monde... Mais bon c'est l'ancienne version... je peux pas dire ce qu'il va passer dans la tête du scénariste.

* * *

Le camps yssois est en pleine effervéscence...

Une délagation arrive, 200 guerriers gaulois, habillés de peau de bête de chez Dyor, encadrent Krystofus de Lutèce, le puissant et respecté général des Gaules.

Loolius, tout juste réveillé, se jette dans les bras de son cousin.

LOOLIUS  --
Mon cher Krystofus, tu arrive enfin, j'ai crus que tu serait pas là à temps...

KRYSTOFUS  --
je n'aurais manqué ça pour rien au monde...

Le général Tinùvielus arrive, à cheval à la tête de 2 000 cavaliers yssois.

TINÙVIELUS  --
Je vous salue Krystofus de Lutèce, votre arrivé tombe bien Clemius vient de recevoir 5 légions en renfort depuis l'ibérie... nous allons intercepter une de leur colonnes...

LOOLIUS, FAISANT SON FORT RÉPUTÉ SOURIRE CHARMEUR  --
je peux venir ?

TINÙVIELUS, FROIDE  --
Non.

Et le général repart à la tête de toute sa cavalerie.

LOOLIUS  --
Combien d'hommes a-tu ?

KRYSTOFUS  --
25 000 environ, mais 10 000 cavaliers de Saumur doivent arriver sous peu... t'as pas réussi à sortir avec elle ?

LOOLIUS  --
j'vois pas de quoi tu parles... tiens, voilà une vieille connaissance, Ravelinus...

RAVELINUS  --
alors mon cher Krystofus, toujours faché contre mon caillassage de Lugdunum il y a 2 ans ???

KRYSTOFUS  --
que nenni mon cher, cela nous a permis de refaire les routes à moindre frais...

LOOLIUS  --
dépèchons nous, Paxatagorius nous attend... et cette fois Mytilénius est présent...

* * *

Sous la tente de Paxatagorius, 10 minutes plus tard...

Les cris d'agonie de Methosus se font entendre en fond sonore...

PAXATAGORIUS  --
Bon, les plans de bataille sont prêts... Mytilénius lancera l'assault à partir de la mer, nous devons neutraliser leur flotte avant d'engager nous troupes terrestres...

MYTILÈNIUS  --
Nous les écraserons...

RAVELINUS  --
si il est pas en train de danser une bossa nova...

Mytilènius est sur le point de se lever, mais Paxatgorius, en bon généralyssime intervient.

PAXATAGORIUS  --
enfin, messieurs... calmez vous... donc une fois la flotte romaine neutralisée, les vaisseaux de Mytilénius déclencheront les feux grégois sur les légoins en même temps que les troupes de Ravelinus commenceront un caillassage systématique pour couvrire notre avancée...

Paxatagorius montre alors une carte (10 YY$ chez votre revendeur de journaux) et indique un point...

P  --
Loolius, toi et tes troupes attaquerons le flanc est, il est bien défendu et ce sera sans doute Schweinwaldus ou Clemius qui le commandera ce ne sera pas facile...

LOOLIUS  --
pas de problème, je connais le réalisateur...

P  --
tu veux toujours brûler Rome ?

L  --
Ben, comme c'est pas décidé en haut lieu et qu'ils veulent peut-être récupèrer le décor pour un autre film... si je demande qu'on brule et qu'on brule pas, j'aurais l'air con... j'échange un incendie de Rome avec une nuit avec le général Tinùvielus.

P  --
Ben t'ira lui demandre toi même, la dernière fois que je l'ai fait Aspasius n'a pas pu me XXXXX pendant 1 semaine... Bref, après cette attaque, le général Tinùvelus à la tête de sa cavalerie et moi même avec mes chars de guerre et les fantassins yssois, nous chargerons au centre... tandis que les Gaulois de Krystofus prendrons les légions à revers... Tout le monde à compris ?

Tous les grands hommes présents acquiessèrent.

PAXATAGORIUS  --
Alors distribuez absynthe et opyum aux guerriers, nous levons le camps en début de soirée et demain aux premières lueurs de l'aube, lorsque nos esprits auront dissipé la brume absynthique, nous soumettrons Rome...

MYTILÈNIUS  --
hein ?

PAXATAGORIUS  --
On attaque dès qu'on a désaoulé...

MYTILÈNIUS, EN SORTANT  --
y m'énerve avec ses phrases grandiloquentes...

* * *

Rome sera-t-elle soumise ?

Comment Clemius pourra-t-il sauver sa nation ?

Mytilènius apprendra-t-il à danser la Bossa Nova ?

Loolius décrochera-t-il un rendez vous avec Tinùvielus ?

Methosus finira-t-il de souffrir ?

Que deviendrons les oies du capitole ?

Que nous prépare le scénariste qui est en retard pour rendre le script et qui touche des peaux de vin de Rome ?

Qui est ce mystérieux Navre dont personne n'as encore parlé ?

Vous les saurez dans le prochain épisode de Gladiatorus : les Canons de Navre à Rome



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Gladiatorus, 4e partie

Les Canons de Navre à Rome !

Toujours Lool de Virion


Les premiers rayons d'un immense soleil orange illuminent une armée en marche... Le généralyssime Paxatagorus mène une immense foule de soldats, cavaliers et éléphants vers l'orgueilleuse cité de Rome...

La vue prend de la vitesse, nous faisant découvrire en vol en rase motte la plaine et, bientôt, les remparts de Rome, la vitesse diminue et s'immobilise devant une fenêtre de la Villa Rosa de Clemius Le Grand. Clemius semble soucieux, il a revêtu ses plus beaux habits de soldats. Schweinwaldus se tient à ses côtés, stoïque...

Un bruit se fait entendre et une porte de bois sculptée s'ouvre. Un inconnu entre à son tour.

INCONNU  --
Mes respects, mon Empereur.

CLEMIUS  --
Enfin, vous voici Navre Kraspoutinus...

KRASPOUTINUS  --
J'arrive tout juste de Syracuse sire, la ville était envahie par les troupes yssoises.

CLEMIUS, FURIEUX  --
A part cela, qu'as-tu d'autre à dire ???

KRASPOUTINUS  --
j'apporte une arme avec moi, fruit du grand génie des Syracusains... ils appèlent ça des canons...

CLEMIUS  --
Aaaah, je comprends pourquoi le scénariste t'as appelé Navre Kraspoutinus pour pouvoir faire un mauvais jeu de mot avec le titre de l'épisode...

KRASPOUTINUS  --
ouaip, mais voila comment ça marche...

* * *

Pendant ce temps sur le dos ahanant d'un éléphant blanc de Carthage, Loolius avait invité le général Tinùvielus à prendre un thé à la menthe.

LOOLIUS  --
Mais enfin ma toute belle, pourquoi refuse-tu ?

Tinùvielus le repousse gentiment de la main, tout en dégustant son thé avec un sourire entendu aux lèvres.

LOOLIUS  --
allons, ma chère, je vous offre un royaume, une citée, un empire richesses et pouvoir... et un homme dont la magnificence du torse imberbe n'a que Paxatagorus comme comparaison...

TINÙVIELUS  --
Je ne suis pas sur que les spectateurs aient bien compris le sens de ta dernière phrase...

LOOLIUS  --
j'm'en fou des spectateurs... allez, juste une nuit et si ça te plait pas je laisse tomber...

TINÙVIELUS, SOURIANTE  --
D'accord, une nuit...

LOOLIUS, SAUTILLANT ET MANQUANT DE PASSER PAR-DESSUS BORD  --
ouaip... tu le regretteras pas...

TINÙVIELUS  --
... seulement si tu atteins le capitole avant moi...

LOOLIUS  --
Alors rendez-vous au capitole et à demain soir...

Il lui baise la main avant de descendre rejoindre ses troupes, laissant la général yssoise se laisser choire dans des coussins de soie en poussant un soupir de plaisir...

* * *

Mais déjà le soleil dardait ses puissants rayons sur la plaine d'Italie. L'armée titanesque des yssois était en vue de Rome et Clemius, au devant de ses légions d'élite, observait les armes de ses adversaires, brillantes promesses de terribles exactions...

CLEMIUS  --
A ton avis Schweinwaldus... ?

SCHWEINWALDUS  --
L'attaque viendra de front...

CLEMIUS  --
... alors pourquoi avoir positionné nos troupes d'élite à l'Est ?

SCHWEINWALDUS  --
C'est là que Loolius attaquera avec ses éléphants... seuls nos soldats d'élite auront les tripes de s'opposer à son avancée.

CLEMIUS  --
Soit, et pour...

C'est à cet instant que retentit au loin, une corne de brume.

CLEMIUS  --
impossible, ils sont encore à 3 stades au moins...

SCHWEINWALDUS  --
La mer, ils attaquent le port... maudit soit ce Mytilénius...

En effet, au même moment, les puissantes galères yssoises pulvérisaient les pauvres trirèmes romaines, l'abordage des navires était mené par les troupes maritimes d'élite du commandant Moltiérus, les Apnéistes-tricyclistes, au rythme d'une Bossa Nova endiablée... En moins de 5 minutes, sur l'écran, il ne reste rien de l'orgueilleuse flotte romaine... Ys est maîtresse des mers...

MYTILÉNIUS  --
Et bien voilà un bon boulot de fait... il ne reste qu'à ces terrestres à prendre la ville... Préparez les catapultes...

Soudain un bruit de tonnerre éclate non loin de L'Absinthe Délirante, le navire amiral yssois, et l'Opium Frelaté du capitaine Mac Connorus semble percuté par un lourd objet qui fracasse littéralement le gaillard d'avant...

MYTILÉNIUS  --
Allez me chercher ce con de scénariste, les romains n'avaient pas de canons...

Mais ses cris disparaissent dans le fracas d'un nouveau combat...

Paxatagorus est là, nimbé d'une irréelle aura de puissance... il semble invincible, son lourd chariot de guerre avance au sein de ses troupes, dont chaque homme salue avec déférence le grand généralyssime. Il arrive au niveau de quelques cavaliers dirigés par le général Tinùvielus...

PAXATAGORUS  --
Général, vous aurez l'honneur de mener l'attaque du Capitole...

TINÙVIELUS, SEMBLANT AFFOLÉE  --
Heu... non, généralyssime... je... puis-je attaquer, je sais pas moi, le quartier des marchands de café ???

PAXATAGORUS, SÉRIEUX AU POSSIBLE  --
Général j'ai dit que vous prendriez le Capitole et vous prendrez le Capitole.

TINÙVIELUS, DÉÇUE  --
bien généralyssime... pour Ys.

PAXATAGORUS (S'ÉLOIGNANT)  --
Pour Ys... et de toute façon, les Romains ne faisant pas le commerce du café...

Paxatagorus revient 30 secondes plus tard, à pied et en courrant...

PAXATAGORUS, PASSABLEMENT ESSOUFFLÉ  --
J'allais oublier... (il reprend une digne posture militaire) à mon signal... déchaîne les enfers...

Et il repart en courrant... mais déjà les caillasseurs de Ravelinus décimaient les premières manipules qui avaient eut l'audace ou le sombre esprit suicidaire de se porter au devant des yssois.

RAVELINUS  --
Alors ils foutent quoi... nom de Francoyvyllyon, Kaiserus, on a encore toute la Via Magna à dépavé alors dis à nos hommes de se grouiller...

KAISERUS  --
ouais, gueule pas, on y va...

RAVELINUS, ÉTONNÉ  --
Mais tu parles, je croyais qu'Isaacus de Byzance t'avais fait couper la langue... ou alors, c'est que tu es son espion...

KAISERUS, PRENANT UN PAVÉ  --
et de Rome par la même occasion !

Un fratricide pugilat s'engage alors, les Ravelinniens ne sachant que faire, respectant autant leur chef que leur commandant en second cessent petit à petit de combattre...Déjà les deux camarades d'hier sont blessés au sang, chacun armés d'un pavé, Ravelinus brandissant " Caillasse ", son fidèle pavé qu 'il a taillé lui-même...

Les deux guerriers sont agiles et se connaissent bien depuis toutes ces années, les passades d'armes sont violentes mais souvent parées. Lorsque soudain Kaiserus feinte, tombe à terre et, dans un ample mouvement hyperbolique vient asséner un violent coup de pierre dans la poitrine de son adversaire qui s'écroule, sans vie...

Kaiserus se retourne, le sourire grave...

KAISERUS  --
je suis désolé mon ami... cette victoire me semble bien vaine...

RAVELINUS, AVEC UNE VOIX MOURANTE  --
Pas tant qu'a moi mon ami...

Kaiserus se retourne et reçoit « Caillasse » en pleine tête puis s'écroule mort, la pierre profondément incrusté dans le crâne...

* * *

Mais pendant ce temps, Loolius, à la tête des carthaginois, prend d'assaut les premières lignes ennemies, faisant fi du danger il fonce, à la tête de ses troupes, son éléphant (nommé blanche neige en raison de sa couleur) bouscule les légionnaires courageux... mais déjà, les pavés cessent de tomber, privant ainsi les Carthaginois d'une protection précieuse...çà et là, des pachydermes agonisant dans des mares de sang au milieu des corps romains broyés...

SCHWEINWALDUS S'ADRESSANT À SON SUBALTERNE  --
Ottus, prend une manipule et tente de me massacrer cet éléphant blanc et de tuer Loolius, avec son armure d'argent, il sera facilement repérable...

Et les légions romaines de réarranger leur dispositif de défense pour passer en quinconce...

Le généralyssime Paxatagorus est assaillit par des dizaines d'estafettes qui lui apportent des nouvelles du front, alors que le gros de ses troupes attend de pouvoir attaquer sous son commandement...

TINÙVIELUS, ARRIVANT À CHEVAL  --
Paxa, c'est la cata...

PAXATAGORUS  --
Je sais, notre flotte est assaillie par des canons, les Raveliniens ne nous couvrent plus et Loolius est en grande difficulté...

TINÙVIELUS  --
Et Loolius...

PAXATAGORUS  --
Il connaissait les risques, hier je suis allé le voir pour lui dire que les forces adverses seraient 10 fois plus nombreuses que prévu dans sa zone d'attaque, mais il m'a marmonné un truc comme quoi c'était plus proche du Capitole...

Tinùvielus se retourne pour se mordre les lèvres de remords...

PAXATAGORUS  --
les Romains ont réussi à reprendre l'avantage... nous n'avons que deux choix... attaquer et risquer de voir notre armée décimée, ou nous retirer avec la possibilité de renforcer nos positions et peut-être négocier...

TINÙVIELUS  --
nous avons sous estimer leurs hommes de moitié, en réalité l'avantage numérique est de leur côté, ce maudit Clemius à bien manoeuvré...

PAXATAGORUS, LA MINE SOMBRE  --
La logique nous impose une seule voie...

* * *

Pendant ce temps à la villa Super Prima, Clemius reçoit lui aussi les rapports de ses troupes.

CLEMIUS  --
Et ben voilà, il fallait pas s'inquiéter autant que ça, c'est la déroute, les canons de Kraspoutinus font un véritable miracle sur les navires yssois et leur flotte sera bientôt anéantie... on pourra alors les retourner contre les troupes au sol...

LILIMIESSE  --
Et nos légions...

CLEMIUS  --
Les pavassages ont stoppé, comme Kaiserus nous l'avait promis... Loolius est tombé dans notre piège et Paxatagorus n'attaque pas... il n'attaquera pas, il sait que tout est perdu pour lui... Rome est sauvée...(il entame une petite danse) « Il ne peut plus rien nous arrivé d'affreux maintenant »...

Billouius fait alors son entré, le regard dans le vide...

CLEMIUS, LE VISAGE RADIEUX  --
Ah, mon fou favori qu'on a pas vu depuis le premier épisode... ne fait pas cette tête...

BILOUIUS, AFFOLÉ  --
Ils... ils attaquent...

CLEMIUS  --
mais oui, et nous gagnons...

BILOUIUS  --
Les yssois et Paxatagorus, ils attaquent...

Surpris, Clemius et Lilimiesse se précipitent sur un balcon pour assister à une magnifique scène (clou du film et qu'a coûté un tas de pognon, j'ai dépensé sans compter...

200 000 Yssois, cavaliers, fantassins, chars de guerre et autre se précipitent vers 1 000 000 de Romains disposés en ordre de bataille au pied d'une colline... (la scène dure 2 minutes (j'ai dépensé sans compter)).

Une violente accélération propulse alors la vue depuis le balcon impérial jusqu'au devant du char de guerre de Paxatagorus...

PAXATAGORUS, HURLANT  --
J'EMMERDE LA LOGIQUE...

Le choc est terrible, les premières lignes romaines sont balayées comme des fétus de paille et les colonnes yssoises s'enfoncent comme dans du beurre... Mais bientôt, une violente pluie de flèches et surtout les remparts vivants que forment les légions lourdes bloquent l'avancée des yssois qui se retrouvent immobilisés et quasiment encerclés.

La cavalerie yssoise avec à sa tête la générale Tinùvielus fait des miracles, volant au secours des groupes épars de fantassins yssois débordés, couvrant ici un replis, menant là une attaque... La scène est apocalyptique, les vivants marchent sur les mourants éventrés pour repartir à l'assaut, les cavaliers débordant les murs d'acier qui se referme sur eux comme des mâchoires hérissées de piques... un peu partout, des feux grégeois brûlent et explosent, dévastant des zones entières du champs de bataille qui sont rapidement reconquises par les combattants survivants...

Les yssois se battent vaillamment et avec une dextérité bien supérieure à leurs ennemis qui sont alourdis par d'imposantes armures, mais les romains ont une tactique et un ordre de bataille implacable et une vue du ciel montre facilement que la tache bleue et pourpre que forme les troupes yssoises se réduit fortement dans la marée rouge des légions de la puissante Rome...

* * *

Pendant ce temps sur L'Absinthe Délirante, le feu des canons à brisé les mats et la coque éventrée vomie des torrents de flamme...

MOLTIERUS  --
Amiral, une centaine de nos navires ont réussi à s'éloigner hors de portée, mais " L'Absinthe Délirante " est perdue, et nous continuons à avancer vers le port... les prochains tirs vont nous pulvériser...

MYTILÉNIUS, STOÏQUE  --
quelle est la portée de nos catapultes ?

MOLTIERUS  --
120 brassées pourq ?

MYTILÉNIUS  --
Fait évacuer le navire et prend le commandement de la flotte.

MOTLIERUS  --
Et toi... ???

MYTILÉNIUS  --
L'Amiral meurt, mais ne se rend pas...

MOLTIERUS  --
C'est pas plutôt le commandant coule avec son navire ?

MYTILÉNIUS, POSANT UNE MAIN AMICALE SUR L'ÉPAULE DE SON COMMANDANT EN SECOND  --
Tu m'auras toujours contredit mon cher Moltierus... maintenant, évacue, réunis les navires restant et prépare un débarquement en force dans le port...

MOLTIERUS  --
Mais, et les canons... ???

Mytilénius se contente de sourire et s'avance sur le pont au milieu des flammes dans une vision absolument dantesque. Moltierus s'exécute, la mort dans l'âme.

* * *

Plus loin, à l'Est, Blanche Neige gît dans une mare de sang, les troupes carthaginoises semblent proches de la défaite, mais quelques centaines de soldats fidèles se sont rassemblé autour de l'armure d'argent de leur chef et de leurs deux derniers éléphants... les romains sont en train de se rassembler pour porter la dernière attaque...

Loolius se tient au milieu de ses hommes, son armure est déchirée sur le côté droit d'où s'écoulent quelques filets de sang, il a également une coupure au front...

LOOLIUS  --
Mes chers amis, nous avons combattu du mieux que nous pouvions, mais l'ennemi était trop fort, personnellement, je resterai jusqu'à la fin, mais je comprendrais ceux qui veulent fuir...

LES SOLDATS  --
Jusqu'à la mort...

LOOLIUS, UN SOURIRE DE DÉMENT AUX LÈVRES  --
jusqu'à la mort...

ARCHYBALDIUS  --
comment organise-t-on la défense ???

LOOLIUS, RIANT  --
quelle défense, nous attaquons !

LES SOLDATS, HURLANTS  --
Vive LOOLIUS... !!!

* * *

Encore un peu plus loin, mais en revenant vers le sud... Ravelinus est étendu sur un linceul de pavés, sa blessure saigne abondamment et il est livide... Ses hommes, autour de lui, sont graves.

RAVELINUS  --
voyons, je vais mourir et alors ? Le pavé me survivra... aidez-moi à me relever.

Deux solides gaillards secondent leur chef qui monte au sommet d'un promontoire proche... la vision est terrible, la terre brûlée est recouverte de cadavres de toutes provenances, à sa droite, un groupe lance un assaut avec deux éléphants contre plusieurs légions et leur défaite ne fait aucun doute... au centre, les armées de Paxatagorus se réduisent à vue d'oeil dans une mer rouge romaine... à sa gauche, des centaines de navires brûlent et sombrent dans un océan de feu et de cadavres...

RAVELINUS, SE RETOURNANT VERS SES HOMMES  --
que faites-vous ?

UN CAPITAINE  --
La bataille est perdue...

RAVELINUS  --
et alors, devant lugdunum, la bataille était perdue, devant jérusalème, la bataille était perdue, devant sébastopol, la bataille était perdue et devant spartes, et devant capou... et les caillasseurs Raveliniens ont-ils fui ? ... Non et ils ont même gagné... je vous l'ai dit, le pavé deviendra l'instrument de cette victoire, alors retournez me caillasser ces enfoirés de romains sur-le-champ... et enterrez moi sous les pavés de l'agora...

Ravelinus, toujours fier, se libère de l'aide de ses hommes et s'écroule, mort. Ses troupes entament alors un chant rituel, ponctué par l'entrechoquement des pavés...

* * *

Sur L'Absinthe Déliranteen flamme, Mytilénius s'avance, il a le front brûlé et son bras gauche est en lambeaux, parsemé d'éclats de bois et de métal, il reste cependant d'un calme olympien et s'approche de la catapulte avant... il commence à manipuler le complexe mécanisme de visée...

MYTILÉNIUS  --
120 brassées... voilà (il regarde l'horizon) j'ai commencé à la balistique et j'y finirai...

Il tire le manche au même instant ou une salve de boulets s'abattent sur la galère, la réduisant instantanément en une gerbe de flamme...

Mais un minuscule feu grégeois au sain de cet enfer part en direction de Rome...

Kraspoutinus, sur les remparts, dirige d'une main de maître les canonniers. Il exulte, la flotte yssoise est en pleine déroute, il deviendra sûrement général... soudain, il aperçoit un feu grégeois qui se dirige droit sur lui... il s'approche, s'approche... et passe au-dessus des remparts. Kraspoutinus souffle en se retournant, puis son visage se fige lorsqu'il s'aperçoit que le feu grégeois se dirige droit vers son entrepôt de poudre à canon....

KRASPOUTINUS  --
Le con...

Vue de Rome, une terrible déflagration à lieu sur les remparts Ouest de la ville, engloutissant dans les flammes une bonne partie du port où déjà convergent les restes de la flotte yssoise...

Paxatagorus, toujours sur son char, une hache yssoise sanguinolente à la main observe l'explosion...

PAXATAGORUS  --
Superbe Mytilénius, superbe... malheureusement un peu tard...

Autour de lui, les lambeaux de ce qui fut la plus grande armée yssoise se resserrent sous les assaut romains, et même si l'incident du port a stoppé les attaques il ne se fait pas de soucis quand à sa défaite.

C'est alors que quelques pavés commencent à faire leur apparition dans le ciel. Paxatagorus reprend un peu confiance et appelle une estafette...

PAXATAGORUS  --
Va voir Tinùvielus, qu 'elle couvre notre retraite...

Soudain, une musique assourdissante envahie toute la plaine, un mélange harmonieux et puissant de gongs, de corne de brume et de tambours.

Un sourire apparaît sur le visage de Paxatagorus, il consulte rapidement son cadrant solaire de poche...

PAXATAGORUS  --
et en plus il est pile à l'heure...

ESTAFETTE  --
et pour la retraite...

PAXATAGORUS  --
la retraite, ce sera pour mes vieux jours... A L'ATTAQUE...

Les troupes gauloises, près de 200 000 hommes, menées par Krystofus de Lutèce brandissant une épée gigantesque au-dessus de sa tête et monté sur un cheval noir, déferlaient à présent en horde sauvage sur la plaine depuis l'Est vers l'Ouest.

Les quelques Carthaginois qui étaient sur le point d'être submergés furent sauvés par cette vague déferlante, tandis qu'à l'Ouest, les marins dirigés par Moltierus envahissaient le port.

La bataille tourna rapidement à l'avantage des assaillants, la cavalerie gauloise menant, de concert avec la cavalerie yssoise, des raids meurtriers dans les légions agonisantes qui ployaient sous des pluies de pavés et de feux grégeois...

En moins d'une heure, le combat était réglé et les légions de Rome défaites.

Mais déjà les troupes de Paxatagorus prenaient d'assaut la villa impériale.

La porte à double battant de l'atrium s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître l'ombre d'un géant... Paxatagorus.

PAXATAGORUS  --
Clemius, ignoble lâche, je suis ici pour venger mon peuple.

CLEMIUS, SORTANT D'UNE SALLE  --
Elle est morte, Lilimiesse à préféré se suicider plutôt que de tomber dans vos mains barbares...

PAXATAGORUS  --
C'est toi que je suis venu chercher...

Clemius et Paxatagorus tirent au même instant l'épée et engagent un furieux corps à corps, les lames s'entrechoques le sang coule... les deux adversaires semblent d'une force égale, soudain, Clemius se fend et touche l'yssois avec une dague dissimulée sous sa toge, le touchant profondément à l'épaule... Paxatagorus, faisant fi de la douleur lance un violent assaut qui déstabilise son adversaire et lui transperce le corps avec son épée... le sang gicle sur les mosaïques du sol...

CLEMIUS, AGONISANT  --
Tu fus un grand adversaire Paxatagorus... le plus grand dont j'aurais pu rêver... car grâce à toi, jamais mon nom ou celui de Rome ne sera oublié... mais je ne puis te laisser savourer ta victoire... la dague était empoisonnée, il te reste quelques heures à vivre... adieu mon meilleur ennemi... adieu.

Clemius, celui qui fut le Grand, s'écroule au sol, mort, un sourire extatique aux lèvres.

PAXATAGORUS (TOUCHANT SA BLESSURE EMPOISONNÉE ET SOURIANT)  --
Pour Ys... quelle grande bataille.

Il sort sur le balcon, dominant la ville conquise par ses troupes.

PAXATAGORUS, RADIEUX  --
Quelle meilleur occasion de mourir ?

* * *

Sur le champs de bataille où l'on commence déjà à enterrer les morts, un cavalier à l'armure tachée de sang semble déambuler de groupe en groupe... il arrive alors auprès d'un groupe de Carthaginois commandé par Archybaldus.

TINÙVIELUS  --
Où est votre chef ?

ARCHYBALDUS, UN SOURIRE TRISTE BARRE SON VISAGE  --
Il criait « tous au capitole », on l'a perdu dans les légions romaines juste avant l'attaque des gaulois... on a retrouvé son épée dans le crâne de Schweinwaldus et son armure éclatée non loin de là, mais pas encore son corps...

TINÙVIELUS, SE RETOURNANT POUR CACHER QUELQUES LARMES  --
Continuez...

Et le général repart au galop en direction de la ville. En quelques minutes, elle se retrouve au pied du capitole, ou de nombreux feu brûle pour cuire les oies mythiques qui nourrirons les troupes avant la nuit... La général yssoise descend de cheval, elle est saluée par tous les soldats présents, quelque soit leur origine, il reconnaissent en elle un véritable chef...

Mais Tinùvielus les délaisse rapidement et commence à grimper la colline, une fois au sommet, elle sèche ses larmes et embrasse du regard la ville qui brille sous le soleil couchant.

TINÙVIELUS  --
J'aurais tellement voulue que tu sois là...

Un voix retentit derrière elle « Je crois bien que j'ai gagné... »

Se retournant, elle voit Loolius, assis sur une colonne abattue, il est blessé, son épaule droite est enserré dans un pansement et semble saigner, mais il a l'air en pleine forme.

Il se lève et vint se poser à coter d'elle, regardant la ville vers la mer...

LOOLIUS  --
Ce fut une belle bataille...

Tinùvielus (se retournant elle aussi vers le large)

oui

LOOLIUS  --
de nombreux hommes de grande valeur sont morts des deux côtés...

TINÙVIELUS  --
nombreux... Paxatagorus m'as dit qu'il n'allait pas brûler la ville.

LOOLIUS  --
c'est bien... (il se retourne vers elle) alors, tu fait quoi cette nuit ?

TINÙVIELUS (SE RETOURNANT AUSSI)  --
Je crois que j'ai gagné un pari et que je vais en profiter.

LOOLIUS, INTERLOQUÉ  --
c'est moi qui ai gagné.

TINÙVIELUS, SE RAPPROCHANT  --
simple question de point de vue...

Ils s'embrassent fougueusement sur un fond de soleil couchant sur la mer...

-- FIN --



* * * * *
Comptine : une vieille hystoire yssoise

Lool de Virion


Il était une fois dans une profonde forêt...un petit enfant nommé Théophraste (toute ressemblance avec une personne connue serait totalement voulue)...

Théo apparait, le décor est celui de la forêt de Blair Witch (les truc minables en bois qui pendent aux arbres en moins), il chantonne.

THÉO  --
Lalalala...il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant...

FLASH...

Nouveau plan, une petite maison isolée dans les bois, elle appartenant, il y a longtemps à sept nains (nommés Otto, Methos, Dana, Archybald, Krystof, Emmanuel et Billou) mais ceci est une autre histoire...Dans un grand lit, se repose Aspasye, la mère grand du petit Théo.

Soudain, dans un grand fracas, un mur entier vole en éclat et le Loup Paxatagore apparait.

LOUP PAXATAGORE  --
Je suis venu manger le petit Théotruc...

GRAND-MÈRE ASPASYE  --
Théophraste n'est pas encore là...mais tu m'a l'air fort bien bâti...allez, vient près de moi...

LP  --
Je vais te manger, me déguiser en toi et manger Théo lorsqu'il arrivera...

GMA  --
c'est d'un commun...écoute, si tu me XXXX par tout les XXXX, je te laisse la place et je me barre aux caraïbes avec l'argent de la production...

LP  --
Bon OK, mais rapide alors...

Quelques heures plus tard, le petit Théo arrive chez mère grand, dont le mur défoncé parait aussi neuf qu'au premier jour...les mystères insondables du script...

THÉO  --
j'peux entrer ?

LP DÉGUISÉ EN GMA  --
mais oui, mon petit, tire l'aspasye et...heu non, tire la bobinette et la chevillère chèrera...non c'est pas ça...ENTRE ! (dit-il d'une voix de fausset).

THÉO  --
oh grand mère, que vous avez de grand yeux...

LP sans demander son reste se jette sur le Théo et l'écharpille sans perdre un instant dans une scène digne des films les plus gores en lui arach...CENSURE...

Une fois repus, le loup Paxatgore se retourne vers la caméra et dit...

LP  --
J'suis pas un illétré, je l'ai déja lu l'hystoire, alors je vais me tirer avant que le chasseur ne...

Le mur de la maisonnette explose pour la seconde fois du scénario et le chasseur (type rambo) Off-Mol entre et décharge son Paxatagorismomoltiérimètre à double zone...tuant net le loup Paxatagore...

Moralité...il faut mieux se faire XXXX par tout les XXXX et se barrer aux caraïbes, sinon on passe à la casserole...



* * * * *
Il y a une c... dans le potage !

Festival off du court-métrage ydéen.

Théophraste de Mytilène


Les Productions Indépendantes Mytilène présentent


IL Y A UNE C... DANS LE POTAGE !


Un conte scato-philosophique tiré d'une idée originale de Bernard-Henry Levys


Réalisatyon Jean-Luc Grosdard
Scénario Margueryte Duraille
Dialogues Kevin Pipotron
<>


Acteurs

(par ordre d'apparityon à l'écran)


Jocriste Georges le Roturier
Philomène Dana Krasspoutine
Archange Gabriel Billou Gro$ous
<>


(Ben oui, c'est un film d'auteur à petit budget, on ne sait pas se payer Paxa, Yeats ou de Virion)

* * *

Banlieue industrielle de Neue-Krassburg, il pleut. La caméra filme en noir et blanc. (On n'a pas le budget de Gladiatorus, nous.) Nous sommes dans une ruelle sale, bordée d'entrepôts à l'abandon. Jocriste, ouvrier au chômage, est assis sur une poubelle. Zoom avant sur son visage qui laisse apparaître de grosses rides sur lesquelles on distingue très nettement la haine ancestrale du prolétariat pour le grand capital. On voit qu'il a dû en baver sévère. La caméra fait alors un zoom arrière pour se tourner vers le fond de la ruelle d'où on distingue une forme féminine qui s'avance vers elle au ralenti.

(Bon, la scène dure 10 minutes, alors tous ceux qui veulent peuvent en profiter pour aller aux toilettes.)

Au fur et à mesure que la silhouette s'avance, les spectateurs qui ne se sont pas encore endormis se rendent compte qu'il ne s'agit pas d'une femme mais d'un homme travesti en femme (la production a refusé d'accéder aux exigences démesurées de Zoé Tinuviel, la seule femme disponible).

PHILOMÈNE, LE TRAVESTI  --
Le fond de l'air est frais.

JOCRISTE  --
hmmmmmmm (soupir désabusé).

La caméra fait un long plan sur les gouttes de pluie qui finissent leur vie dans les flaques de la ruelle. Plic-ploc, plic-ploc. (Quelqu'un doit fayre pipi ?)

15 minutes plus tard.

PHILOMÈNE  --
Tu as regardé Le Millionnaire hier soir ?

JOCRISTE  --
Je n'ai pas la télévision.

PHILOMÈNE  --
hmmmmmmmmm (soupir désenchanté)

Plic-ploc, plic-ploc. De derrière la caméra on entend alors une voix douce s'adresser à eux.

ARCHANGE GABRIEL  --
Aidez-moi mes amis. Où pourrais-je couler un bronze ?

La stupéfactyon se lit sur le visage de Jocriste et Philomène. Aucun son n'arrive à sortir de leurs bouches béantes (d'ailleurs j'en profite pour signaler à Dana et Georges qu'une visite chez le dentiste est recommandée au minimum tous les 6 mois).

La caméra se tourne vers un homme complètement nu avec des ailes d'autruche attachées dans le dos.

ARCHANGE GABRIEL  --
Je dois faire caca, mes amis.

JOCRISTE  --
Au fond de l'entrepôt, 2e couloir à gauche. Attention à la marche.

L'Archange s'éloigne doucement. Au loin, un assistant agite une plaque d'aluminium pour tenter de faire croire au tonnerre.

PHILOMÈNE  --
...

JOCRISTE  --
Même les anges chient, Philomène, même les anges...

Philomène s'effondre en larmes tandis que Jocriste se roule par terre en laissant échapper des râles inhumains.

NOIR. FIN. GÉNÉRIQUE.

* * *

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisatyon de ce film :



* * * * *
Gladiator 2, le Retour

Lanzo del Vasta


Rome, l'hippodrome un jour de fête.

Sur la ligne de départ, Ben-Hur, dans le rôle de Charlton « Riffle » Heston. A ses côtés, sur son Ysdérochar, Caracalla, l'oeil chassieux, la lèvre torve (brillament interprété par Xxxx de Xxxx). L'arbitre tire le coup de feu du départ. César, frappé en pleine poitrine par la balle, s'écroule en criant : « Fluctuat nec Tiberitur! » et expire dans les bras de Lady Jules (Makiah Dela ney). Les chars s'ébranlent, les chevaux s'emballent. Ben-Hur saute sur une mine de la Deuxième Guerre Mondiale. (Ce plan, coupé au montage, a été utilisé pour la Bataille Des Ardennes et a remporté le Phallus d'Or de la Meilleure Cascade).

Les spectateurs zappent massivement sur TF1. France-Telecom perd 11.06 points. Et maintenant une page de pub. « Kamarade sportif, akksepte-tu d'échanger ton baril de merksisme-luninisme kontre DEUX barils d'un autre produit dopant ? -- Ke Nenni ! Seul le Merksisme-Luninisme dilate mes bronchioles et rend mes globules rouges ENKORE PLUS ROUGES ! »

Suite de notre peplum de la soirée. Georges Le Roturier, dans le rôle de Spartacus, se fait sodomiser pas Marcus Licinus Crassus, le Konsul fondateur légendaire du Krassland. Peine perdue, le public est massivement passé sur Canal +X. Bouygues boit la tasse, le nasdaq perd 50 points, et l'ARZEA est mise sous tutelle financière du FMI. José Bové, dans le rôle de Spartacus, s'attaque à un Maccus Donaldus. Mc Donald pers 154 points et Wall Street plonge.

Et voici maintenant notre bulletin météo. Ouragan sur Ydémos, Dévastation prévue sur Ys, calme plat partout ailleurs. Les spectateurs crient grâce. Les téléspectateurs aussi. Suite à une grève du personnel navigant, Air France annule tous ses vols à destination de Rome. Les jeux du Cirque sont tranportés dare-dare à Avignon. Crucifiction de Georges Le Roturier, à la satifaction générale. Zoé Tinùviel et Egon Schweinwald chipotent sur un point de détail. Malaih entre dans l'Arène et Lesbys entre en Bourse. Profitant d'un trafic d'influence, Billou décroche le Jackpot. Le Général Methos gagne la Bataille des Ardennes suite à une erreur de casting. Ben-Hur, complêtement dégouté, franchit la ligne d'arrivée devant des gradins vides. Tout le monde s'est rué sur France 2 qui projette Cléopâtre Baise-moi avec Aspasye dans le rôle titre. A ce moment précis, une Pizza Géante s'abat sur Ys et...

La suite après la pub.



* * * * *
La Vie passionnée d'Offenbach-Moltieri

Offenbach-Moltieri


Scénario d'Offenbach-Moltieri


D'après le livre d'Offenbach-Moltieri


Basée sur l'histoire vraie de la vie du Général Offenbach-Moltieri


Écrit, dialogué, interprété et réalisé par :

Le Général Offenbach-Moltieri

GÉNÉRIQUE

Rapide flash-back sur les épisodes antérieurs au film proprement dit. Vue panoramique de la grande bleue. Sous-titre : « Méditerrannée, 1901 ». Des vagues. De très grosses vagues genre Poséïdon-sur-le-point-de-fermer-la-liste-Sérénissime. Les premiers rangs titubent sous le mal de mer. Les hôtesses du Festival distribuent de la dramamine et des sacs en plastique. Peu à peu, de petits éclats de lumière réflétée parsèment le grand bleu. Les casques rutilants des Carabiniers-Cyclistes brillent sous le soleil aveuglant. Les premiers rangs aveuglés vomissent leur popcorn sur les genoux du voisin. La mer est maintenant remplie de Scaphandriers-Cyclistes rutilants dans leur uniforme de parade vert bouteille. Gros plans de tronches guerrières toutes plus patibulaires les unes que les autres. Casting réalisé grâce à l'amabilité de la Direction du Bagne d'Altakraz. Casques bosselés, bandages de fortune, tout indique que la Division marémobile s'est fait déverrouiller sévère. Fin du Générique de début.

SEQUENCE ONE : LE SAC DE LA MOSQUÉE DE FLORENCE

Massivement convertie à l'Islam, la République de Florence menace l'unité chancelante du Royaume d'Italie. Rallié au Pape Léon XIV tandis que le Roi d'Italie s'est réfugié avec le Pape Clément XV, le Général fonce à marche forcée sur la ville hérésiarque. Scènes d'horreurs classiques. Population civile passée au fil de l'épée. Amoncellement de têtes tranchées, yeux vides, sourires niais. Les premiers rangs regrettent d'avoir déjà donné. Gros plans. Le sang gicle sur l'objectif. Râles en dolby stéréo super digital sensurround. Les aveugles des premiers rangs implorent une miséricordieuse surdité. Dire qu'on paie pour ce genre de choses.

SÉQUENCE TOO (MUCH) : LE SIÈGE DE NOVARA

Au premier plan, les Tirailleurs Sénégalais du Général de Pélissieux qui ont envahi le Piémont sous contrôle français. Le paquet est mis sur les fumigènes. On n'y voit plus que dalle. Les premiers rangs respirent. Nouvelle distribution de popcorn. Redoublement de fumigènes. On s'y croirait. Les premiers rangs toussent. Le popcorn vole dans tous les sens. Gros plan sur le Général qui a trouvé comment se sortir d'embarras. On le voit de dos descendre dans la champignonnière désaffectée de Novara.

SÉQUENCE TROIS

Vous rigolez. On avait dit un court-métrage, non ?

THE END



* * * * *
Le Jour d'Éléonore

Anaclet de Paxatagore


YDEWOOD présente...


Avec :


Maria Ottosson Eléonore Rent
Gontran Vunit Clem Yeats
Calixte Oost Krystof de Parys
Pr Dukas Georges Le Roturier
Standardiste Jade Callisto
Dr Krasswerd Bilou Gro$ous
Fersen Balte Canori Méthos
<>

SCÈNE 1 : HÔPITAL ARTHUR LE GODULIN

Hôpital Arthur Le Goludin-New Balnéa. Nous sommes dans le hall d'accueil. Le docteur Calixte Oost, chirurgien réputé est planté devant le comptoir d'accueil les mains dans les poches. Éléonore Rent, infirmière, est derrière le comptoir et semble s'affairer dans les papiers. Deux patients sont assis sur les chaises de la salle d'attente. La standardiste est au téléphone, nous n'entendons pas ce qu'elle dit.

DR. OOST  --
Eh bien mon petit, la journée semble assez calme.

É. RENT  --
Nous avons eu une intoxication alimentaire à La Bonne Pieuvre...

DR. OOST  --
Mmm? Rien de bien passionnant! Pas l'ombre d'une défaillance cardiaque, pas même une légère fracture !

É. RENT  --
C'est que Ydémos doit être calme. Je me demande ce qui a bien pu rendre tout ces gens malades : c'est un restaurant réputé pourtant !

DR. OOST  --
Vous ne voulez pas venir prendre un café plutôt que de vous occuper de ces choses assomantes ?
É. RENT  --
Merci docteur, mais j'ai les dossiers de vos deux patients d'hier à remplir, et le rapport que vous m'avez dicté à taper.

Le professeur Dukas passe alors dans le hall. Il est plongé dans une revue médicale.

DR. OOST  --
Cher et éminent collègue! M'accompagnez-vous pour un café? Mademoiselle Rent doit finaliser la paperasserie et je me retrouve seul.

PR. DUKAS  --
Mais avec joie, je suis moi-même désoeuvré depuis le début de l'après-midi !

Les deux hommes s'éloignent. La caméra se tourne vers Éléonore Rent qui échange un regard complice avec la standardiste. La standardiste fait les yeux au ciel. É. Rent hausse les épaules.

SCÈNE 2 : LE BRANCARD

Plan 1 : l'accueil

Plan sur le couloir principal de l'hôpital avec la porte d'entrée en fond. Au premier plan, E. Rent est plongée dans ses papiers. Soudain, les portes battantes claques, un brancard accompagnés de d'une infirmière et d'un policier entrent rapidement. Le policier est "à cheval" sur le patient et tente des massages cardiaques. L'infirmière tient une poche de glucose en l'air. Ils ont l'air très préoccupé tous les deux. L'infirmière : Homme, 22 ans, plaie à la tête probable, constantes vitales stables, grosses pertes de sang. É. Rent s'empare du micro.

Plan 2 : la machine à café

Plan sur la machine à café. Le Dr. Oost et le Pr. Dukas semblent beaucoup s'amuser. E. Rent, dans les haut-parleurs : Le Dr. Oost est demandé aux urgences, immédiatement ! Gros plan sur la poubelle : un gobelet à moitié plein y est jeté, effet de ralenti sur le café qui macule le sol en tombant. La caméra se tourne alors vers le couloir où l'on voit le Dr. Oost de dos, courir.

Plan 3 : la salle des urgences

Le Dr. Oost est en train d'enfiler des gants. É. Rent, l'infirmière et le policier font passer le patient du brancard sur la table d'opération. Beaucoup de sang tâche les draps.

DR. OOST  --
Alors, Rent, qu'est-ce qui nous amène ce jeune homme ?

É. RENT  --
Il a saigné abondamment au niveau de la tête, mais les constantes sont stables.

DR. OOST  --
Encore un de ces jeunes voyous qui aura été mêlé à une bagarre !

E. RENT, PARLANT À L'INFIRMIÈRE ET AU POLICIER  --
Merci, nous allons nous occuper de lui maintenant. À bientôt !

Gros plan sur la tête du malade couverte de sang, le Dr. Oost s'approche.

SCÈNE 3 : PERPLEXITÉ

Plan 1 : Les premières constatations

Plan pris du plafond au dessus de la table d'opération. Le Dr. Oost et É. Rent s'agitent sur le patient. L'oreiller est maculé de sang.

DR. OOST  --
Pas de lésion visible, ce doit être interne.

É. RENT  --
Il semble avoir arrêté de saigner, je n'ai plus besoin de le nettoyer.

DR. OOST  --
On va faire un scanner, pour voir ce qui ne va pas. La tête, ce n'est jamais facile. Comment sont ses constantes ?

É. RENT  --
C'est le plus curieux: tout est normal. Le rythme cardiaque, la température, tout !

DR. OOST  --
Le scanner nous en dira plus.

Arrivée d'un infirmier qui pousse une lourde machine très compliquée avec des lumières et des boutons partout. On installe la machine au dessus de la tête du patient.

DR. OOST  --
Bon, reculez-vous, on va prendre les clichés.

Plan 2 : les clichés

Une infirmière arrive avec les radios. Le Dr. Oost les coince sur un panneau lumineux.

DR. OOST  --
C'est incroyable, il n'y a rien !

É. RENT  --
On devrait peut-être faire une analyse du sang qui a coulé... ?

DR. OOST  --
C'est inutile voyons! Je vais appeler des collègues de Krassbach, ils ont une unité médicale intéressante.

É. RENT  --
Krassbach? Mais docteur...

DR. OOST  --
... oui je sais. Ce sont des merksistes. Mais il ne s'agit que de médecine !

Le Dr. Oost s'éloigne soucieux. É. Rent met un prélèvement de sang dans un bocal, colle une étiquette et se dirige vers le laboratoire.

SCÈNE 4 : ALLÔ, KRASSBACH ?

Plan 1 : Les grands moyens

Dans le bloc opératoire. Le Dr. Oost et le Pr Dukas ont la mine soucieuse. Il sont au téléphone, le haut-parleur est branché.

DR. OOST  --
Nous ne comprenons pas, les clichés du scanner ne révèlent rien du tout !

DR. KRASSWERD, AU TÉLÉPHONE  --
Mmm. C'est très mystérieux en effet. Nous avons un appareil à résonance nukléaire ki permet d'avoir une vision plus fine des organes étudiés.

DR. OOST  --
Oui, j'en ai entendu parlé, mais il nous est difficile de déplacer notre patient.

DR. KRASSWERD  --
Je komprends.

DR. OOST  --
Pardon ?

DR. KRASSWERD  --
Excusez-moi, mon ydéen est exékrable. Je voulais dire : je comprends. Nous pourrions faire venir notre appareil par aéroglisseur ?

DR. OOST  --
Ca va coûter cher, je dois demander l'autorisation aux autorités.

DR. KRASSWERD  --
Je me doute. Et puis il y a aussi le problème du nukléaire...

Plan 2: La découverte

Devant l'accueil. É. Rent tape sur le clavier d'un ordinateur.

É. RENT  --
C'est bizarre, quand même, nous avons déjà eu cette composition sanguine.

Gros plan sur l'écran. Une liste de quatre analyses identiques apparaît à plusieurs dates d'intervalle

É. RENT  --
Voyons-voir le dernier cas... Simulation ! Je le crois pas !

É. Rent s'empare du téléphone. La standardiste est interloquée.

É. RENT  --
Allô, bonjour je suis Éléonore Rent de l'hôpital Arthur Le Goludin à New Balnéa. Je cherche un patient du nom de Gontran Vunit qui serait éventuellement passé chez vous. Pourriez-vous consulter vos fichiers s'il-vous plaît ? J'ai une note comme quoi il aurait aussi fréquenté l'Hôpital Orenko à Kaora...

LA VOIX  --
Vonk, Vorr, Vuatisse, Vunit! Je l'ai.

É. RENT  --
Ahhh !

LA VOIX  --
C'est un simulateur. Il s'est retiré lui même du sang et s'en ai aspergé les flancs pour faire croire à une blessure au thorax.

É. RENT  --
Cette fois on le tient !

Plan 3 : Le pot-aux-roses

E. Rent arrive dans le bloc opératoire. Le Dr. Oost et le Pr. Dukas sont perplexes, toujours plongés dans le dossier. E. Rent enlève le drap qui recouvre le patient.

DR. OOST  --
Mais enfin Mlle Rent, qu'est-ce-que vous faites ?

É. RENT  --
C'est fini la comédie, Vunit, nous savons qui tu es !

Gros plan sur le patient. Quinze secondes se passent et il ouvre enfin un oeil.

É. RENT  --
Un simulateur! C'est la quatrième fois qu'il vient nous voir, il se badigeonne lui-même de sang pour faire croire aux blessures.

DR. OOST, DÉCOMPOSÉ  --
Hmmm. Bien, je pense qu'il faut que je rappelle mon collègue de Krassbach...

SCÈNE 5 : LA RECONNAISSANCE

Plan 1 : Debriefing

Salle de réunion de l'hôpital. Beaucoup de médecins et d'infirmière sont présents et discutent avec un café à la main. C'est le moment du debriefing. Un homme en costume trois pièces impeccable entre, c'est le directeur de l'hôpital, Fersen Balte. Il pose sa mallette sur une table, et s'assit à moitié sur celle-ci, en gardant ses mains dans les poches.

F. BALTE  --
Bien, mesdames, messieurs, aujourd'hui nous allons parler de bon sens. Nous avons eu une grande leçon hier. Mais Calixte va certainement nous expliquer ça mieux que moi.

Le Dr. Oost se lève, il semble gêné. Il prend son temps pour commencer à parler.

C. OOST  --
Nous avons eu un patient... curieux hier. Beaucoup de sang à la tête et pas de plaie, des constantes correctes. J'ai essayé le scanner qui n'a rien donné, nous étions prêts à faire venir un appareil à résonnance nucléaire de Krassbach même. Heureusement, j'étais bien entouré. L'infirmière Éléonore Rent ici présente...

Gros plan sur E. Rent, gênée qui sourit en regardant à droite et à gauche.

C. OOST  --
... a eu la présence d'esprit de rechercher dans nos dossiers l'analyse sanguine que nous avions faîte. Et elle a trouvé : c'était un simulateur, c'était la quatrième fois qu'il venait nous voir. Sans Éléonore , nous aurions dépensé des fortunes pour rien...

F. BALTE  --
Donc je m'adresse à vous messieurs les docteurs : écoutez les infirmières qui vous entourent et pensez plus souvent à la mine de renseignement que constituent les dossiers qui vous répugnent tant à remplir !

Plan 2 : Éléonore et Calixte

Retour à l'accueil de l'hôpital. É. Rent et le Dr. Oost sont devant le tableau des interventions. Ils ne se regardent pas en face, ils font semblants d'être absorbés par ce qui est écrit sur le tableau.

DR. OOST  --
Joli travail, Éléonore . Vous permettez que je vous appelle Éléonore , si vous m'appelez Calixte ?

É. Rent sourit.

DR. OOST  --
Dites-moi, vous pensez qu'il serait possible de fêter votre perspicacité ce soir, en vous invitant à La Bonne Pieuvre ?

É. RENT, SE RETOURNANT VERS LUI  --
Ce sera un plaisir Calixte.

FIN



* * * * *
Le Parrain

Clem Yeats


« Vous êtes encerclé ! »

Evidemment qu'il était encerclé, il s'en était rendu compte depuis bien longtemps. À peine pris l'angle de la 48e , cette petite ruelle sombre et sans issue, il s'était aperçu de son erreur.

Le doute semait la zizanie et son esprit ne pouvait prendre le dessus.. se rendre... tenter l'evasion... se rendre.. tenter l'évasion...

A quelques dizaines de mètres au dessus, perché sur la corniche d'un immeuble de 3 étages, le geste mécanique du sniper appuyant sur la détente repondit presqu'immédiatement au signal « allez y » de son talkie-walkie.

N'ayant guère plus l'occasion de réfléchir sur la décision à prendre, l'esprit se retira du corps, cédant au coup fatal d'une balle en plein front. Net, précis. Aussitôt après la détonation, le point rouge s'était élargi et répandait du sang pendant que le corps, lui, s'acheminait droit vers le sol.

Dana gisait mort...

Le Lieutenant Méthos, chef de la 15ème brigade nationale, ne put dissimulé son sourire : « Tsshh... Pierus, c'est très bien joué ça ! À vous

Billou Gro$ous tourna la tête vers Methos. Les deux hommes avaient été collègues et binomes lorsqu'ils avaient débuté dans la police anti-terroriste du 15ème district de New Balnea 4. Puis ils avaient gagné du grade et ils se retrouvaient maintenant Lieutenant et Maire adjoint... et tous les deux sur le 15ème de New Balnea 4.

« Putain Méthos ce Dana est raide !!! Trois ans qu'on lui court après !!

Depuis 17 ans, les habitants du 15e district étaient soumis à la loi de la police. Celle-ci au premier abord bienveillante tourna rapidement ses pratiques à son avantage, et institua une certaine institution plus que ripoux... Avec l'arrivée de Lanzo, les habitants étaient maintenant soumis d'une part au racket des flics, d'autre part à celui de Lanzo et ensuite à la violence de leurs affrontements.

* * *

« Qu'est-ce qu'il dit ? »

A la question de Lanzo, Clem repris ses jumelles infrarouges, il lit le texte difilant en bas de son écran interne :

« Ca te le calmera le Lanzo. Paf. Un homme en moins... ils rigolent.

Au même instant le bracelet émetteur de Georges, de Krystof, et d'Isaac firent clignoter leur diode et celle-ci passa du rouge au vert. La réaction fut instantanée, et se fit sans bruit :

Les trois point rouges s'élargirent ... les sergents Jade, et Pierus n'eurent pas l'occasion de comprendre ce qui leur passait par la tête que déjà la balle transperçait la nuque remontant vers la cavité cérébrale.

À peine les deux snipers de l'ARI morts, Georges, Krystof et Isaac eurent exactement les mêmes gestes : dévisser le silencieux, l'essuyer, nettoyer le fusil, démonter la lunette... tout ranger et s'eclipser comme si de rien n'était.

L'avantage qu'avaient les hommes de Lanzo était que pratiquement personne ne les connaisait. Ces hommes avaient été choisis pour leurs compétence et aussi parce que jamais ils ne parleraient.

Pendant que Méthos demandait à ses snipers pourquoi ils ne répondaient pas et leur ordonnait de revenir à la voiture, les trois terroristes entrèrent dans la chambre. Lanzo prit immédiatement la parole :

« Très bon boulot les gars. On va aller fêter ça, mais avant j'aimerais m'assurer de quelque chose. »

Clem ouvrit les rideaux en grand, laissant les 5 hommes derrière la grande baie vitrée sans aucune couverture ni aucune défense, mais ils bénéficiaient d'une vue superbe plongeant directement sur la voiture de police.

Billou et Methos s'inquiétaient là-bas... Connor etait resté au volant...

Dans l'appartement, Lanzo et ses hommes admiraient la scène, pathétique, et les transmissions radios de la police du 15e leur permettaient de se mettre totalement dans la peau de Connor et des deux autres.

« Allez qu'on en finisse, c'est pathétique ! »

La voiture explosa et le bruit couvrit les rires de 5 terroristes que les double-vitrages n'arrivaient pas à contenir.

« Et voila !! Demain on ira rendre visite à Paxa dans le New Balnea 2 au Nord de l'ancienne vill"

Georges ne put s'empêcher de demander : « et Dana ? »

Les yeux de Lanzo repondirent d'eux même à la question « Il faut parfois faire des sacrifices mais rarement poser de questions ! »

Georges ne vécu naturellement pas jusqu'au jour prochain.

Dans la rue, à travers l'immeuble désormais vide, à l'exception du corps de Georges, on apercevais déjà (5h30 du matin) les journalistes filmer les pompiers et les policiers, formant à eux tous une vraie petite fourmilière. La ville commençait déjà à se réveiller alors que les flammes de la voiture et des trois corps calcinés commencaient à s'éteindre. Ce matin, sans aucun doute, paratrait un scoop sensationnel sur une embuscade et sur les 6 corps retrouvés ga et là, faisant la première page de tous les journaux... Alors les gens liraient avec terreur en attendant que l'on vienne comme chaque fin de mois sonner directement à leur porte récolter leur « contribution » mensuelle et engrainer ainsi celui qui se disait leur défenseur.

Certains hommes de loi avaient tenté de se battre aux côtés de Mithos et de Billou, mais selon leurs propres armes. C'était le cas de René Puffon, Député-maire et membre du Conseil Ternaire, deux balles dans la tête et parents, amis et enfants retrouvés morts chez eux ou sur leur lieu de travail... ou encore de Lool de Virion, avocat cabinet de Virion, réputation internationale : celui-ci avait usé des médias et fortement distabilisé non seulement le clan Lanzo mais aussi la corruption active de Billou et Methos. Lool, jn Jeudi soir en rentrant chez lui avait soudainement disparu et ce n'est que 5 ans après que son corps avait été retrouvé.. et pas par les flics !

L'horizon presque rouge s'alignait devant le regard de Lanzo, sur son yatch. Il n'aurait plus qu'à éliminer ces Paxatagore, Mythilène, Raveline (ceux là itaient complétement fous, et pas du tout professionnels) et encore quelques uns. A chaque clan éliminé, son pouvoir sur la ville devenait de plus en plus important et personne ne pourrait bientot plus s'opposer à lui. Il réalisait son rêjve, il allait devenir le parrain ... son emprise allant aujourd'hui du Nord au Sud de New Balnea 4 .. puis demain l'ensemble de la capitale, et jusqu'à Sumer, puis Kaora et Tindali !!

Il y aurait un jour où il dirigerait tout, et il y'aurait un jour où Isaac, Krystof ou surtout Clem voudraient prendre sa place et ou ils connaîtraient le même sort que Georges et que Dana.

L'avenir etait inévitable, connu, prévisible, précis. Il le savais et en avait conscience et cette fatalité le réjouissait et l'emplissait d'impatience.


Sérényssime Empire d'Ys